Baseball

Voyage formateur en Australie pour Alexane Fournier

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La joueuse de baseball Alexane Fournier revient d’un enrichissant séjour en Australie, au cours duquel la Québécoise de 19 ans s’est mesurée, au début du mois de mai, aux meilleures au monde dans sa discipline.

Membre de l’équipe nationale féminine du Canada, la lanceuse originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu a fait partie des trois seules joueuses sélectionnées au pays, avec les Britanno-Colombiennes Claire Eccles et Alli Schroeder, pour un tournoi de quatre jours mettant aux prises également des Américaines, des Japonaises et, évidemment, des Australiennes. Elle a parlé de son expérience dans le balado Les buts remplis, enregistré mercredi. À écouter ici:

«Pour donner une touche internationale à l’événement, Baseball Canada a notamment eu pour mandat d’envoyer trois joueuses d’ici afin de hausser la compétition et de promouvoir le baseball international, a expliqué Fournier, à propos de l’Australian Women’s Baseball Showcase. Quand j’avais été approchée il y a quelques mois, c’était à ma grande surprise. Je n’en revenais pas d’avoir été choisie par les entraîneurs de la formation nationale. C’est une immense reconnaissance, surtout que je ne suis pas une vétérane au sein de l’équipe canadienne.»

Réagir aux circonstances 

Après un long voyage à l’autre bout de la planète, Fournier s’est donc retrouvée avec Eccles et Schroeder dans l’uniforme des Bandits de Brisbane. Avouant ne pas avoir livré les performances souhaitées au monticule, la Québécoise en retire néanmoins beaucoup de positif.

«Ce n’était vraiment pas ma meilleure performance à vie, mais j’ai vraiment beaucoup appris de ça, a estimé Fournier, qui a malencontreusement permis de nombreux buts sur balles à son seul départ comme lanceuse. En se retrouvant comme ça à l’étranger, tu dois démontrer du caractère, tu ne peux pas t’écrouler sous la pression. Il faut que tu livres. En voyant que ç’a moins bien été pour moi, j’ai réalisé que je ne pouvais pas tout contrôler et c’est à moi d’élever mon jeu pour bien réagir aux circonstances. Bref, j’ai grandi de cette expérience et j’en retiens du positif.»

«Une belle expérience» 

Après cette présence au monticule en lever de rideau, la compétition de Fournier ne s’est pas arrêtée là, ayant accédé à la finale en compagnie des Bandits, où l’équipe s’est inclinée par le pointage de 7 à 4 face aux Aces de Victoria.

«J’ai joué deux autres matchs dans le tournoi, au deuxième but, et ç’a bien été défensivement, a-t-elle indiqué. Somme toute, ç’a été l’une de mes plus belles expériences de ma vie. Ç’a été une belle occasion de me rapprocher des autres filles [du Canada] et de tisser des liens beaucoup plus forts. À ce niveau, ç’a été une réussite à 100 %.»

Ayant effectué ses débuts avec l’équipe nationale dès 2019, aux qualifications pour la Coupe du monde de baseball à Aguascalientes, au Mexique, Fournier mentionne que le défi pour elle est maintenant de conserver sa place avec la formation canadienne. Pour y arriver, l’athlète de 5 pi et 10 po poursuit sa progression avec l’équipe féminine du Québec qui, avec des matchs dans la ligue masculine bantam AAA, se prépare en vue du Championnat national féminin invitation prévu du 21 au 24 juillet, au Manitoba.

Une bourse à faire rêver... 

Alexane Fournier était en Australie, le 5 mai dernier, lorsqu’elle a obtenu une bourse à titre d’«athlète d’exception» par le Fonds Claude Raymond et la Corporation du Fort St-Jean. Ses parents Eric Fournier et Brigitte Laplante ont été délégués à la soirée, vivant alors de fortes émotions.

«Mes parents se sont présentés à la remise de bourses et quand ils ont entendu mon nom choisi comme athlète d’exception, les deux pleuraient, a indiqué la joueuse de baseball de Saint-Jean-sur-Richelieu qui a été récompensée par un chèque de 5000 $. C’est un beau montant et ça vient récompenser tous les sacrifices, comme le fait d’être déménagée à Trois-Rivières, dans la dernière année, pour fréquenter le volet féminin de l’Académie de baseball du Canada.»

«Je n’en reviens pas encore, a-t-elle ajouté. Claude Raymond me soutient depuis de nombreuses années, il est vraiment une personne-clé dans mon parcours. Il me soutient avec des bourses, mais j’ai aussi un petit lien maintenant avec lui. Il m’appelle pour me souhaiter bonne fête ou simplement pour jaser.»

Du plaisir à la compétition 

À titre de membre de l’équipe canadienne féminine de baseball, Alexane Fournier pourra notamment profiter de la bourse pour s’acheter quelques pièces d’équipement nécessaires à son niveau de jeu.

«J’ai vraiment commencé à jouer pour le plaisir, mais une fois que j’ai fait ma place avec l’équipe du Québec, à 12 ans, j’ai vu que c’était possible de jouer à un haut niveau, a-t-elle résumé. Ç’a déclenché quelque chose en moi, c’est alors devenu mon rêve de faire partie de l’équipe nationale [du Canada]. Au départ, c’était un rêve un peu fou, que je ne pensais peut-être jamais accomplir, mais j’ai réalisé que c’était possible pour une jeune fille de se rendre aussi haut. J’allais tout faire pour me rendre-là.»

Évidemment, les bourses ne font que nourrir, au passage, la motivation et les rêves.