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Grève des joueurs canadiens: à qui la faute?

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La sélection masculine canadienne en grève : à qui la faute? 

Frédéric Lord et Patrice Bernier tentent d’offrir un maximum d’informations pour que vous puissiez comprendre le conflit qui oppose les joueurs à l’Association canadienne de soccer dans le balado «XI MTL», enregistré mardi. À écouter ici : 

D’entrée de jeu, les deux acolytes ont convenu que les joueurs tiennent le gros bout du bâton puisque ce sont eux qui ont permis au Canada d’accéder à la prochaine Coupe du monde, au Qatar, pour la première fois depuis 1986. Cette qualification est assortie d’une somme d’argent, octroyée par la FIFA, oscillant entre 10 et 15 millions de dollars. Comme vous l’aurez deviné, c’est le principal nœud du problème. 

Selon nos deux experts soccer, les joueurs ont bien raison de vouloir leur part du gâteau.

«Ce n’est pas nécessairement la faute des joueurs. Chaque fois que j’entends parler de l’Association canadienne, je roule des yeux. Elle me tape un peu sur les nerfs et il y a un parfum d’incompétence qui me vient aux narines», a lancé l’animateur en début de discussion. 

Bernier s’est lui aussi montré critique envers l’Association canadienne.

«L’Association canadienne a toujours géré l’argent au sou près. On faisait toujours avec les moyens du bord. Le Canada entre maintenant dans la cour des grands, alors il faudrait élever nos standards. Les joueurs se disent qu’ils sont la raison pour laquelle l’Association reçoit cet argent et ils veulent en avoir un certain pourcentage.»

Pourquoi avoir attendu autant? 

L’ancien international canadien déplore que le conflit ne soit pas déjà réglé. 

«La situation aurait dû être réglée bien avant la pause internationale, mais on a attendu. Pourquoi on n’a pas finalisé ça avant?»  

En guise de protestation, les 33 joueurs de l’équipe ont décidé de ne pas disputer le match amical contre le Panama, dimanche, à Vancouver, après avoir boycotté des entraînements précédant la rencontre du week-end.

Maintenant, la présence du Canada à la Ligue A des Nations de la CONCACAF paraît incertaine. Effectivement, les porte-couleurs de l’unifolié doivent recevoir la sélection du Curuçao, jeudi au BC Place, avant de visiter le Honduras le 13 juin à San Pedro Sula. 

Sauf que les deux parties impliquées dans le litige semblent encore loin du compte. 

Le modèle américain

L’Association canadienne serait prête à verser 60% de la somme, à être remise équitablement entre les équipes masculine et féminine, tandis que les joueurs demandent de 75 à 100%. 

Selon Bernier, les États-Unis devraient être pris en modèles. Ils ont redistribué 90% de l’argent de la FIFA aux joueuses et aux joueurs. 

Aux dires des joueurs, les pourparlers ont commencé en mars, mais une seule offre – qualifiée d’archaïque – a été reçue depuis, soit jeudi dernier. 

De plus, un contrat de 10 ans conclu avec une entreprise complique la tâche. Dans un communiqué émis samedi, ils ont décrié le pacte avec Canadian Soccer Business qui menotte l’équipe quant à la possibilité de générer davantage de revenus, rappelant un communiqué de la fédération émis à la signature de l’entente en 2018. Cette compagnie indépendante a le contrôle sur tous les partenariats corporatifs et droits de diffusion pour les équipes masculine et féminine.