Crédit : Photo Courtoisie / Dominick Gravel / Alouettes de Montr�al

Alouettes de Montréal

Le secret le mieux gardé des Alouettes

Publié | Mis à jour

Le Québécois Christophe Normand s’apprête à entamer une troisième saison avec les Alouettes de Montréal et malgré son efficacité sur le terrain comme centre-arrière, son rôle demeure effacé.

L’athlète originaire de Marieville, qui a précédemment joué pour les Blue Bombers de Winnipeg et les Eskimos d’Edmonton, ne s’en formalise pas trop.

«Souvent, ceux qui jouent à l’attaque au football veulent le ballon, mis à part les joueurs de ligne, a-t-il exposé, samedi soir, après le match préparatoire perdu 25 à 23 face aux Tiger-Cats à Hamilton. Mais moi, ce n’est pas nécessairement ma force. Bloquer pour faire passer le porteur de ballon ou protéger le quart-arrière, c’est ça ma fierté et j’adore mon rôle. C’est dans ma personnalité à l’extérieur du terrain aussi, je n’ai pas besoin de gagner 1000 verges et d’avoir les projecteurs sur moi.»

«À l’intérieur de l’équipe, nous savons déjà à quel point Christophe est important et le temps est peut-être venu que tout le monde le sache, a pour sa part affirmé l’entraîneur-chef Khari Jones, visiblement enchanté d’être questionné sur Normand. En 2021, il a été fantastique et c’est pourquoi on continue de lui faire confiance. Il fait le sale boulot et toutes les petites choses pour permettre à l’attaque de se déployer.»

«Le meilleur de la ligue»

Jones, qui a connu une brillante carrière au poste de quart-arrière dans la Ligue canadienne de football, apprécie forcément ce type de joueur.

«Parfois, il y a des choses qu’on ne voit pas nécessairement, comme le simple fait de se retrouver à la bonne place sur le terrain pour bloquer, a ajouté l’entraîneur-chef. Il y a aussi son travail sur les unités spéciales, c’est un joueur dont tu as besoin pour que tous les éléments d’une équipe collent ensemble.»

«Christophe, c’est mon homme, c’est le meilleur de la ligue [à sa position], il est absolument incroyable», a quant à lui tranché André Bolduc, adjoint à Jones et responsable de l’unité des demis à l’attaque.

Un côté méchant

De nature plutôt calme, Normand, 30 ans, estime qu’il se transforme légèrement au moment d’embarquer sur un terrain de football.

«Je suis capable d’avoir du plaisir à l’entraînement, mais quand arrive un match, il y a comme un interrupteur et c’est le côté méchant qui sort, a-t-il imagé. Je suis assez calme, mais les adversaires avec qui j’ai eu des confrontations savent que je ne me laisse pas marcher sur les pieds.»

D’ailleurs, c’est le secondeur Simoni Lawrence qui l’a appris à ses dépens durant le match de samedi face aux Tiger-Cats. On a vu Normand et lui échanger des mots doux après une séquence à l’attaque des Alouettes.

«C’est possiblement le joueur le plus détesté de la ligue, c’est un joueur salaud, a qualifié le Québécois, à propos du numéro 21 des Tiger-Cats. Je bloquais et il a plaqué en visant mes genoux. Je déteste ça. Moi, je joue physique et je cogne, mais je reste dans les règles.»

Reconnu par ses pairs

Encore une fois, les joueurs des Alouettes ont apprécié que Normand se lève pour ramener un adversaire à l’ordre.

«Essentiellement, dans n’importe quel boulot, la plus belle reconnaissance que tu peux avoir, c’est celle de tes pairs», a résumé le numéro 38 des Alouettes.

«L’objectif est de garder tous les quarts-arrière en santé, peu importe le match», a finalement noté Normand, quant à son rôle de protecteur durant le calendrier préparatoire, repartageant spontanément le crédit aux joueurs de la ligne offensive.

Comme le centre-arrière, les «gros bonshommes» de la ligne offensive demeurent aussi trop souvent dans l’ombre.

- En plus de miser sur Christophe Normand, les Alouettes comptent sur un autre centre-arrière québécois, soit Alexandre Gagné. L’an dernier, Gagné avait été utilisé pour remplacer Pierre-Luc Caron, blessé, comme spécialiste des longues remises. Or, Caron est de retour tandis que Gagné, 30 ans, représente un auxiliaire de luxe aux côtés de Normand.