Canadiens de Montréal

Larry Robinson rend un vibrant hommage à Guy Lafleur

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«Nous avons perdu deux personnes très spéciales lors des dernières semaines du cancer en Mike Bossy et Guy Lafleur. Ils sont maintenant au paradis. J’espère et je prie qu’ils ne regardent pas encore pour un gros défenseur au ciel.»

Larry Robinson a conclu son témoignage lors des funérailles nationales de Guy Lafleur dans la majestueuse cathédrale Marie-Reine-du-Monde avec cette touche d’humour.   

Robinson a offert un discours bilingue pour son grand complice à l’intérieur de la cathédrale. Il avait fait la même chose sur le parvis de l’église.

Encore droit comme un chêne à 70 ans, l’ancien défenseur a montré son sens de l’humour pour décrire ses plus beaux souvenirs aux côtés du numéro 10.

«Je ne peux pas choisir le plus beau souvenir. C’est un peu comme ouvrir une caisse de bières. Quand tu as bu toutes les bières, c’est difficile de dire laquelle était la meilleure!»

«Quand tu joues 918 matchs avec le même joueur, il y a plusieurs bons moments, a-t-il continué. Mais plus que ça, Guy était une personne géniale à l’extérieur de la glace. Il a toujours donné plusieurs heures pour les fondations et pour la population. Il ne disait jamais non pour signer un autographe. Guy était un grand ami, c’est un jour triste. Mais je regarde autour de moi et je vois à quel point il a touché le cœur des gens. Il était un grand homme.»

Les bouteilles d’eau

Choix de deuxième tour au repêchage de 1971, la même année que Lafleur, Robinson a fait ses débuts avec le Canadien de Montréal en 1972-1973. C’était lors de la deuxième saison du Démon blond.

Ils ont gagné cinq fois la Coupe Stanley ensemble, soit en 1973, 1976, 1977, 1978 et 1979. Au total, Robinson a soulevé à six reprises le gros trophée quand on ajoute la conquête de 1986 où Lafleur n’y était pas.

«Guy était un peu fou comme coéquipier, a dit celui qu’on surnomme le "Big Bird". Il faisait parfois peur aux gars. On était assis dans le vestiaire et on se préparait à sauter sur la glace. Guy pouvait fracasser les bouteilles d’eau et il y allait d’un petit discours de motivation. Il nous disait souvent qu’on voulait jouer au hockey puisque nous ne voulions pas rester à l’école.»

«Guy arrivait toujours le premier à l’aréna. Il avait fumé quatre ou cinq cigarettes et il avait bu cinq cafés. Mais c’était sa routine. Il aimait tellement le hockey. Il me ressemblait pour ça.»

Avant de prendre place à l’intérieur de la cathédrale, Robinson a retrouvé son côté sérieux. Il est devenu les yeux dans l’eau en glissant une dernière phrase pour son coéquipier.

«Je vais réellement m’ennuyer de lui», a dit l’Ontarien d’origine qui réside maintenant en Floride.

Le gars de Thurso

Mario Tremblay a également replongé dans ses souvenirs pour parler du dernier des trois grands ténors du Tricolore après Maurice Richard et Jean Béliveau.

«Guy, c’est un gars de Thurso, a rappelé le Bleuet bionique. Quand je suis arrivé avec le Canadien, il commençait à avoir ses grandes performances. Pendant six ans, il était le premier marqueur ou presque. Moi, je disais aux gars: on est tu chanceux, on est sur le banc, on voit ça tous les soirs, on est payés pour voir ça, c’est de toute beauté!»

«La beauté de ça, c’est que Guy vient de Thurso et il n’a jamais changé malgré son statut de grande vedette. Nous, les plus jeunes, on a appris de ça, à voir ces gars-là avoir autant de succès et à rester humbles. Quand on parle de passer le flambeau... Dans les années 1970, ce sont tous de bons gars. Personne ne se prenait pour un autre. Tout le monde laissait son ego à la porte. Ça, vient de Guy Lafleur, Jean Béliveau, Serge Savard.»

Voyez les propos de Larry Robinson dans la vidéo ci-dessus.