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Canadiens de Montréal

Gilbert Perreault salue la mémoire de Guy Lafleur

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Gilbert Perreault représentait l’image forte des Sabres de Buffalo. À cette même époque, Guy Lafleur restait le symbole fort du Canadien de Montréal, une équipe qui collectionnait les conquêtes de la Coupe Stanley contrairement aux Sabres.

Premier de classe du repêchage de 1970 par les Sabres, Perreault a fait son entrée à Buffalo et dans la LNH en 1970-1971. Premier de classe du repêchage de 1971, Lafleur a suivi le centre originaire de Victoriaville en ouvrant le vestiaire du CH lors de la saison 1971-1972.

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«En 1970, je savais que je n’étais pas pour me faire repêcher par le Canadien, a rappelé Perreault. Cette année-là, je crois que le CH avait le huitième choix (5e choix en réalité). C’était l’année que le Canadien perdait ses droits pour les deux premiers Canadiens-Français (joueurs originaires du Québec).»

«J’ai connu la réalité de Montréal en jouant pour le Canadien junior de 1967 à 1970. On avait une bonne équipe de hockey. On avait gagné la Coupe Memorial (1969 et 1970). On pouvait jouer devant près de 20 000 personnes qui t’applaudissent et qui en demandaient toujours plus au Forum.»

«Guy a connu une belle carrière. Montréal était l’endroit idéal pour lui. Pour moi, je ne le sais pas. Je ne le saurai jamais à quoi le CH pouvait ressembler. Mais pour lui, c’était toute une carrière.»

Partout au Canada

Membre clé de la French Connection avec les Sabres et intronisé au Temple de la renommée du hockey, Perreault a appris à connaître Lafleur à l’extérieur d’un rival sur la glace.

«J’ai joué avec Guy pendant 10 ou 15 ans avec la tournée des anciens. Sans Guy Lafleur, je ne pense pas que ça aurait existé. J’ai aussi joué avec lui pour Équipe Canada en 1976 et 1981. En 1981, je jouais avec Guy et Wayne Gretzky. Guy est devenu un ami. C’était bien important pour moi de lui rendre hommage aujourd’hui.»

À sa sortie de sa visite à la chapelle ardente au Centre Bell, Perreault a insisté sur l’immense popularité du Démon blond.

«Avec les légendes, on a fait des matchs tout partout au Canada. On est parti de Terre-Neuve jusqu’à l’Alaska (petite erreur géographique, plus le Yukon). Guy était le gars le plus populaire. Il était toujours en demande. Il pouvait signer des autographes pendant deux heures après une joute. Pour faire ça, ça prend tout un homme.»

Les nœuds de cravate

Michel Lacroix, la voix du Tricolore au Centre Bell, a également salué le numéro dix en cette deuxième journée de recueillement.

«Tu ne peux pas annoncer Guy Lafleur comme tu annonçais Jean Béliveau. C’était une dimension tellement différente. C’était Monsieur Béliveau et c’était Guy.»

Guy, c’était cette grande vedette, mais aussi cet homme de cœur. Jeune journaliste dans les années 70 pour la station de radio CKAC, Lacroix recevait l’aide de Lafleur pour sa tenue vestimentaire.

«À l’époque, nous devions porter des cravates, a-t-il rappelé. J’amenais toujours trois cravates avec moi, mais je ne savais pas comment faire les nœuds. C’est Guy qui faisait les nœuds pour moi. Il se passait la cravate au-dessus de la tête et il me la redonnait.»

Dans sa jeune carrière professionnelle, Lacroix était derrière le micro au Forum pour le septième match de la demi-finale contre les Bruins de Boston en 1979.

«J’ai annoncé plusieurs buts de Guy au Forum. Mais le plus important reste celui de mai 1979 contre les Bruins. C’était le but égalisateur, le quatrième but. Yvon avait marqué le but gagnant en prolongation. J’avais 23 ans environ. Je chaussais les bottines d’un gars qui s’appelait Claude Mouton.»

Un vieux comité !

Gilles Courteau, le commissaire de la LHJMQ, a ajouté sa voix au concert d’éloges pour Lafleur.

«C’était un homme tellement simple et humain. Je l’ai dit et je me fais un plaisir à le répéter. Guy Lafleur est à l’origine de la LHJMQ. C’est lui qui a popularisé cette ligue et qui lui a donné une crédibilité.»

Au mois d’avril 2019, Lafleur avait hérité du titre de plus grand joueur des 50 premières années de la LHJMQ. L’ancien des Remparts de Québec avait devancé Mario Lemieux et Sidney Crosby au scrutin.

«Il était très surpris du résultat, a souligné Courteau. Il était même sous le choc. Il m’avait dit que les gens du comité de sélection devaient être très vieux pour se souvenir des années avec les Remparts de Québec.»