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Golf

La clinique de Rory

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Rory McIlroy a livré une véritable clinique de golf à Tiger Woods, à Jordan Spieth et aux milliers de spectateurs qui les ont suivis pas à pas à Southern Hills, jeudi. En ouverture du Championnat de la PGA d’Amérique, il s’est démarqué dans tous les aspects du jeu.

Le Nord-Irlandais s’est installé seul au sommet du tableau avec une carte de 65 (-5). Voilà une excellente façon de pourchasser un premier titre majeur depuis ce même championnat en 2014, à Valhalla.

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Sous un soleil de plomb et une chaleur écrasante alors que le thermomètre affichait 35 degrés Celsius, McIlroy s’est éclaté depuis les tertres en privilégiant des trajectoires de gauche à droite. Il a claqué huit coups de départ de plus de 330 verges, dont quatre de plus de 350. Sa plus longue frappe a franchi 378 verges.

Même s’il n’a pas été le plus précis à l’approche des fanions, Rory s’est repris de brillante façon autour des verts en réussissant à sauver la normale à quatre de ses six occasions. Il s’est d’ailleurs limité à 25 roulés sur des surfaces évaluées à environ 11,5 pieds sur le stimpmètre.

«C’est un très bon départ. Je joue bien récemment. Je suis en forme. Je suis encore sur ma lancée de ma dernière ronde à Augusta. J’ai aussi bien joué au championnat Wells Fargo. Depuis le début de la semaine à l’entraînement, j’ai enfilé de bonnes rondes», a expliqué le meneur.

Sur une lancée

Quant à son rappel d’Augusta, on se souvient qu’il avait volé le show en ronde finale du Tournoi des Maîtres en réalisant le meilleur score de la journée, un 64 (-8), pour se placer tout juste derrière le champion, Scottie Scheffler.

Avec deux trophées Wanamaker (2012 et 2014) sur le manteau de sa cheminée, McIlroy se plaît dans les configurations du Championnat de la PGA d’Amérique. Cette semaine, il s’est juré d’appliquer un plan de match agressif.

«Ce parcours nous laisse le faire depuis les tertres. Je peux donc frapper fréquemment mon bois de départ. Je parviens à tirer avantage de ma puissance en terminant le travail avec de bonnes approches et un bon fer droit.»

Pas la première fois

Le golfeur de 32 ans n’en est pas à son premier rodéo en jouant en compagnie de Woods. Il a savouré le moment, épié par une foule massive se déplaçant aux quatre coins du parcours.

Il a même tiré toute son énergie pendant que ses compagnons éprouvaient des difficultés.

Selon lui, la configuration de Southern Hills lui a permis de se sentir confortable.

«Le paysage est large. Les corridors aussi. Il y a de la place pour respirer. Ce n’est pas oppressant comme à certains autres endroits sur le circuit», a-t-il expliqué.

«J’étais impatient de m’élancer avec Tiger et Jordan. C’est plaisant de faire partie de ce groupe.»

Encore Zalatoris

Encore une fois, le jeune Will Zalatoris brille dans un tournoi du Grand Chelem.

À un coup derrière, il talonne de près le Nord-Irlandais en compagnie de Tom Hoge.

À Kiawah Island l’an dernier, le golfeur de 24 ans avait terminé au huitième rang, notamment grâce à une excellente ronde finale.

Cette fois, il a tôt fait de se lancer dans la mêlée en amassant trois oiselets à ses quatre premiers fanions.

Son fer droit l’a souvent récompensé alors qu’il a calé près d’une demi-douzaine de roulés de plus de 20 pieds.

«C’est très plaisant ce type de journée. Elle était un peu bizarre en raison de quelques difficultés depuis les tertres en milieu de ronde, mais je crois que mes six oiselets proviennent de l’extérieur du vert.»

«Je suis très heureux du pointage, a-t-il renchéri. Un score de 66 en ouverture d’un majeur, je le prendrais n’importe quand.»

Trois golfeurs suivent à -3, dont Justin Thomas, vainqueur de l’édition 2017 à Quail Hollow.

TULSA EXPRESS

Le Grand Chelem de Spieth attendra

Jordan Spieth a réglé une partie de ses problèmes d’élan des dernières saisons. Mais son arme de prédilection, son fer droit, ne coopère vraiment pas depuis trop longtemps. L’Américain qui cherche à compléter son premier Grand Chelem en carrière n’a pas mal joué en ronde initiale. Son jeu court est en majeure partie de son score de 72 (+2). Spieth a effectué 33 roulés avec un outil curieusement froid comme un glaçon malgré les 35 degrés Celsius et le soleil tapant jeudi. Sur le circuit de la PGA cette saison, le golfeur de 28 ans occupe le 175e rang quant aux coups gagnés sur le plateau avec un «putter» en main. En fait, il perd même des plumes en vertu de son ratio de -,334. Comme on l’a souvent observé, notamment à Augusta, les roulés de six pieds et moins sont devenus sa bête noire. Le trophée du Championnat de la PGA d’Amérique est le seul qui manque à sa collection des majeurs. Même s’il est encore tôt, on suppose que cette conquête attendra une année de plus.

Un large Coke diète

On sait depuis 30 ans que John Daly, vainqueur du Championnat de la PGA en 1991, est un véritable personnage. Rappelons qu’à l’édition de 2015, il avait lancé son bâton dans le lac Michigan après plusieurs coups erratiques sur une normale 3 de Whistling Straits. Jeudi, avec sa crinière et sa grosse barbe grisonnante, son polo verdâtre et ses pantalons ultras colorés, le golfeur de 56 ans a mené le tournoi en matinée. Il a finalement remis une carte de 72 (+2). Quatre bogueys à ses cinq derniers fanions l’ont fait chuter au classement. Encore une fois, il a conduit sa voiturette pour se déplacer sur le parcours. Le collègue du magazine «Golf Digest», Shane Ryan, a remarqué que l’homme avait placé un large verre arborant le logo de McDonald’s. Ce devait être une première ration de Coke diète!

Canadiens en difficulté

Aucun des trois Canadiens n’a réussi à briser la normale, jeudi. Mackenzie Hughes a souffert dans une ronde de 77 (+7). Corey Conners a affiché un premier score de 76 (+6) alors qu’Adam Hadwin l’a devancé de trois coups.