Crédit : Photo courtoisie Ligue canadienne de football/David Chidley

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Alouettes: une tempête dans un verre d’eau

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Après seulement un match, la machine à rumeurs est bel et bien partie concernant l’avenir du personnel football des Alouettes de Montréal.

Lundi, le propriétaire des «Als», Gary Stern, a cependant réitéré sa confiance à l'égard du président Mario Cecchini, du directeur général Danny Maciocia et de l’entraîneur-chef Khari Jones.

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Présent à l’entraînement de son club pour la première fois en 2022, l’homme d’affaires a été questionné sur des commentaires faits au «Montreal Gazette».

«Cette saison déterminera ce qu’est la Ligue canadienne de football [LCF] et ce que sont les Alouettes. Sinon, à la mi-saison, vous me verrez agir, bien que je ne sois pas sûr de ce que cela signifie», était ainsi cité Stern par le quotidien anglophone.

L’article publié ce week-end continuait en évoquant que tout le monde chez les Alouettes - du président au quart-arrière Vernon Adams fils - devait craindre pour son emploi. Le tout a été rapporté aux quatre coins du pays, au grand dam du propriétaire.

«Ce que j’ai dit, c’était que si le public n’était pas au rendez-vous à la mi-saison, que nous devrons trouver un moyen dans notre structure d’avoir davantage de partisans à nos matchs. Je n’ai jamais fait aucun commentaire sur notre personnel. J’adore mon personnel. Ces gars-là travaillent tellement fort», a déclaré Stern, ajoutant que la citation diffusée par le journal en question avait été sortie de son contexte.

«Personne ne devrait spéculer sur Mario, Khari ou Danny. J’adore ces gars-là et ils font un travail fantastique», a-t-il renchéri.

«Pas rendu là»

Il ne faut cependant pas jouer à l’autruche en ce qui concerne Jones. L’entraîneur de 51 ans écoule la dernière année de son entente avec les Alouettes et une prolongation de contrat ne semble pas dans les plans de l’organisation à court terme.

Est-il exagéré de dire qu’il joue son poste cette année et qu’un mauvais début de saison pourrait lui valoir la porte? Selon Maciocia, on est encore bien loin de faire ce constat au sein de l’état-major des Moineaux, qui ont perdu leur premier affrontement de la saison 30 à 27 face aux Stampeders à Calgary.

«J’ai une ligne directe avec notre propriétaire et notre président. Je peux vous dire que nous ne sommes vraiment pas rendus là. Si jamais il y a des discussions à ce sujet, ils vont m’appeler directement», a affirmé le DG, quand il a été interrogé sur un possible changement d’entraîneur-chef.

«Nous avons disputé seulement un match, ce n’est pas comme si nous étions 0-4 ou 1-3. Nous avons fait de belles choses la semaine dernière. Mais, il faut trouver un moyen d’aller chercher des victoires, car nous avons beaucoup de talent chez nos joueurs et d’excellents entraîneurs. C’est à eux de trouver des solutions.»

Se concentrer sur son boulot

Jones, qui a disputé huit saisons comme quart-arrière dans la LCF, a pris l’habitude de ne pas d'accorder d’importance aux rumeurs.

«Je me concentre uniquement sur mon travail d’entraîneur, c’est ce qu’il y a de plus important, a indiqué le pilote. Je veux aider cette équipe à gagner. Nous allons dans la bonne direction. Je travaille bien avec Danny et Mario. Les choses vont bien.»

Et que pense-t-il du fait que son propriétaire, son président et son DG soient présents sur les lignes de côté à l’entraînement?

«Personnellement, j’adore ça! C’est une bonne chose que notre propriétaire soit ici. Il paie pour tout ça, après tout. C’est bien qu’il puisse voir le boulot que nous effectuons afin de miser sur une équipe qui connaît du succès.»

Encore loin d’être rentable

Toujours heureux de s’être porté acquéreur des Alouettes il y a deux ans et demi, Gary Stern se demande toutefois pourquoi son club a de la difficulté à attirer les amateurs aux Stade Percival-Molson.

Il a abordé la question lundi, alors qu’il assistait à l’entrainement des siens.

«Je suis fier des Alouettes et nous avons une superbe équipe. Ma principale préoccupation, c’est de trouver un moyen d’attirer les partisans, a affirmé le propriétaire. Nous avons été patients. Je pense qu’avec une organisation menée par Mario [Cecchini], Danny [Maciocia] et Khari [Jones] - qui ont créé une équipe compétitive sur le terrain – nous devrions avoir 22 000 personnes dans les estrades à tous nos matchs.»

«Mario me dit d’être patient, mais je ne suis pas quelqu’un de très patient.»

Stern, qui a notamment fait fortune avec des aciéries, a perdu de l’argent depuis qu’il a acheté les Alouettes. Cela s’explique en grande partie par la pandémie de COVID-19, qui a forcé l’annulation de la saison en 2020 et contraint le circuit à disputer une campagne réduite en 2021. Les «Als» n’étaient également pas rentables avant la venue du virus.

«Quand nous avons acheté l’équipe, elle avait perdu énormément d’argent dans les années où elle était administrée par la Ligue. Nous estimions que nous pouvions redresser la chose dans une période de trois à cinq ans. La COVID nous a fait reculer d’environ deux ans.»

Stern n’a pas souhaité révéler le montant qu’il a perdu depuis qu’il est le propriétaire du club, mais il n’a pas hésité à le qualifier de considérable. Il est donc assez facile de comprendre pourquoi il souhaite voir davantage de spectateurs se présenter au guichet.