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Hockey Québec : une structure inappropriée chez les moins de 18 ans

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Un rapport de 50 pages, neuf grandes priorités, une soixantaine de recommandations et pas moins de 190 pistes de solutions... C’est un bon chantier que propose le comité québécois sur le développement du hockey, afin de redonner au sport national des Québécois ses lettres de noblesse. 

Le comité formé de 15 membres en novembre dernier a présenté jeudi à Québec son rapport intitulé «Le hockey, notre passion».

Voyez l'entrevue d'Isabelle Charest avec Jean-Charles Lajoie dans la vidéo ci-dessus.  

L’ex-gardien de but et maintenant analyste Marc Denis, qui préside le comité, a dévoilé les grandes lignes de ce document qui tire dans plusieurs directions, en compagnie de la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la condition féminine, Isabelle Charest.

Mentionnant à quelques reprises qu’il faut «prendre le plaisir au sérieux», Denis a énuméré plusieurs éléments susceptibles de bousculer la culture actuelle en la faisant basculer vers le plaisir de pratiquer le sport.

L’initiation au patinage à l’école dans le cadre du primaire, l’abolition des statistiques et classements chez les moins de 13 ans et des allègements fiscaux pour améliorer l’accessibilité au hockey pour toutes les classes sociales ne sont que quelques mesures proposées pour «accroître l’adhésion à la base de la pyramide».

«J’aime beaucoup l’idée de recentrer sur le plaisir», a noté la ministre Charest.

«Une chose est certaine ; on ne va pas tabletter ce rapport et on s’engage à y donner suite rapidement», s’est-elle avancée.

Jeunes sans voie 

Au cours de sa présentation, Marc Denis a maintes fois mentionné que 13,6% des joueurs qui atteignent la LNH ne sont pas repêchés. «Au Québec, trop souvent ces joueurs n’ont pas de chemin», a-t-il souligné.

Pour pallier ce problème qui touche particulièrement les jeunes de 17 et 18 ans, le comité suggère encore une fois quelques avenues, dont la mise en place d’un circuit universitaire et la création d’un centre national pour des jeunes qui ne trouvent pas leur place dans la LHJMQ.

Le parahockey et le hockey féminin seraient aussi ciblés pour l’implantation de programmes nationaux.

Le comité a d’ailleurs relevé que pour 1,7 fois la population du Québec, l’Ontario mise sur huit fois plus de joueuses, un phénomène anormal.

«Les dernières années ont donné lieu à des signaux préoccupants quant au sport qu’on chérit tant. Le hockey québécois est sur le point de changer, d’évoluer pour le mieux. Le comité a réfléchi pour faire entrer le hockey dans l’ère moderne», s’est réjouie Mme Charest.

Pas question, cependant, de se tourner vers le modèle du programme de développement américain des moins de 18 ans, qui profite la plupart du temps à des «jeunes extrêmement privilégiés», aux yeux de Marc Denis.

Investissements importants 

Ce dernier et ses acolytes ont souligné l’importance de mettre sur pied un registre des arénas au Québec et d’investir dans les infrastructures désuètes, notamment en misant davantage sur des patinoires couvertes et réfrigérées, moins dispendieuses.

En y ajoutant différentes mesures fiscales pour alléger le fardeau parental quant aux frais d’inscription et autres coûts connexes, la facture pourrait toutefois devenir salée pour le gouvernement et les contribuables.

«Il sera important de se donner les moyens de nos ambitions», a insisté Denis, tandis que la ministre Charest a ressorti ses patins.

«On a reçu le rapport le 22 avril et on n’a pas tous les tenants et aboutissants de comment on va mettre en place les différentes recommandations. On va s’asseoir, discuter avec les partenaires, établir des priorités et les chiffrer. Il y a de gros engagements financiers et on verra la suite des choses», a-t-elle dit.

Et la LNH? 

Et quant à savoir si tout ce travail permettra à terme de voir plus de Québécois percer dans la LNH, Marc Denis se dit évidemment optimiste.

«La réponse courte, c’est oui, on pense que ces recommandations amèneront plus de Québécois dans la LNH, même si ce n’était pas l’objectif premier. L’objectif premier, c’est qu’il y en ait plus, qu’ils soient mieux encadrés et dans un meilleur environnement pour qu’ils restent attachés au hockey plus longtemps. De cette façon, on se donne de meilleures chances.»