Cyclisme

Pierre Lavoie chasse les nuages

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La pluie battante présente au Saguenay, jeudi en début d’après-midi, pouvait difficilement mieux imager le défi colossal ayant mené au départ de cette actuelle édition du Grand Défi Pierre Lavoie.

Maintenant âgé de 58 ans, M. Lavoie conserve son optimisme légendaire. Il convient toutefois que la reprise du 1000 km, dans sa formule originale, a été accompagnée par son lot d’obstacles à la suite de la pandémie de COVID-19.

«De revenir et redémarrer après un traumatisme vécu par la population, c’était audacieux, a-t-il estimé, en marge du grand départ donné dans l’arrondissement de La Baie. Cela n’a pas été facile, mais on a réussi.»

Le recrutement des bénévoles, qui sont plus de 500, a notamment été un travail de longue haleine après deux ans de pause.

«On aurait facilement pu abandonner, on avait devant nous l’occasion de dire qu’on en avait assez fait avec notre message et nos valeurs qui semblent maintenant mieux ancrées dans la population pour avoir de saines habitudes de vie, a encore témoigné Pierre Lavoie. Il ne faut pas se fier à ça, la prévention sera toujours nécessaire. C’était un devoir et une responsabilité de revenir.»

Tous ensemble

Jusqu’à dimanche, le Grand Défi Pierre Lavoie regroupe, en fait, cette année la 12e édition du 1000 km, avec 1075 cyclistes, et la troisième présentation du fameux 1 000 000 km Ensemble.

Dans ce dernier cas, il faut souligner que plus de 220 000 participants y avaient contribué, l’an dernier, malgré la situation pandémique. Tous ensemble, mais chacun de leur côté à la fois, ils avaient même dépassé le plateau des trois millions de kilomètres au compteur. Pour la présente édition, il est encore possible de visiter le site web 1000000ensemble.com afin d’enregistrer des kilomètres «en pédalant, en courant, en nageant, en marchant, en ramant... tout est possible»!

«On voudrait évidemment avoir le maximum de Québécois qui bougent pendant les quatre jours», a lancé M. Lavoie.

Redonner à la communauté

Le 1000 km compte pour sa part 215 équipes inscrites. Le tracé prévoyait des passages, d’ici dimanche, par la réserve faunique des Laurentides, la région de Portneuf, la Mauricie, Sorel-Tracy et Saint-Bruno-de-Montarville, entre autres, avant l’arrivée au Stade olympique, à Montréal.

Il est à noter que le Grand Défi Pierre Lavoie a redonné plus de 25 millions $ à la communauté au fil des ans. La Fondation du Grand Défi Pierre Lavoie a par ailleurs permis de soutenir 193 projets de recherche, lesquels ont fait avancer le niveau de connaissance pour plus de 80 maladies rares.

Soulever l’enthousiasme

Malgré les caprices de mère Nature, Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor, était heureux de retrouver son monde, jeudi au Saguenay, pour le départ du Grand Défi Pierre Lavoie.

«C’est encore plus prenant cette année après avoir connu la pandémie, a réagi M. Péladeau. On retrouve des gens et on rencontre d’autres personnes, dont plusieurs qui ont déjà vécu des expériences de même nature. Ça vient soulever l’enthousiasme.»

Le président et chef de la direction de Québecor tient lui-même à participer à l’événement dans le but de contribuer à l’effort collectif pour une population active et en santé. Il précise par ailleurs fièrement que son entreprise est représentée par quatre équipes pour l’événement du 1000 km qui, ajoute-t-il, rejoint les différentes régions du Québec.

Le courage de rebondir

S’il y a une personne qu’il aime inévitablement retrouver, c’est sans doute Pierre Lavoie.

«C’est un gars exceptionnel qui a vécu des épreuves poignantes dans le passé, a résumé M. Péladeau, avec beaucoup d’admiration pour celui qui, entre autres, a dû composer avec le décès de deux de ses enfants, Laurie et Raphaël, emportés par l'acidose lactique. Il a eu le courage de rebondir. Je le qualifie d’entrepreneur social, investi dans la collectivité.»

«Une catastrophe»

À propos de son désir de changer continuellement les choses, Pierre Lavoie est revenu à la charge, jeudi, plaidant que le gouvernement du Québec a raté la cible en cherchant davantage à développer des athlètes de haut niveau, plutôt qu'à encourager tous les jeunes à bouger et à essayer plusieurs sports.

«On focalise beaucoup sur la performance et ça donne des gens qui gagnent des médailles, mais en arrière-scène, c’est une catastrophe de santé publique, a pointé le cofondateur du Grand Défi Pierre Lavoie dans une entrevue accordée à QUB Radio. Il faut donner aux enfants rapidement le plus d’outils pour être actifs pour la vie.»