Gilles Villeneuve

Crédit : Le Journal de Montreal

Canadiens de Montréal

Une amitié profonde entre deux légendes

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

«C’est tellement triste de perdre un autre fleuron québécois, s’est exprimée Joann Villeneuve. Et son décès survient à quelques semaines du 40e anniversaire de la mort de Gilles.»

La veuve de Gilles Villeneuve n’a pas caché, en entrevue au Journal, que le départ de Guy Lafleur l’avait bouleversée.

«Ça me touche, poursuit-elle. Gilles avait non seulement une grande admiration pour Guy, mais une amitié profonde les liait tous les deux. Je me sens privilégiée d’avoir côtoyé ces héros de leur vivant.»

Jacques Villeneuve, lui, était trop jeune pour se rappeler des moments que son père a passés avec Lafleur. Mais il se souvient de l’impact qu’a eu l’ancien numéro 10 du Canadien.

«Il a été l’un des rares athlètes québécois à se démarquer à l’étranger, a indiqué Villeneuve, joint en Italie. En fait, j’ai grandi avec Lafleur sans avoir suivi le hockey. Ça montre à quel point il a été marquant.»

Pour la petite histoire, les deux célébrités se sont connues par l’entremise du gérant de Villeneuve, Gaston Parent, qui avait fait appel à Lafleur pour aider le pilote québécois à dénicher des commanditaires dans une période cruciale.

«Gaston et Gilles étaient venus me rencontrer à la maison en 1976 pour me demander si j’avais des contacts qui lui permettraient de trouver du financement pour terminer sa saison en Formule Atlantique, avait expliqué Lafleur, dans une entrevue accordée au 98,5 FM en 2018. Ça a bien fonctionné, puisqu’il a remporté le championnat cette année-là.»

Dès lors, ils se sont donné rendez-vous à quelques reprises.

«Au Grand Prix de France, s’est souvenue Joann, quelqu’un a cogné à la porte de notre roulotte, et c’était Guy Lafleur. Gilles était surpris, mais surtout heureux de le voir arriver. Il s’est assuré de prendre soin de lui. On s’est bien amusés.»

Des points en commun

Les deux athlètes avaient plusieurs points en commun. Ils étaient entiers, passionnés de leur sport et généreux auprès du public.

Ils étaient aussi reconnus pour leur franc-parler, n’en déplaise à leur employeur.

Lafleur avait invité Villeneuve à venir assister à un match de hockey au Forum de Montréal et à rencontrer les joueurs du Canadien dans le vestiaire. Villeneuve lui avait rendu la pareille en lui offrant un cours de pilotage à Mont-Tremblant et, un peu plus tard, à effectuer quelques tours de roues au volant de sa Formule Atlantique.

Lafleur n’a pas caché, à l’époque, avoir été choqué par le décès du pilote québécois, le 8 mai 1982. On s’imagine que Villeneuve, s’il était encore de ce monde, l’aurait été tout autant en apprenant le départ du Démon blond.

«Salut Guy 10»

Quand il a appris la mort de son idole, le promoteur François Dumontier a fait inscrire vendredi la mention « Salut Guy 10 » à côté de celle de «Salut Gilles», vendredi, au circuit Gilles-Villeneuve sur l’île Notre-Dame. Elle sera conservée sur la piste jusqu’à la visite du cirque de la Formule 1 au Grand Prix du Canada, en juin.

Le pilote Patrick Carpentier, lui, se souvient d’une rencontre mémorable avec Guy Lafleur lors d’une présentation au Centre Bell, à l’automne 2007.

«Le propriétaire de l’équipe à l’époque, George Gillett, avait fondé une équipe en Coupe NASCAR et il m’avait recruté pour piloter sa voiture, raconte-t-il. J’avais accompagné Guy au centre de la patinoire. On portait le même numéro 10.

«Je suis attristé de son décès, mais je retiens aussi le traitement injuste que les médias lui ont accordé quand son fils a eu des problèmes avec la justice.»