Crédit : THIERRY LAFORCE/AGENCE QMI

Alouettes de Montréal

LCF: un problème de ratio

Publié | Mis à jour

L’une des principales causes du refus des joueurs de l’entente de principe sur une nouvelle convention collective dans la Ligue canadienne de football (LCF) est le changement apporté concernant le ratio de footballeurs nationaux, semble-t-il.

C’est du moins l’avis du secondeur des Tiger-Cats de Hamilton Simoni Lawrence.

«Soyons clairs, tout tourne autour du ratio! Ils veulent que nous fassions la grève ensemble pour nuire aux joueurs américains qui choisissent de faire de leur équipe de football et de leur communauté une priorité», a affirmé l’Américain sur son compte Twitter mardi.

«Ils [les joueurs canadiens] préfèrent ne pas avoir de saison plutôt qu’aider ceux qu’ils appellent leurs "frères" à profiter de leur loyauté envers la ligue et leurs familles.»

Les déclarations de Lawrence sont survenues moins de 24 heures après que la majorité des athlètes de la LCF eurent rejeté l’entente conclue entre le circuit et les représentants des joueurs la semaine dernière.

Dans le précédent contrat de travail, les équipes devaient compter sur 21 joueurs nationaux, dont sept partants, parmi leur formation de 46 joueurs. Dans l’entente de principe obtenue récemment, la ligue voulait permettre que trois «Américains nationalisés» puissent prendre la place de joueurs canadiens sur le terrain, et ce, pour un maximum de 49 % des jeux d’un match.

Pour être considéré comme un «Américain nationalisé», un représentant du pays de l’Oncle Sam doit avoir disputé au moins trois saisons pour son équipe ou cinq campagnes dans la LCF. Un athlète est considéré comme un joueur national s’il est citoyen canadien au moment de signer son premier contrat professionnel, s’il était considéré comme joueur canadien avant le 31 mai 2014 ou s’il résidait physiquement au Canada pour une période agrégée de cinq ans avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans.

L’importance du ratio

Selon le secondeur des Alouettes de Montréal Chris Ackie, Lawrence parle à travers son chapeau.

«Il ne sait absolument rien, a soutenu à l'Agence QMI celui qui est l’un des deux représentants syndicaux des Moineaux. Il n’est pas dans les rencontres avec la ligue et il ne peut pas parler au nom de tous les joueurs. Il doit comprendre que des Américains ont également voté contre l’entente de principe. Ces commentaires sont insignifiants.»

Ackie, un Ontarien de 30 ans, défend l’importance d’avoir un ratio dans la LCF.

«Le ratio donne la chance aux joueurs canadiens de se développer. Je ne pense pas que les joueurs canadiens auraient cette opportunité sans le ratio, même s’ils sont aussi bons ou supérieurs à des joueurs américains.»

«N’eut été du ratio, je n’aurais pas eu la chance de me développer et d’être un des meilleurs joueurs à ma position dans le circuit», ajoute Ackie.

Par ailleurs, ce serait 30 % des joueurs qui n’auraient pas voté sur la récente proposition. Cela s’expliquerait par le fait que les joueurs de première année – à grande majorité des Américains – n’ont pas le droit de vote.

Pas d’entente, pas de match

Malgré l’impasse dans l’obtention d’une nouvelle convention collective, les joueurs des Alouettes de Montréal étaient à l’entraînement, mardi.

C’était également le cas des footballeurs des huit autres formations du circuit. Il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que les joueurs disputent les matchs préparatoires prévus prochainement si l’impasse dans les négociations persiste.

«Si nous n’avons pas une nouvelle entente, nous ne jouerons pas», a révélé le secondeur des Alouettes Chris Ackie.

Cette déclaration survient quatre jours avant la date prévue pour un match préparatoire entre les «Als» et les Tiger-Cats à Hamilton.

En solidarité

La semaine dernière, les joueurs ont déclenché la première grève depuis 1974 dans la LCF, ce qui a retardé de quelques jours le début des camps d’entraînement. Ils sont ensuite retournés sur le terrain quand l’entente de principe entre le syndicat et le circuit a été annoncée.

Maintenant qu’il n’y a plus de consensus, pourquoi les joueurs s’exercent toujours?

«Nous allons continuer de nous entraîner jusqu’à la fin de la présente semaine, car nos confrères en Alberta ne peuvent pas légalement déclencher une grève avant quelques jours», a indiqué Ackie.

«C’est une forme de solidarité et c’est le message que nous voulons envoyer.»

Une nouvelle proposition

Par ailleurs, le réseau TSN a appris que la LCF a déjà déposé une nouvelle proposition de contrat de travail au syndicat des joueurs.

Celle-ci ne comprendrait pas la clause des trois «Américains nationalisés» et proposerait également un boni de ratification de 1 million $ aux joueurs. Un montant total de 450 000 $ serait toutefois amputé sur le plafond salarial de la prochaine campagne, ce qui représente 50 000$ par clubs.

Les joueurs auraient jusqu’à minuit jeudi pour accepter cette nouvelle proposition de convention collective.