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Crédit : Photo AFP

Golf

Défi différent après l’Everest

Publié | Mis à jour

C’est un Tiger Woods plus fort et plus endurant qui a débarqué à Southern Hills le week-end dernier afin d’amorcer sa préparation au Championnat de la PGA d’Amérique, en Oklahoma. Après avoir surmonté «l’Everest» du golf au début d’avril, il s’attaque avec plaisir et optimisme à un défi différent. Et mieux adapté à sa condition physique.

Parce qu’il a souffert durant une semaine à arpenter les allées du Augusta National au Tournoi des Maîtres à son grand retour au jeu. Il faut rappeler qu’après sa ronde finale, le «Tigre» de 46 ans avait peiné à monter les trois marches en sortant de la cabine de pointage, à descendre du petit podium après son point de presse, et avait traîné de la patte pour entrer dans le pavillon.

Il venait alors de terminer au 47e rang, à +13, dans l’un des plus improbables retours au jeu du monde du sport. À peine 14 mois après son terrible accident de la route qui aurait pu lui coûter la vie ou l’usage d’une jambe.

«C’était souffrant, mais j’ai poussé tout au long du tournoi. C’était plus éprouvant pour l’esprit que pour mon corps. J’ai déjà gagné avec une jambe fracturée», a relaté l’athlète en rappelant son triomphe à l’Omnium des États-Unis de 2008.

Rapide retour à l’entraînement

Au lendemain de cet «exploit», selon ses propos, il a combattu la douleur en multipliant des sauts dans des bains de glace pour prévenir l’enflement et l’inflammation.

Mais dès le lendemain, il a repris l’entraînement. En gagnant en force et endurance, il a vu une présence au Championnat de la PGA en ligne de mire un mois plus tard.

«Il faut comparer ma participation au Masters à l’ascension de l’Everest comme première montagne. L’Augusta National est le parcours le plus escarpé du circuit et c’est le premier que j’ai attaqué à mon retour.»

«J’ai accumulé de la frustration et de la fatigue au fil de la semaine, car je n’avais pas l’endurance que je voulais déployer, a-t-il ajouté à propos de son aventure à Augusta. On met plus d’efforts au travail et ça va s’améliorer avec le temps.»

«Maintenant, ça ne peut qu’être plus plat et meilleur.»

Gagner en force

Au beau milieu de l’Amérique, dans les plaines de l’Oklahoma, Southern Hills ressemble à une petite butte si on la compare à Augusta. La marche y est plus douce même s’il y fait une chaleur suffocante.

«Dans ma condition, les choses ne sont pas aussi faciles que les gens le souhaiteraient. Je crois qu’elle s’améliore, car j’ai davantage de bonnes journées. C’est positif, a raconté le golfeur aux 15 titres majeurs en carrière. Je peux pratiquer un peu plus longtemps et faire des activités que je souhaitais accomplir.»

Selon Woods, il est encore trop tôt pour savoir s’il retrouvera totalement ses capacités. Il sait qu’il devra se débrouiller toute sa vie avec la quincaillerie dans sa jambe droite.

«Il y aura toujours des limites, mais l’important sera de devenir plus fort. Je ne sais pas ce que cela représente et quelle amplitude je pourrai retrouver dans mes mouvements. Tout ce que je peux confirmer, c’est que c’est nettement mieux qu’il y a 12 mois.»

Avec et McIlroy et Spieth

S’il disait croire en ses moyens pour combattre avec férocité à Augusta, il a répété la même chose, mardi, lors de son point de presse. Détendu, heureux et en pleine forme, tous les espoirs sont permis.

Sans cette conviction, l’ancien numéro un ne serait même pas ici.

«Je sens que je peux assurément prétendre au titre. Il suffit de sortir et d’accomplir le travail. Tout ça débute [jeudi]. Je suis prêt», a signalé celui qui s’est aventuré deux fois sur le parcours depuis quelques jours.

Il ne fait donc pas languir tout le monde cette fois.

Jeudi matin, il sera au départ en compagnie de Rory McIlroy et Jordan Spieth. Un trio qui attirera assurément une foule monstrueuse.

La dernière fois que Woods a mis les pieds à Southern Hills à l’occasion d’un Grand Chelem, en 2007, il a soulevé le trophée Wanamaker pour la quatrième fois de sa carrière.

Tulsa express

Retiré à Donald Trump

C’est un retour du Championnat de la PGA d’Amérique à Southern Hills, qui accueille le prestigieux tournoi majeur pour la cinquième fois de l’histoire (1970, 1982, 1994 et 2007). Tiger Woods avait remporté la dernière présentation sur cette magnifique propriété, l’œuvre de Perry Maxwell en 1936. L’Omnium des États-Unis y a aussi été disputé trois fois. Cette année, ce n’était pas la destination initiale. Le tournoi devait être disputé au New Jersey, au Trump Bedminster. L’un des quelque 25 parcours de Donald Trump à travers le monde aurait été finalement l’hôte d’un championnat majeur. L’assaut meurtrier du Capitole le 6 janvier 2021 a fait dérailler le rêve du président déchu. La PGA d’Amérique lui a retiré son tournoi phare quelques jours plus tard en annonçant ensuite une entente avec Southern Hills. Même si la totalité des 77 comtés de l’Oklahoma avait voté pour Trump à l’élection de 2020, la communauté s’est vite rassemblée pour organiser un événement de taille.

Bienvenue à «Flat Squares»!

À l’inverse de mon arrivée à Régina, en Saskatchewan, lors de l’Omnium féminin canadien 2017, personne ne m’a accueilli sur une note humoristique «Bienvenue sous le soleil du nouveau Cancún!» au moment de débarquer de l’avion, lundi soir. À l’atterrissage à Oklahoma City, un passager au style cowboy semblant rentrer à la maison a lâché cette savoureuse réplique à son ami: «Nous y voici, de retour à "Flat Squares"», a-t-il soufflé en regardant à travers le hublot. On y apercevait le quadrillage des rangs délimitant les terres agricoles qui s’étendaient à perte de vue sur le relief plat de l’Oklahoma.

Bière hors de prix

On a trouvé un endroit où la bière et la bouffe sont plus dispendieuses qu’au Centre Bell ! Depuis le début de la semaine, le prix de la broue à Southern Hills enrage les spectateurs et même les golfeurs qui pointent le problème. La valeur de la broue a grimpé en flèche en prenant des allures de l’or noir. Ainsi, une vulgaire «canne» de Michelob Ultra coûte 18 $. C’est le quadruple du montant d’une boisson sous pression à Augusta. Un hot-dog à 8 $ et un burger à 14 $. Ils savourent toutefois en observant les meilleurs golfeurs au monde et non un club occupant la 32e et dernière position de son circuit.