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La grande séduction de Juraj Slafkovsky

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BUFFALO | Impossible de savoir quelle impression Juraj Slafkovsky a fait aux dirigeants du Canadien lors de rencontres cette semaine au camp d’évaluation de la LNH à Buffalo. Chose certaine, le grand Slovaque s’est présenté devant les caméras et micros comme s’il était dans ses pantoufles, opérant avec un charisme magnétique.

Après qu’on a passé des semaines à évoquer Shane Wright et Logan Cooley comme potentielles cibles pour le Canadien avec le premier choix au repêchage à Montréal le 7 juillet, Slafkovsky s’invite à la danse aux yeux d’un nombre croissant d’observateurs.   

Oui, sa personnalité sort du lot, mais plusieurs voient aussi en cet ailier costaud (6 pi 4 po, 218 lb) un potentiel offensif et physique plus intrigant.

Plus tôt cette semaine, Kent Hughes, Jeff Gorton et d’autres membres de l’état-major du CH se sont assis avec lui, deux fois plutôt qu’une. Pas de souper comme ce fut le cas avec Wright et Cooley, mais Slafkovsky ne considère pas qu’il est passé sous la table pour autant.

«Nous n’avons pas soupé ensemble, mais pour moi, nos discussions avaient meilleur goût qu’un repas !» a-t-il lancé en semant l’hilarité parmi les journalistes.

Évidemment, à l’image du reste de la cuvée 2022, Slafkovsky ne s’amène pas sans points d’interrogation.

Dans la Liiga, ligue élite de Finlande, il a été plutôt effacé avec 10 petits points en 31 rencontres régulières face à des hommes. En séries, il n’a pas fait mieux avec sept points en 18 matchs.

Avec l’équipe nationale   

Toutefois, c’est sur la scène internationale qu’il a fait saliver. Lors des derniers Jeux olympiques, il a été le meneur du tournoi avec sept buts en sept parties.

Il a remis ça avec neuf points en huit duels lors du Championnat mondial senior ce printemps. Certains diront que lors de ces deux compétitions, la crème de la crème n’était pas toujours au rendez-vous, mais pour un jeune de 18 ans, le rendement étonne tout de même.

«J’ai eu plus de liberté de la part de notre entraîneur», a-t-il dit en lançant des fleurs au pilote de l’équipe nationale, Craig Ramsay.

«Dans la ligue [en Finlande], c’est beaucoup plus défensif et c’est d’ailleurs très ennuyant à regarder ! Il reste que ce n’est pas une excuse. Je dois marquer plus souvent. Je suis quand même heureux de la manière dont ma saison s’est terminée. Je peux bâtir là-dessus pour devenir un solide joueur de hockey», a-t-il ajouté.

Une première ?   

Slafkovsky ne peut deviner si Montréal sera sa destination, mais il s’est dit flatté que l’équipe l’ait rencontré à deux reprises à Buffalo.

«Ils savaient tout de moi. Parfois, je me disais : “Wow, même moi, je n’avais pas remarqué telle ou telle chose dans mon jeu !”J’ai apprécié qu’ils amènent autant de détails», a-t-il mentionné.

À ce jour, jamais un joueur de la Slovaquie n’a été repêché au premier rang dans la LNH. Marian Gaborik, troisième choix en 2000, détient toujours la marque pour les patineurs de ce pays.

«Ça voudrait dire beaucoup pour moi. Pour le hockey en Slovaquie, ça pourrait avoir un grand impact. Pour des jeunes qui se demandent s’ils doivent continuer ou faire autre chose, ça peut donner un bon exemple», a indiqué celui qui compare son style à celui de Mikko Rantanen, de l’Avalanche.

En confiance   

Que ce soit à Montréal ou ailleurs, Slafkovsky se dit convaincu qu’il détient la clé pour s’épanouir sur la glace.

«J’ai toujours su que je pouvais jouer au hockey, mais tout est une question de confiance pour jouer de la bonne façon. Maintenant, je suis pas mal confiant», a-t-il souri en mettant bien en évidence les broches qui rappellent que malgré sa carrure d’homme, il demeure un ado gorgé d’espoir.

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Conor Geekie est parti de loin   

Le plus important n’est pas d’où l’on vient, mais où l’on s’en va. C’est du moins une perception qui s’applique parfaitement à l’espoir canadien Conor Geekie.

Ce dernier s’est fait remarquer lors des deux dernières saisons avec le Ice de Winnipeg, si bien qu’il est aujourd’hui classé cinquième espoir parmi les patineurs nord-américains.

Débuts modestes   

Bien des années auparavant, c’est au beau milieu de nulle part qu’il a dû commencer à se faire un nom.

À Strathclair, au Manitoba, une petite bourgade de 700 âmes selon le recensement de 2016, il était difficile de deviner qu’un jour, un jeune homme de la place cognerait aux portes de la LNH.

«Nous avions la clé de l’aréna parce que mon père en prenait soin et il était membre du conseil. Je vous dirais que ce n’était pas le plus bel aréna. Il y a probablement du bétail là-dedans à l’heure où on se parle ! Je pense que ça m’a juste rendu meilleur, plus créatif», a raconté l’auteur de 70 points en 63 matchs dans la Ligue junior de l’Ouest la saison dernière.

Certains joueurs aiment l’idée de parler de leurs débuts modestes dans le sport. Difficile toutefois de partir de plus loin que Geekie, qui a déjà fait partie d’une équipe de 10 joueurs, sept filles et trois garçons, dans son village.

Cette situation ne l’a jamais empêché de gravir les échelons au sein du programme de haute performance de Hockey Manitoba.

«En venant d’une petite ville, tu n’obtiens pas autant de visibilité. J’ai dû travailler beaucoup pour me faire remarquer. Ça a toujours été une source de motivation», a-t-il confié.

Dans les dernières années, le programme de développement américain a attiré beaucoup l’attention en produisant plusieurs joueurs qui ont entendu leur nom tôt en première ronde au repêchage.

Fidèles complices   

Cette année, Geekie apprécie le fait que Winnipeg représente en quelque sorte une pépinière, avec Matthew Savoie, classé tout juste devant lui, au quatrième rang, par la centrale de recrutement.

«Nous avons vécu une belle compétition interne. C’est excitant de se retrouver là ensemble au même moment», a-t-il témoigné.