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Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens de Montréal

Guy Lafleur: les souvenirs du jeune Joe Sakic

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Joe Sakic avait seulement 20 ans et il en était à sa deuxième saison à Québec quand Guy Lafleur a mis les pieds dans le vestiaire des Nordiques.

«On était une jeune équipe, en reconstruction, quand Guy Lafleur est arrivé, a dit Sakic mardi. Pour nous, c’était irréel parce qu’on l’avait tous vu joué quand nous étions enfants, à l’époque où il marquait 50 ou 60 buts dans l’uniforme du Canadien de Montréal. On était tous excités de nous retrouver dans le même vestiaire qu’une légende.» 

«Il m’a pris sous son aile. Autant il était un bon joueur de hockey, autant il était une bonne personne. Et peut-être encore plus. Malgré son statut, il faisait sentir tout le monde spécial autour de lui. J’aimais son sens de l’humour. Il était un très bon modèle pour les jeunes de l’équipe. Je le regardais interagir avec les partisans. Comme jeune, tu veux t’inspirer d’un modèle comme lui. Il restait toujours généreux avec les gens.»

Aujourd’hui directeur général de l’Avalanche du Colorado, Sakic a pris le temps de se déplacer à Montréal pour saluer la mémoire de son ancien coéquipier même si son équipe s’apprêtait à ouvrir le jour même le premier tour des séries contre les Predators de Nashville.

«Je voulais y être, c’était juste naturel, a-t-il répliqué. J’ai eu la chance d’être chambreur avec lui sur la route. Il m’a enseigné un paquet de trucs, pas juste sur la patinoire. Guy incluait tout le monde, il respectait tout le monde. Et c’est pour ça que les gens l’aimaient autant.»

Des autographes pour des heures 

À sa première saison en compagnie de Lafleur, Sakic avait atteint le statut de jeune joueur vedette de la LNH avec 102 points (39 buts, 63 aides). Mais sur le plan collectif, les Nordiques ne gagnaient pas souvent. Ils avaient connu la pire saison de leur histoire avec 12 petites victoires et 31 points en 1989-1990.

«Cette saison pesait sur mon moral et Guy le remarquait, a rappelé Sakic. Après un match sur la route, Guy était venu s’asseoir avec moi dans l’autobus et il m’avait parlé. Je ne peux pas répéter exactement les mots exacts. Il y a des choses qui ne se disent pas à la caméra. Mais il avait trouvé les bons mots pour m’encourager.»

Sakic avait réalisé encore mieux l’ampleur du phénomène Lafleur lors d’un périple dans l’Ouest canadien.

«Je me souviens de notre dernier voyage dans l’Ouest canadien. Nous étions à Winnipeg et nous avions attendu une heure à l’intérieur de l’autobus. Guy était dehors et il signait encore des autographes. Il pouvait passer 90 minutes ou deux heures à parler avec les partisans et signer des autographes. À Edmonton, c’était encore plus. Je crois qu’il était resté trois ou quatre heures après le match. Je n’ai jamais oublié ça.»

«Il restait près des gens. Il voulait rendre les partisans heureux, il aimait les gens et il avait un grand cœur. Nous savons ce qu’il a fait sur la glace. Il était une fleur. Je le regardais quand j’étais un enfant. Le Canadien était l’équipe préférée de mon père dans les années 70. Guy était le joueur le plus excitant de cette dynastie. Et j’ai eu la chance de jouer avec lui tôt dans ma carrière.»

«Guy arrivait sur la glace 30 minutes avant tout le monde, même à ses dernières années à Québec, a-t-il poursuivi. Pour les premières minutes, je le regardais avec de grands yeux. Mais je suis rapidement devenu ami avec lui, il avait un don pour te faire sentir bien.»