CF Montréal

Zachary Brault-Guillard victime du style

Publié | Mis à jour

On peut dire que Zachary Brault-Guillard est un joueur d’équipe et qu’il est compréhensif. On le réalise quand on prend connaissance de son temps de jeu cette saison en comparaison à celui de l’an passé.

L’arrière droit n’a été utilisé que 136 minutes en sept présences comme substitut cette saison. Il a aussi joué dans tous les matchs de la Ligue des Champions, dont un départ, en plus d’une titularisation en Championnat canadien.

En 2021, il a passé 2056 minutes sur le terrain en 30 matchs, dont 23 départs.

Malgré tout, il a tout de même trouvé le tour d’amasser deux buts et une passe, ce qui n’est vraiment pas mal du tout dans les circonstances.

Un système différent

Si Brault-Guillard joue si peu, c’est parce que le poste a été confié à Alistair Johnston qui apporte un profil différent dans le couloir droit. Le latéral se retrouve donc coincé dans une situation qu’il ne peut pas entièrement contrôler parce que l’animation de l’équipe a simplement changé d’axe.

«Je suis un peu plus offensif et notre système a changé sur la droite, a-t-il expliqué. Ça passe plus sur le côté gauche avec Lassi [Lappalainen] qui joue plus haut dans le couloir comme je l’étais l’année passée. Là, “Ali” est un peu plus bas et c’est Joaquín [Torres] qui est beaucoup plus haut, donc il faut s’adapter à ça. Ce sont les choix du coach et on en a discuté. [...] Son effectif tourne bien alors je le comprends de ne pas trop changer le onze.»

Nouvelle niche

D’un naturel assez calme, Brault-Guillard préfère être positif dans le contexte.

«J’ai montré dans le passé que j’étais un bon élément, c’est pour ça qu’ils m’ont prolongé alors c’est à moi de bien faire.»

Dans cet esprit, il s’est peut-être trouvé une nouvelle niche comme substitut « de puissance », le genre de joueur qui entre dans un match pour profiter de la fatigue de l’adversaire. C’est ainsi qu’il a déjà deux buts à son compte, même s’il a une forte tendance à préparer la table.

«Je ne suis pas un excellent finisseur, je suis plus celui qui veut faire la passe en général. L’année dernière, il y a eu des situations où j’aurais dû frapper et je ne l’ai pas fait parce que je cherchais la passe.»

Fin de match

N’empêche qu’il a fait mal en fin de match. Parlez-en à Orlando qui l’a vu obtenir un but et une passe entre la 81e et la 84e minute le mois dernier.

Brault-Guillard va prendre toutes les minutes qu’il peut obtenir, surtout qu’il tente de se faire voir par le Canada en vue d’une place pour la Coupe du monde, l’automne prochain.

«Comme je joue moins, je suis moins appelé. L’an passé, j’étais plus appelé parce que je jouais plus et que je faisais de bonnes choses dans les matchs, a-t-il souligné. Il y a une bonne dynamique et c’est à moi de bosser et de faire le plus possible pour essayer de regagner ma place.»

Être payés à leur juste valeur

La situation tendue entre les membres de l’équipe nationale masculine et l’Association canadienne de soccer a eu des échos jusqu’à Montréal.

Zachary-Brault-Guillard, qui a six titularisations avec le Canada depuis 2018, se tient à distance.

«Je ne prends pas vraiment de nouvelles, mais je les suis comme tout citoyen canadien, a-t-il réagi. Je sais qu’il y a un gros fait médiatique sur la rémunération. Je soutiens parfaitement les revendications de l’équipe. Après, ce sont des négociations avec ceux qui sont plus haut. Ça prend du temps et ce n’est pas évident, mais on veut le faire dans le respect et dans le respect de nos fans.»

L’équipe masculine a tout de même repris l’entraînement en vue de son match de la Ligue des nations contre Curaçao, jeudi soir à Vancouver.

Récompense

Brault-Guillard a été appelé pour quatre matchs pendant la dernière ligne droite des qualifications pour la Coupe du monde, étant en uniforme pour trois rencontres en octobre et une autre en février. Il fait donc partie de ce groupe qui a permis au pays de se qualifier pour une première Coupe du monde depuis 1986.

«On s’est qualifié, on a tout donné et on a eu les résultats à la clé. Après, la Coupe du monde arrive à la fin de l’année et c’est à nous de bien faire. On veut être récompensé pour notre dur labeur depuis de nombreuses années. On veut être payés à notre juste valeur. On a fait un gros step up, notamment depuis l’arrivée en poste de John Herdman.»