Canadiens de Montréal

«J’ai pris une mauvaise décision, ça c’est évident» -Ronald Corey

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Ronald Corey a eu l’occasion de voir jouer Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur. Il a aussi été choyé en travaillant avec la « Sainte Trinité » dans le cadre de ses fonctions à la présidence des Canadiens de Montréal.

S’il s'estime chanceux d’avoir pu épier et côtoyer ces trois légendes, son association avec le « Démond Blond » fait partie de ses plus grands regrets.   

En 1985, Lafleur, nouveau retraité, a eu une dispute salariale avec le Club de hockey canadien concernant un poste dans l’administration et l’ex-vedette a claqué la porte. 

« J’ai pris une mauvaise décision, ça c’est évident, a admis M. Corey lors d’un entretien sur les ondes de TVA Sports, vendredi. Je suis obligé de vivre avec. Heureusement, j’ai gardé une bonne relation avec Guy (plusieurs années plus tard). »

M. Corey a laissé entendre maintes fois que si c’était à refaire, il aurait fait les choses différemment.

Il s’est toutefois repris en 1991, lorsque le célèbre numéro 10 a accroché ses patins une dernière fois.

« Il a travaillé avec moi pour les cinq dernières années de mon mandat. C’était important pour moi. Je lui ai été reconnaissant, confie-t-il. Tout allait bien. Regardez le poste d’ambassadeur qu’il a eu. Il l’avait encore hier. »

Au fil du temps, les deux hommes ont maintenu une amitié cordiale. Jusqu’à la fin de sa vie. En août, il a appelé l’ancien hockeyeur pour l’inviter à un dîner. 

« Il avait l’air stressé parce qu’il allait commencer une nouvelle série de traitements. Je l’ai regardé. J’avais envie de lui parler de beaucoup de choses. Je n’ai pas eu la force, parce que je le sentais trop ébranlé. 

« Je l’ai tenu par le bras et je lui ai dit ‘écoute-moi bien. Moi, je t’aime beaucoup. On est là pour t’aider tout le monde. On est tous ensemble’. On a eu une grosse conversation humaine.»

Les deux hommes se sont reparlé le lendemain afin de prévoir une autre sortie au restaurant, mais celle-ci n’a jamais eu lieu. M. Corey a regardé la cérémonie des Remparts, qui lui ont rendu hommage quelques mois plus tard.

« C’était lourd. La décision que j’avais prise, je la portais en moi. J’ai vu toutes les émotions. Tout le monde au Québec, on a tous pleuré. »