Crédit : MARTIN ALARIE / AGENCE QMI / JOURNAL DE MONTREAL

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Dur résultat à la maison pour le Rocket

Publié | Mis à jour

Devant plus de 10 000 partisans réunis à la Place Bell, le Rocket de Laval a bousillé sa première chance d’en finir avec le Crunch de Syracuse avec une dure défaite de 3 à 0. Il y aura ainsi un cinquième et ultime duel pour départager les deux équipes en demi-finales d’association.

En avance 2 à 1 dans cette série de la Ligue américaine, les hommes de Jean-François Houle pouvaient éliminer le club-école du Lightning de Tampa Bay avec une victoire. Pour une troisième fois de suite, c’est Cayden Primeau qui obtenait le départ devant le filet. 

Le jeune gardien américain n’a pas eu grand-chose à se reprocher en gardant son équipe dans le match après l’ouverture du pointage par Cole Koepke à la cinquième minute de l’engagement initial. Sur le jeu, Anthony Richard y est allé d’un bel effort en contournant le filet avant de remettre à son coéquipier, laissé libre dans l’enclave. 

Le travail des officiels a été énormément contesté par la foule partisane. Les premières minutes de la troisième période, après la punition discutable octroyée à Cédric Paquette et le filet subséquent de Remi Elie, se sont déroulées sous les huées. Richard en a ajouté quelques instants plus tard. 

Énergie du désespoir

Une expression revenait dans la bouche des membres du Rocket après la rencontre : énergie du désespoir. Le Crunch faisait face à l’élimination, et ils ont puisé dans leurs dernières ressources pour dominer en tout point l’équipe locale. 

«Ils ont joué un meilleur match que nous. Ils étaient désespérés ce soir, et ça paraissait. Il y aurait fallu qu’on “matche” leur niveau d’énergie», a avoué Houle en conférence de presse. 

«Je pense qu’ils sont sortis extrêmement forts. Ils avaient l’énergie du désespoir, a rebondi l’attaquant Alex Belzile. Ils ont commencé la “game” vraiment intense. Ils ont gagné plus de batailles que nous. Ils étaient plus intenses que nous et ça va être à nous de répondre et de se retrousser les manches.» 

Une balle dans le pied

Le Crunch aurait pu perdre sa chance de l’emporter quand le gardien Maxime Lagacé s’est blessé et a dû quitter la rencontre. Le pire, c’est que c’est le geste de son coéquipier Gabriel Dumont qui est à l’origine de ce revirement de situation. 

Avec une mêlée devant le filet, le capitaine a poussé Belzile sur le portier québécois, qui a immédiatement requis l’attention du thérapeute sportif. Dumont, lui, a été puni pour rudesse et il a dû avoir quelques sueurs froides en voyant le Rocket toucher deux fois le poteau en avantage numérique. 

Hugo Alnefelt a rapidement été plongé dans le bain, et il a bien répondu quand il a été testé. Ses 23 arrêts ont permis aux visiteurs de s’en sortir avec un important gain par blanchissage. 

L’opportunité de déjouer un gardien à peine réchauffé a filé entre les doigts des joueurs de Laval. Le premier test d’Alnefelt était un jeu de puissance, et le Rocket a touché deux fois le poteau. Ils ont également cruellement manqué d’opportunisme, fendant l’air plus d’une fois au moment d’effectuer un lancer. 

«Peut-être qu’on aurait pu profiter de l’opportunité pour envoyer plus de rondelles, mais on n’a pas eu la chance de le faire ce soir», a déploré le défenseur Xavier Ouellet. 

Le cinquième duel de cette série aura lieu mardi, au Upstate Medical University Arena de Syracuse. Les joueurs d’avant Cédric Paquette et Nate Schnarr seraient d’ailleurs des cas incertains pour cette partie, selon Houle. 

Un vrai match des séries

Le quatrième duel de la série opposant le Rocket de Laval au Crunch de Syracuse a été d’une rare intensité. Les arbitres ont rangé leur sifflet la plupart du temps, peut-être un peu trop souvent pour certains. 

Les mises en échec ont été très nombreuses, samedi après-midi, à la Place Bell, au grand plaisir des partisans. Les joueurs ont eu bien des messages à faire passer après l’arrêt du jeu par les officiels. Ceux-ci n’ont malgré tout décerné que deux pénalités mineures de chaque côté. 

Crédit photo : MARTIN ALARIE / AGENCE QMI / JOURNAL DE MONTREAL

«Je crois que chaque match à date a été très physique. Ce sont les séries, c’est pour ça qu’on joue au hockey. Le hockey est amusant en ce moment. Nous devons rester positifs», a commenté après la rencontre l’attaquant Alex Belzile, qui a vu les siens être vaincus 3 à 0. 

Un jeu en particulier a beaucoup attiré l’attention en début de troisième période. Les Québécois Cédric Paquette et Daniel Walcott ont eu maille à partir devant la cage de Cayden Primeau, et sans son bâton, le joueur du Rocket a essayé de rudoyer son opposant. Les deux sont tombés à la renverse, mais seul Paquette a été envoyé au cachot. 

Remi Elie a ensuite marqué alors que Primeau, auteur de 34 parades, était déporté de son demi-cercle par la circulation. Il n’en fallait pas plus pour que la «marée blanche» à la Place Bell ne fasse encore plus sentir son désarroi. 

«Les arbitres font leur travail. Ç’a été une décision spéciale pour moi, a expliqué le capitaine Xavier Ouellet. Les deux y allaient d’un côté comme de l’autre ; c’est bizarre de se retrouver en désavantage numérique pour un jeu comme ça devant le filet. C’est un sport émotif.» 

Quelques instants plus tard, alors que la foule s’en prenait encore aux officiels, Anthony Richard a triplé l’avance de Syracuse d’un tir vif. 

Gageons que les émotions seront encore bien présentes pour le cinquième duel.