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F1

Un troisième Schumacher au GP du Canada

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Après son père, Michael, sept fois champion du monde, et son oncle Ralf, sextuple vainqueur en Formule 1, Mick sera le troisième Schumacher à participer au Grand Prix du Canada.

D’aucuns pourraient croire, mal avisés, que l’Allemand de 23 ans a fait son chemin jusqu’en Formule 1 grâce à son célèbre patronyme.

Si celui-ci a certainement contribué à faire mousser l’intérêt médiatique à son égard dès son jeune âge, le pilote a bel et bien mérité sa place en F1. Il a en effet été sacré champion d’Europe de F3 en 2018, puis de F2 en 2020. Fort de ses deux titres, il a joint l’Académie Ferrari et a été titularisé chez Haas en 2021.

Bien évidemment, il ne faut pas s’attendre à voir Mick l’emporter sur le circuit Gilles-Villeneuve, comme l’ont fait avant lui son père et son oncle. Certes, la Haas VF-22 a montré qu’elle avait le rythme pour jouer les points d’une course à l’autre, mais les Ferrari, les Red Bull et les Mercedes de ce monde sont presque dans une autre catégorie.

Un coéquipier plus expérimenté

L’occasion sera belle, toutefois, de rayonner pour le jeune homme qui souffre passablement de la comparaison avec son coéquipier Kevin Magnussen, bien plus expérimenté que lui.

Après le GP d’Azerbaïdjan, Magnussen menait effectivement 15 à 0 au chapitre des points.

Mick était par ailleurs l’un des deux seuls pilotes à temps plein du plateau, avec le Canadien Nicholas Latifi (Williams), dont le compteur était encore à zéro après sept courses.

À son deuxième Grand Prix en carrière seulement, son père célèbre inscrivait ses premiers points en F1 grâce à une cinquième place acquise sur le mythique circuit de Monza, en Italie, en 1991.

Et c’est à sa 18e participation, au GP de Belgique en 1992, qu’il remportait la première de ses 91 victoires.

Critiques acerbes

Les résultats de Mick sont donc décevants cette saison et sa forte propension à détruire sa monoplace ne milite pas en sa faveur.

Un plafond budgétaire est entré en vigueur cette année et ses deux gros accidents, dont celui qui a séparé sa voiture en deux à Monaco, ne l’aident certainement pas à bâtir sa confiance ni à apaiser les inquiétudes de ses patrons. Ces deux embardées ont coûté très cher à son employeur américain.

Les médias allemands ont d’ailleurs été très durs à son endroit après l’escale monégasque.

Le magazine «AutoBild» avait notamment été tranchant en affirmant que ses accidents mettaient en danger son avenir en F1.

Son oncle Ralf avait également été dur, lançant dans sa chronique au réseau Sky Sport qu’il s’agissait d’une erreur « que vous ne pouvez pas vous permettre de faire », et qu’elle avait « des conséquences budgétaires pour l’équipe ».

Le directeur de Haas, Günther Steiner, avait lui-même laissé entrevoir que les choses devaient changer.

«Avec Mick, nous avons évidemment vu ce qui s’est passé. Ce n’est pas très satisfaisant d’avoir à nouveau un gros accident. Nous devons voir comment nous allons avancer à partir de maintenant», avait-il dit lors de son point de presse, à Monaco.

Vettel à sa défense

Il est toutefois trop tôt pour abandonner la partie, selon plusieurs.

Faisant office de mentor pour le fils de son idole de jeunesse, Sebastian Vettel avait pris la défense de Mick après le GP de Monaco.

Le quadruple champion du monde croit par ailleurs que les médias devraient le laisser... tranquille.

«Je n’ai aucun doute qu’il puisse faire mieux que ce qu’il montre actuellement», avait lancé le coéquipier de Lance Stroll.

Quoi qu’il en soit, le nom de Schumacher revêt un caractère particulier pour les amateurs de course québécois et canadiens, et il ne fait aucun doute que la présence de Mick marquera les esprits à Montréal.

Un doublé historique à Montréal

Le doublé des frères Ralf et Michael Schumacher en 2001 figure certainement parmi les moments qui ont marqué le Grand Prix du Canada.

Parti de la deuxième position sur la grille de départ, Ralf a passé une bonne partie de la course derrière Michael (Ferrari). Après quelques tentatives de dépassement sans succès, il a pris l’ascendant lors de la dernière ronde d’arrêts aux puits de ravitaillement.

Il n’a ensuite jamais été inquiété et a signé sa deuxième de six victoires en carrière. Il s’agissait par ailleurs de la première fois dans l’histoire de la Formule 1 que deux frères ont accaparé les deux premières marches du podium.

Ils ont réussi l’exploit à cinq reprises au total. Les Allemands ont récidivé au Canada deux ans plus tard, avec cette fois Michael en tête. Les GP de France en 2001, du Brésil en 2002 et du Japon en 2004 sont les autres épreuves.