MLB

«Je trouve ça dégueulasse!» - Rodger Brulotte

Publié | Mis à jour

S’il émet certaines réserves face au rapport dévoilé plus tôt ce mois-ci pour améliorer le développement du hockey au Québec, le commentateur sportif Rodger Brulotte estime que la situation entourant le baseball dans la Belle Province doit aussi passer par de grands changements.

«Au baseball, présentement, on a un problème, un problème majeur : on envoie nos jeunes jouer aux États-Unis et la majorité d’entre eux reviennent sans diplôme, a critiqué Brulotte, avec véhémence, lors de son passage au balado Les buts remplis, mercredi. Je trouve ça dégueulasse. Si on les envoie aux États-Unis, pour moi, c’est un échec majeur qui signifie qu’on n’a pu établir un programme fort au Québec. Ce n’est pas acceptable qu’on doive envoyer nos joueurs à l’extérieur parce que chez nous, on n’a pas développé un tel programme.»

Assumant que ses propos n’allaient pas faire plaisir à Baseball Québec, Brulotte a poursuivi sur sa position, lui qui agit également comme commissaire de la Ligue de baseball junior élite du Québec (LBJÉQ).

«On a des joueurs qui sont allés jouer pour l’Université McGill après leur séjour chez nous et ils ont des diplômes de McGill, a-t-il servi en guise d’exemple. Le progrès est là, mais il faut développer au Québec une ligue qui amène les joueurs vers le junior. En d’autres mots, ton midget AAA doit devenir une ligue de développement sérieuse pour nos jeunes.»

Brulotte considère le tennis comme un modèle à suivre, avec un site d’entraînement majeur pour les meilleurs joueurs de la discipline.

«On doit simplement regarder le nombre de joueurs et de joueuses de tennis qui excellent sur la scène mondiale et qui viennent de chez nous... Pourquoi n’a-t-on pas un site d’entraînement majeur [pour le baseball] au Québec? On n’en a pas au hockey, on n’en pas au football, on en a un au tennis... Il est où le problème?»

Le Canada ne rivalise pas  

Collaborateur pour le balado «Les buts remplis», Karl Gélinas a tempéré un peu les choses, lui qui est entraîneur-chef chez les Diamants de Québec, dans la LBJÉQ, mais aussi avec le programme de l’Académie de baseball du Canada, qui regroupe justement l’élite des joueurs québécois.

«Je crois que le chemin [menant] vers les États-Unis est quand même très important pour les joueurs, a-t-il mentionné. Avant d’avoir au Canada des programmes aussi bons que certains aux États-Unis, ça va prendre beaucoup de travail et beaucoup de temps. Il y a certains joueurs, je pense, qui vont aux États-Unis pour le plaisir d’aller aux États-Unis. Ils pourraient potentiellement avoir une meilleure éducation ici et jouer à un niveau de baseball aussi bon. Par contre, pour les joueurs plus talentueux qui fréquentent de très bons programmes, on ne peut pas rivaliser avec ça au Canada. C’est sûr à 100%!»

«Jouer aux États-Unis, pendant l’été, ça permet aussi à certains joueurs d’ici d’obtenir de la visibilité auprès des recruteurs, mais parfois aussi l’opportunité de transférer d’un collège plus faible à un programme plus relevé... C’est sûr que, dans le futur, ce serait bien d’offrir un aussi bon calibre ici, qu’on soit tellement bons que ça attire les gens pour venir voir nos joueurs au Québec.»

En attendant d'éventuels changements, la 76e saison de la LBJEQ doit prendre son envol ce samedi avec des matchs à Montréal, Repentigny, Trois-Rivières, Québec et Coaticook.