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Baseball: un vieux rêve de gamin réalisé à 30 ans

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Le receveur québécois Guillaume Morin est un mordu de films sportifs, mais il a écrit son propre scénario dans la dernière semaine en atteignant, à 30 ans, le baseball professionnel avec les Aigles de Trois-Rivières, dans la Ligue Frontière.

«Les derniers jours ont été assez spectaculaires», a convenu Morin dans le balado de TVA Sports «Les buts remplis», enregistré mercredi. À écouter ici:

Morin a surtout évolué avec les Pirates de Saint-Jean-sur-Richelieu, dans la Ligue de baseball majeur du Québec [LBMQ], depuis 2015.

C’est le jeudi 26 mai, à Trois-Rivières, que l’athlète originaire de Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, a réalisé ce vieux rêve qui sommeillait en lui. Malgré une défaite des Aigles ce soir-là, il a profité de son baptême chez les professionnels pour frapper son premier coup sûr et produire le premier point de la formation trifluvienne.

«Au moment où j’ai frappé la balle, on dirait que c’est là que j’ai mis une étampe et que j’ai senti que j’avais réalisé quelque chose», a décrit Morin.

Crédit photo : PHOTO COURTOISIE

Depuis, le Québécois a pris part à un deuxième match, samedi, puis l’entraîneur-chef Matthew Rusch a démontré de l’intérêt pour la suite de la saison des Aigles.

Comme dans le film La recrue

L’histoire n’est peut-être pas aussi grandiose que celle de l’ancien lanceur Jim Morris, incarné par l’acteur Dennis Quaid, du film La recrue, sorti il y a une vingtaine d’années. Il s’agit néanmoins d’une leçon de persévérance et de travail acharné.

«Je vais être honnête : dans les dernières années, je ne croyais pas nécessairement que j’allais jouer un jour au baseball professionnel, a avoué Morin. Je me présentais avec les Pirates [de Saint-Jean-sur-Richelieu] et c’était comme si, pour moi, je jouais pour les Dodgers de Los Angeles. J’étais engagé là-dedans, je prenais ça au sérieux et l’opportunité de jouer avec les Aigles s’est présentée. J’ai sauté dessus.»

«Ç’a été une montage russe d’émotions», a par ailleurs décrit le receveur à propos des derniers mois.

«Le chapitre ne devait pas s’écrire»

Avant son récent rappel, Morin avait effectivement participé au camp des Aigles, au printemps. Or, il avait été libéré au dernier jour du camp d’entraînement. S’il avait laissé une bonne impression, le Québécois devait céder la place à des lanceurs, puisqu’il y avait un manque de profondeur à cette position.

«Il y a peu d’élus et il y a beaucoup de mouvement de personnel dans le baseball professionnel», a alors compris le receveur, qui avait logiquement vécu une déception.

«Le chapitre ne devait pas s’écrire, a finalement pu mentionner Morin, plus tôt cette semaine, sur les réseaux sociaux. Je n’ai jamais été le meilleur joueur de mon équipe, je n’ai jamais été le plus talentueux. Rêver au sport professionnel, oui certain, mais y parvenir dépasse l’absurdité. Le travail n’a jamais arrêté. Le vieux rêve de gamin est devenu réalité.»

Message aux jeunes

Entraîneur au baseball et enseignant en éducation physique, Morin souhaite que d’autres chapitres s’écriront pour lui avec les Aigles. Au passage, il compte aussi se servir de son histoire afin d’inspirer quelques jeunes.

«C’est un défi pour moi d’apprendre aux jeunes à travailler, se concentrer sur le processus et pas seulement sur le résultat», a-t-il résumé.

Le message est peut-être aussi bon pour d’autres vétérans de la LBMQ qui oseraient encore rêver.