SPO-MATCH REMPARTS DE QUÉBEC VS TIVAN DE ACADIE-BATHURST

Photo : Thomas Caron, des Remparts de Québec, et Cole Rafuse, du Titan d’Acadie-Bathurst, avaient des comptes à régler lors d’un match disputé en décembre 2017 à Bathurst. Crédit : Photo d'archives

Hockey

Les bagarres dans le hockey junior sous la loupe

Publié | Mis à jour

À l’instar de la ministre responsable des Sports Isabelle Charest, qui en a fait l’un de ses chevaux de bataille, le comité sur la relance du hockey propose que soient mises sur pied des mesures coercitives dans le but d’éliminer les bagarres dans le hockey junior. 

Dans son rapport rendu public hier, l’équipe menée par Marc Denis fait remarquer que les combats sont en légère hausse par rapport à la saison précédente dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (0,15 par match en date du 13 avril, comparativement à 0,11 en 2020-2021).  

Cette moyenne a toutefois chuté de façon radicale dans les dernières années, avait constaté Le Journal en février. Il y a 12 ans, on comptabilisait 0,78 bataille par rencontre. 

La réduction considérable du nombre de combats coïncide avec l’adoption en 2020 par la LHJMQ de mesures très strictes pour punir les belligérants. 

Une pénalité d’inconduite de 10 minutes avait alors été ajoutée à la majeure d’une durée de cinq minutes déjà imposée lorsqu’un joueur jette les gants. 

Une suspension automatique d’un match est aussi décernée dès la troisième bagarre d’un hockeyeur dans une même campagne. 

Dans son rapport, le groupe recommande que la Ligue canadienne de hockey forme un comité pour discuter de mesures plus contraignantes pour enrayer les bagarres. 

Une expulsion proposée

Mais de façon plus concrète, il propose aussi de remplacer la punition d’inconduite (10 minutes) décernée à l’instigateur d’un combat par une punition d’extrême inconduite (expulsion du match) à l’instigateur d’un combat. 

« Cette mesure aura pour effet de minimiser l’obligation de se battre du joueur qui ne désire pas engager le combat », peut-on lire. 

La ministre Charest ne s’est pas dite du tout surprise hier de retrouver pareille recommandation dans le rapport qui lui a été remis. 

Il y a deux ans, elle avait menacé les 12 formations du Québec qui évoluent dans la LHJMQ de leur retirer l’aide financière gouvernementale dont elles bénéficiaient pour éponger les dettes liées à la pandémie si elles ne resserraient pas la législation concernant les combats. 

C’est alors que la ligue a mis en place les nouvelles règles énoncées plus tôt. 

Fini l’intimidation

Puis, en avril, elle a envoyé au commissaire Gilles Courteau une lettre dans laquelle elle demandait notamment à ce que les belligérants soient minimalement expulsés pour le reste de la partie et suspendus pour la suivante. 

Elle dit être encore en attente d’une réponse de la part du circuit. 

« Le rapport vient appuyer la teneur de ma lettre, souligne-t-elle. Ma demande ne sort pas d’un chapeau, j’ai parlé à plusieurs acteurs du hockey, j’ai regardé ce qui s’est fait partout à travers le monde. »

« Quand on parle de changement de culture [dans le hockey québécois], ça, c’en est un qui doit s’opérer, ajoute-t-elle. On veut un hockey sécuritaire, exempt de contexte d’intimidation. C’est donc la moindre des choses de dire que les bagarres ne sont pas tolérées. »