DOSSIER Guy Lafleur - Signature Nordiques

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Canadiens de Montréal

«Guy a amené de l’espoir»

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Quand on ferme les yeux et qu’on pense à Guy Lafleur, on le revoit immanquablement dans l’uniforme du Canadien. Mais pour les anciens membres de l’organisation des Nordiques, ce n’est pas tout à fait le cas.

Pour eux, autant il a aidé le Tricolore à remporter quatre coupes Stanley consécutives à la fin des années 1970, autant il a insufflé, une douzaine d’années plus tard, une certaine dose d’énergie à une formation en déroute.

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«Il a passé quatre ans avec nous, dont deux comme joueur. C’était gros!», s’est rappelé Marcel Aubut, alors président et actionnaire de l’équipe.

«On était dans une période de reconstruction. Et Dieu sait qu’on a rebâti quelque chose d’important. Mais Guy a amené de l’espoir, celle qui démontre que ça vaut la peine d’attendre, a ajouté M. Aubut. Il était tellement dévoué, gentil et généreux qu’on aurait pu le payer dix fois ce qu’on le payait et on n’aurait pas trouvé ça cher. En retour, il a donné tout ce qu’il avait promis, multiplié par quatre ou cinq.»

Lafleur a été le porte-étendard dont les Nordiques avaient grandement besoin. Au cours des deux saisons que l’athlète originaire de Thurso a passé dans la Vieille Capitale, les Nordiques n’ont remporté qu’un total de 28 matchs.

«On était dans le marasme, a convenu M. Aubut. Il fallait que nos amateurs soient patients.»

Des autographes pendant 5h30

À cette même époque, Jean Martineau occupait le poste de relationniste pour l’équipe. Présent aux funérailles de Lafleur, il a expliqué combien ce dernier avait aidé les jeunes de l’organisation à progresser.

«Ce furent des années très difficiles. On avait un noyau de joueurs qui étaient très jeunes. Joe (Sakic) commençait sa carrière. Il a été le cochambreur de Guy pendant deux ans. Ça a aidé à la transition des jeunes joueurs de cette époque», a-t-il déclaré.

Le 14 février 1991, les Nordiques amorcèrent un périple de six matchs en 10 jours qui les amena, entre autres, dans l’Ouest canadien. Bien au fait qu’il s’agissait de l’ultime passage de la grande vedette, les amateurs de hockey de ces régions, grands partisans du Canadien des années 1970, ont accouru dans l’espoir de le voir une dernière fois.

«Je m’en souviendrai toute ma vie. Je l’accompagnais. À Winnipeg, il avait signé des autographes pendant trois heures et demie. À Edmonton, ça avait duré pendant cinq heures et demie, a raconté Martineau, qui a déménagé au Colorado en même temps que les Nordiques. Il était d’une bonté incroyable en plus d’être d’un joueur de hockey exceptionnel et une légende. Ça ne faisait aucun doute qu’il fallait être ici aujourd’hui.»

Le bon choix de Savard

Aubut soutient qu’il y a plus qu’un simple coup de main à une équipe en déroute pour expliquer la présence de Lafleur chez les Nordiques. C’était également une façon pour le membre du Temple de la renommée de boucler la boucle. De revenir là où tout avait commencé, grâce au tournoi pee-wee, et là où il avait contribué à mettre la LHJMQ au monde, en aidant les Remparts de Québec à remporter la Coupe Memorial.

Des souvenirs indélébiles pour André Savard, coéquipier et voisin de casier de Lafleur dans le vestiaire des Remparts.

«On a vécu de belles années. On a gagné la Coupe du Président, la Coupe Memorial. Je ne connaissais pas Guy. J’avais grandi à Amos et signé à Québec comme agent libre, a raconté Savard, qui a par la suite connu une carrière de 790 matchs dans la LNH. Choisir les Remparts au lieu du Canadien junior de Montréal, c’est probablement une des meilleures décisions que j’ai prises.»

Une tâche colossale

Avant de porter le chandail fleurdelisé, Lafleur a été un adversaire coriace pour les Nordiques. Alain Côté, à qui Michel Bergeron avait donné le mandat de le suivre comme une ombre, en a témoigné.

«J’avais juste hâte que mon shift finisse. Il patinait en tabarnouche et il ne se contentait pas d’être juste nord-sud, il était partout sur la glace», a-t-il lancé.

«C’est le joueur le plus excitant que j’ai affronté. C’est le gars qui nous tenait toujours, même les adversaires, sur le bout de nos sièges. Il se passait toujours de quoi, c’était électrisant», a-t-il ajouté.