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«Un outil de travail incroyable» - Thibault

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Directeur général de Hockey Québec depuis six mois, Jocelyn Thibault se dit conscient qu’il a du pain sur la planche, mais il semble convaincu d’avoir tout le nécessaire pour bien lancer les travaux.

«C’est super bon pour le hockey. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas pris un moment pour réfléchir sur des orientations. On va tomber dans notre planification stratégique dans les prochaines semaines et ce rapport devient un outil de travail incroyable pour nous», s’est-il exprimé. 

Il faut dire que l’ex-gardien a déjà été plus surpris par certains tirs vifs dans la LNH que par le dévoilement de ce rapport. Après tout, il faisait partie des 15 membres directement impliqués dans le comité.

S’il concède qu’il y aura «absolument» quelques réticences, il se réjouit des recommandations apportées et entrevoit une réaction positive dans le monde du hockey québécois.

«On va laisser les gens consulter le rapport et se l’approprier. On verra la suite des choses.

«Il y a quand même plusieurs choses là-dedans qui sortent de la boîte et qui vont être bénéfiques aux jeunes. S’il y avait plus d’arénas ou d’infrastructures extérieures, par exemple. Tu ne peux pas être contre ça.»

Ralentir le pas 

Pour Thibault, la simple notion de recentrer le hockey sur le plaisir pourrait s’avérer une petite révolution.

«Il faut ralentir la course que plusieurs parents semblent vouloir entamer. Je trouve ça intéressant de revenir au plaisir comme grande orientation et d’élargir la pyramide de joueurs et de joueuses.

«Pour avoir plus de joueurs sur l’équipe nationale et dans la Ligue nationale, il faut que notre processus soit correct. On va être meilleurs si on a plus de joueurs, qu’ils ont du plaisir et qu’ils restent plus longtemps. Je crois beaucoup à ça. Les joueurs n’atteignent pas tous la LNH par le repêchage et il faut étirer le temps de développement pour leur donner les meilleurs outils», a-t-il fait valoir.

Sur les tablettes? 

Même si les pistes de solutions sont bien énoncées, reste à voir ce qu’il adviendra du rapport. Après tout, un exercice semblable avait été mené en 2011 et le tout était demeuré lettre morte.

En point de presse, la ministre Isabelle Charest a assuré que le rapport ne mourrait pas sur les tablettes et elle a réitéré son intention durant la période de questions.

«Ça va nécessiter un changement de culture dans une grande organisation. Ça va aussi nécessiter la mobilisation de tout l’écosystème et ça ne se fera pas du jour au lendemain. Beaucoup de choses vont s’installer progressivement, mais le point de départ, cette vision partagée par tous les acteurs du milieu, c’est une bonne façon de commencer», a-t-elle souligné.

UN RAPPORT QUI RESTE À DIGÉRER 

Plusieurs intervenants dans le hockey qui ont été contactés pour commenter le rapport du comité présidé par Marc Denis venaient à peine d’en prendre connaissance et se sont gardé une petite gêne, mais les intentions semblent appréciées à première vue.

L’une des nombreuses pistes de réflexion du comité tourne autour de la création d’un circuit universitaire québécois, autant masculin que féminin. À ce chapitre, le Québec fait figure de parent pauvre par rapport au reste du Canada.

«Il y a des éléments très intéressants dans ce rapport et il est difficile d’être contre la vertu. Il faut par contre se donner le temps de véritablement l’analyser avant de commenter plus en détail», a mentionné le président-directeur général du Réseau du sport étudiant du Québec, Gustave Roel.

«Le simple fait que le Réseau soit considéré à ce point dans le développement du hockey est très positif. Il faut maintenant évaluer l’impact de la mise en œuvre. Je n’ai pas encore vu les lignes directrices», a-t-il ajouté avant de décliner poliment de se prononcer davantage.

Du bon travail 

Pour Daniel Lirette, directeur général de Hockey Québec-Centre, les nouvelles sont encourageantes.

«De ce que j’ai vu, c’est de l’excellent travail. C’est un bon point de départ de miser sur le plaisir dans le hockey parce que le pourcentage de parents un peu crinqués reste élevé», a-t-il noté.

Cette association, qui regroupe quelque 3000 joueurs, affirme avoir mis en place depuis un moment déjà certaines recommandations émises dans le rapport, notamment en ce qui a trait aux statistiques chez les plus jeunes.

«Avant, on recevait des appels de parents qui se plaignaient qu’il manquait une passe à leur fils sur un but. On s’en va dans la bonne direction», croit-il.

S’il apprécie le labeur du comité derrière le rapport, M. Lirette se questionne néanmoins sur la faisabilité de certaines recommandations.

«Les associations en région qui sont tenues à bout de bras par des bénévoles, je me demande comment elles vont arriver à tout appliquer. Il faudra que Hockey Québec leur donne de l’aide.

«On parle aussi de couper certains tournois, mais pour plusieurs associations, ce sont des sources importantes de revenus. Il n’y a pas de solution miracle», a-t-il affirmé.