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Toute l'intensité de Michel Bergeron dans «Bergie»

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Le Tigre a laissé «sa griffe» sur le hockey des 50 dernières années, une aventure intense et faite de multiples rebondissements qu’on relate dans la série documentaire «Bergie», proposée dès mardi sur la plateforme Vrai de Vidéotron.

Des dizaines d’amis et de membres de la famille du «coach» témoignent dans les trois épisodes de son esprit compétitif, de son authenticité et du fait qu’il est et sera toujours un gars de gang. 

De tous les témoignages, deux sortent particulièrement du lot: ceux de Mike Bossy et de Guy Lafleur, qui viennent de nous quitter coup sur coup. Quand le Démon blond souhaite de la santé à Michel Bergeron, aujourd’hui âgé de 75 ans, on a un pincement au cœur, car le numéro 10 se savait atteint du cancer.

«Il était en pleins traitements, c’est pour montrer sa bonté. Il me souhaite de la santé quand, lui, est très malade. Quand je regarde ça, j’ai de gros frissons», a dit M. Bergeron, comparant Lafleur à un autre de ses grands amis, le défunt René Angelil, mari et impresario de Céline Dion. «Ils étaient de la même espèce, deux vrais.»

Michel Bergeron se dit à la fois nostalgique et touché que son collègue de TVA Sports Louis Jean et le producteur exécutif de Télégramme Média, Éric Hébert, un grand partisan des Nordiques de Québec, aient eu l’idée de raconter sa vie.

Qui ne se rappelle pas quand Bergeron grimpait sur la bande et s’accrochait aux baies vitrées pour invectiver royalement les arbitres? «Des fois, ce n’était pas planifié, c’était plus fort que moi», a indiqué M Bergeron, avouant être un «grand insécure» qui «vivait à 100 milles à l’heure».

Quoi qu’il en soit, c’était toujours un bon «show», même si ce qui se disait dans les moments de colère de Bergeron n’était pas propice à être répété et que toute cette passion a pu miner sa santé, jusqu’à sa crise cardiaque à l'âge de 44 ans, en 1990.

La série réalisée par Félix St-Jacques permet de revivre les moments forts de la carrière du Tigre, dont son départ pour la Grosse Pomme. C’est truffé d’informations intéressantes, d’anecdotes et d’images d’archives qui nous font entre autres revivre la rivalité Montréal-Québec.

Même si on parcourt son enfance jusqu’à la vie adulte, c’est en 1974 que le hockey devient un gagne-pain pour Michel Bergeron quand il se retrouve derrière le banc des Draveurs de Trois-Rivières. Les joueurs, qui ne veulent pas de lui au départ, finiront par l’accepter et l’équipe remportera deux fois la coupe du Président de la LHJMQ, en 1978 et en 1979, juste avant que les Nordiques de Québec le «repêche». Il demeurera à la barre des Nordiques pendant huit saisons, de façon discontinue, car il sera aussi «coach» des Rangers de New York entre ses deux mandats dans la Vieille Capitale.

Une trahison pour Québec  

À Québec, il était au cœur de la guerre avec le Canadien de Montréal. «La rivalité a commencé entre les deux équipes quand on a battu le Canadien en 1982», a relaté M. Bergeron à propos du but de Dale Hunter qui a envoyé le CH en vacances en prolongation du cinquième match de la demi-finale de la division Adams. «On se haïssait vraiment, ce n’est pas comme aujourd’hui où le monde est "chummy-chummy".» Il croit qu’une telle rivalité serait impossible de nos jours, même si les Nordiques ressuscitaient au Centre Vidéotron.

«Ce serait impossible que ce soit aussi intense dû au fait qu’il n’y a plus beaucoup de Québécois dans les équipes et derrière le banc», a dit M. Bergeron, se disant «attristé» par cette situation et avouant qu’il n’a toujours pas digéré que les Nordiques a déménagé au Colorado.

«Les gens de Québec ont été victimes d’une trahison», a-t-il indiqué. Cette équipe-là était à l’aube de gagner la coupe Stanley, et pour faire de l’argent, ils ont décidé de s’en aller au Colorado. C’est épouvantable. Ç’a été la trahison des années 90.»

Michel Bergeron, qui dit être en pleine forme, s'apprête à renégocier son contrat d'analyse à TVA Sports.

La série documentaire «Bergie» est disponible dès mardi sur Vrai.