La boxeuse de 25 ans Tammara Thibeault pose en compagnie des mem

Photo : La boxeuse de 25 ans Tammara Thibeault pose en compagnie des membres de son équipe, dont son entraîneur Samir El Mais à sa droite, après avoir remporté l’or au mondial en Turquie. Crédit : Photo courtoisie, Boxe Canada

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Boxe: l’or pour Tammara Thibeault

Publié | Mis à jour

Tammara Thibeault a remporté l’or au championnat mondial de boxe chez les 75 kg, vendredi, à Istanbul, en Turquie, et la bourse de 100 000 $ américains qui se rattache à son titre.

Dans une reprise de la finale du championnat panaméricain disputé le mois dernier en Équateur où elle avait gagné par décision unanime, Thibeault s’est de nouveau imposée devant la Panaméenne Atheyna Bylon, cette fois-ci par décision partagée (4-1).

«Je rêve à ce moment depuis que je suis tellement jeune, a exprimé Thibeault après avoir reçu sa médaille et s’être soumise aux tests antidopage. C’est rare que tu peux dire que tu es la meilleure au monde dans un domaine. Je suis encore sur un nuage.»

«Quant à la bourse, c’est un beau bonus, d’ajouter la native de Saint-Georges de Beauce. Je n’avais rien reçu quand j’avais gagné le bronze au mondial en 2019. C’est une première que des bourses soient distribuées. C’est le fun pour le sport féminin et une belle motivation. »

Si elle connaissait son adversaire pour l’avoir déjà affrontée, Thibeault estime que le contexte était toutefois complètement différent.

«L’environnement était différent et l’énergie plus grande, a-t-elle expliqué. Je voulais la garder à distance et être la plus rapide. J’ai eu droit à une préparation idéale. J’ai été bien entourée et c’est une victoire d’équipe.»

Malgré la tempête qui a mené à la démission du directeur technique de Boxe Canada Daniel Trépanier, Thibeaut a pris les grands moyens pour garder les yeux sur la cible.

«Ce n’est pas vrai que j’allais mettre mon rêve à risque. J’ai fermé mes médias sociaux. Ce fut le bordel pendant quelques semaines, mais je suis restée loin de ça en compagnie de l’équipe qui a fait tout un travail. Les gens qui sont là pour le bien des athlètes nous ont offert un très bon encadrement. Il y a de bonnes personnes qui sont toujours en place et des changements pour le mieux s’en viennent.» 

Thibeault est la troisième Canadienne à remporter l’or au mondial après Ariane Fortin (2006 et 2008) et Mary Spencer (2005, 2008 et 2010). 

Un père au septième ciel 

Premier entraîneur de sa fille quand elle a fait ses débuts dans un club de Regina où la famille habitait à l’époque et au club de Shawinigan au retour au Québec, Patrick Thibeault était au comble du bonheur après avoir assisté à la victoire de son aînée sur le web. 

«Je suis sur un nuage, a-t-il illustré. C’est débile. Tammara est championne du monde. Avec son entraîneur Patrick Mercier au club de Shawinigan, on est en train de se varloper la face solide. Le cigare cubain est déjà fumé.»

«Je me pince un peu pour le croire, mais sa performance aux Jeux de Tokyo n’était pas représentative de son talent, de poursuivre l’ancien receveur sélectionné en troisième ronde en 2002 par les Roughriders de la Saskatchewan au sujet de la cinquième position de sa fille. En raison du confinement et de l’absence de partenaires, elle ne s’était pas battue depuis très longtemps. Elle avait l’air d’une verte sur le ring. Cette fois-ci, la préparation a été excellente et on a vu les résultats.»

Le paternel est convaincu que Tammara poursuivra sa route jusqu’aux Jeux de Paris en 2024.

«C’est garanti qu’elle va continuer. Elle est sur une lancée. Il y a peu de notoriété en boxe professionnelle chez les femmes et le plus gros accomplissement est de gagner une médaille olympique. C’est aussi plus motivant et c’est son plus grand objectif.»

Tammara confirme les propos de son père.

«Ce n’est que le début et non la fin, a-t-elle résumé. Ce n’est qu’une étape et je veux continuer de m’améliorer.»

Thibeault rentrera au pays dès demain et son père a déjà réservé une bonne table à Shawinigan où la famille célébrera la victoire de Tammara. 

Plus tôt dans la journée, Charlie Cavanagh avait procuré une première médaille au Canada au mondial. La boxeuse de Saint John a mérité l’argent, s’inclinant en finale devant Busenaz Sürmeneli. Championne olympique à Tokyo et médaillée d’or au mondial en 2019, la Turque a complètement dominé le combat et l’arbitre a stoppé les hostilités avec 40 secondes à écouler au troisième et dernier round.

En 2018, Cavanagh était devenue la première Canadienne de l’histoire à gagner l’or au championnat mondial jeunesse.