Crédit : Photo d'archives Agence QMI, Simon Clark

UFC

Marc-André Barriault a parié sur lui-même

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Jamais Marc-André Barriault n’a douté de ses propres capacités, mais son futur au sein de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) était somme toute menacé. À Las Vegas, le Québécois avait un as dans sa manche qui lui a permis d’assurer son avenir à moyen terme dans la plus grande compagnie d’arts martiaux mixtes au monde.

En battant Jordan Wright par soumission dès le premier round, samedi, l’athlète de 32 ans a suffisamment impressionné ses patrons pour qu’ils lui offrent un nouveau contrat. Il s’agit d’un troisième pacte avec l’UFC pour lui et ça devrait l’assurer de monter dans l’octogone quatre fois d’ici les 20 prochains mois.

Avec une défaite par K.-O. en seulement 16 secondes en février, Barriault devait être convaincant à sa prochaine occasion, la dernière de son précédent contrat. Le puissant cogneur n’a jamais perdu son aplomb, même qu’il a accepté de se battre plus rapidement que prévu.

«J’ai douté de savoir où je m’en allais avec ça, mais je n’ai jamais douté de moi, car que je sais quel genre de gars je suis et ce que je suis capable d’amener», a expliqué mercredi en entrevue le combattant de la catégorie des poids lourds légers.

Barriault a surtout choisi de se faire confiance, alors qu’il jouait sa dernière carte.

«Quand j’ai reçu l’appel il y a deux semaines, avec 10 jours d’avis pour prendre le combat, je me suis écouté. Je me suis dit: "Marc, t’aurais fait le tour de plein de monde pour savoir ce qu’ils en pensent. Ils en penseront ce qu’ils veulent après, mais toi, qu’est-ce que t’en penses?"», a raconté Barriault, qui a tout de même attendu l’approbation de sa conjointe et de son entraîneur.

Une première soumission

En passant une guillotine à Wright après seulement 2 min 36 s, le Gatinois a signé une première victoire par soumission en carrière. Gagner était avant tout l’objectif, lui qui a dû balayer les traces psychologiques de son dernier revers.

«D’aller chercher une soumission, ma première, ça ajoute énormément à l’histoire. Ça montre qu’en me faisant confiance, je suis en mesure de terminer les combats et de livrer des performances différentes. Je m’accomplis beaucoup là-dedans», a-t-il expliqué, ayant le sentiment d’avoir ajouté une corde à son arc.

«Chaque jour dans le gym, c’est des trucs qu’on travaille, mais en combat, on a pas nécessairement la chance de le montrer. Parfois, le combat va dans une autre direction et on revient beaucoup plus à nos instincts qu’autre chose. Mes instincts, c’est d’avancer avec une bonne pression, avoir une bonne force de frappe et brûler mes adversaires.»

Barriault s’entraîne d’ailleurs depuis un an à Sanford, en Floride. Il a hâte de retrouver sa famille au Québec et ses partenaires d’entraînement de Gatineau avec l’esprit libre.

Avec Charles

Au gala UFC Fight Night 205, son combat précédait celui de son bon ami Charles Jourdain. Ce dernier a imité Barriault en coinçant Lando Vannata dans une guillotine au premier round. Leurs destins sont étroitement liés depuis des années.

«Charles et moi, on vient de TKO tous les deux. On est rentré à l’UFC en même temps. On a des parcours en montagnes russes et c’est la troisième fois qu’on était sur la même carte», a-t-il expliqué.

Mais jamais ils n’avaient gagné lors du même gala. «Je lui ai dit: "Regarde, on va casser la malédiction. Ce soir, on y va tous les deux. 'Let’s go'." On ne pouvait pas imaginer un meilleur scénario que ça», a confié Barriault, qui s’est rapidement retrouvé auprès de Jourdain en arrière-scène pour célébrer leur victoire respective.

Barriault a entendu entre les branches qu’il pourrait se battre à nouveau vers la fin de l’été ou au début de l’automne, possiblement dans un gala à saveur locale à Toronto. Son objectif premier sera de s’approcher du top 15 de sa catégorie, encore et toujours avec le couteau entre les dents.