Canadiens de Montréal

En deuil du «petit gars de Thurso»

Laurent Lavoie

Publié | Mis à jour

THURSO | Habités de tristesse, mais aussi de beaucoup de fierté, partisans et résidents de Thurso, la municipalité où Guy Lafleur a donné ses premiers coups de patin, se sont recueillis, vendredi, pour rendre hommage à l’éternel numéro 10.

«Guy Lafleur, c’est un grand homme. Pour nous autres, ici, Guy Lafleur, c’est le petit gars de Thurso», a fait valoir Benoit Lauzon, le maire de cette municipalité de 3000 habitants en Outaouais. 

Tant des connaissances de l’ancien joueur que des résidents des villes avoisinantes se sont rendus devant l’imposante statue de M. Lafleur, devant la mairie. Les bouquets de fleurs s’y sont accumulés au courant de la journée.

Parmi les visiteurs, il y avait Denis Brousseau et Marie-Claude Proteau de Gatineau.

En 2006, leur fils a été impliqué dans un gros accident d’auto, ont-ils raconté. Pour les réconforter, la légende du Tricolore leur avait remis un bâton.

«Il n’avait jamais vu, jamais connu mon fils [...]. Ça m’a beaucoup touché», a raconté M. Brousseau, qui ne se décrit pas comme un fan du Canadien.

«Un gros morceau» 

Certains partisans comme Jean Groulx pleurent quant à eux la source de leur passion pour le CH.

«J’ai 65 ans. J’ai connu Guy dans les années 1970. Si je suis encore fan du Canadien, c’est grâce à lui», a-t-il souligné.

Dès l’annonce de son décès vendredi, les témoignages faisant état de sa générosité fusaient des quatre coins du Québec, un baume pour les proches.

«On a perdu un gros morceau», a lancé avec chagrin une membre de la famille Lafleur, Gisèle Chartrand.

«Il donnait beaucoup de son temps. Les autographes, il n’a jamais refusé ça à personne», a souligné la sœur du Démon blond, Lucie Lafleur.

Tant de souvenirs 

De nombreux souvenirs sont toujours ancrés dans l’imaginaire des résidents du coin.

Par exemple, plusieurs se rappellent que, tout jeune, M. Lafleur se faufilait très tôt dans l’aréna qui porte aujourd’hui son nom, pour tirer à répétition des rondelles.

Ou encore, en 1979, après le défilé de la coupe Stanley, Guy Lafleur s’était sauvé à Thurso avec le trophée. Le hic, c’est qu’il n’avait averti presque personne, ce qui avait causé un certain émoi.

Même dans les dernières années de sa vie, M. Lafleur a gardé un lien étroit avec son village.

«Avant sa maladie, il venait en hélicoptère. On lui a fait une place pour atterrir au garage municipal. Il avait les clés des barrières, il pouvait aller déjeuner avec sa maman», a indiqué Benoit Lauzon.

► La Ville de Thurso tiendra une vigile à la chandelle en hommage à Guy Lafleur dimanche à 20 h à la place Guy Lafleur.