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Patinage de Vitesse

La retraite pour Jacques Grégoire

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Au moment même où le rideau tombait sur la carrière de Charles Hamelin, un autre gros nom du milieu du patinage de vitesse courte piste internationale tirait sa révérence, après 34 ans de services.

Intéressé par le patinage de vitesse en 1985 quand son fils a chaussé les longues lames pour la première fois, à défaut de pouvoir jouer au hockey dès l’âge de 4 ans, l’arbitre Jacques Grégoire a gravi les échelons pour finalement recevoir la consécration ultime en participant aux Jeux olympiques de 2018, à Peyongchang.

«Le club de patinage de Pointe-aux-Trembles m’a embarqué dans le patin et j’ai aimé ça, résume-t-il pour expliquer sa longue carrière sur les plus grandes scènes de la discipline. Je suis arrivé au patinage de vitesse par hasard, mais je suis tombé en amour et j’ai continué quand mon fils a arrêté de patiner après dix ans.»

«Trésorier deux ans après son arrivée au club et président pour plusieurs années, je me suis retrouvé comme vice-président des officiels de la Fédération québécoise et ensuite à Patinage de vitesse Canada, de poursuivre l’homme de 70 ans. J’ai arbitré 325 compétitions au cours de ma carrière, dont 67 à l’échelle internationale depuis ma première, en 2004.»

Coup de cœur

Sa participation aux Jeux olympiques constitue le fait marquant de sa carrière, mais il a préféré un autre événement tenu quelques années plus tôt. «Comme les athlètes, les arbitres visent les Jeux olympiques et ce fut spécial, raconte-t-il. La pression est énorme sur les athlètes, mais aussi sur les arbitres. Mes plus beaux souvenirs sont toutefois survenus en 2012 à Innsbruck, en Autriche, alors que j’ai travaillé comme arbitre en chef des premiers Jeux olympiques de la Jeunesse. C’était une grosse reconnaissance que l’International Skating Union (ISU) me faisait en me confiant cette tâche pour la première édition.»

Grégoire a aussi travaillé dans quatre championnats mondiaux (2012, 2017, 2019 et 2022), un mondial junior (2011) et un mondial par équipe (2010),

compétition qui n’existe plus, et un championnat d’Europe (2020), où il avait disqualifié le relais du pays hôte en finale, qui avait remporté la course, pour s’attirer les foudres des partisans ukrainiens.

L’arbitre a aussi été invité à diriger le trafic en Chine et en Corée à deux reprises lors des sélections nationales de ces deux pays férus du patinage courte piste, en plus de servir de mentor pour les jeunes officiels canadiens.

Dernier tour de piste

Sa présence comme arbitre en chef à Montréal lors des mondiaux qui ont pris fin dimanche avait un cachet spécial pour le Montréalais, alors qu’il a eu droit à une cérémonie sur la glace et aux hommages de ses collègues.

«Ça m’a fait un pincement d’officier ma dernière compétition, exprime-t-il, mais je pensais être plus nerveux. Une fois dans le vestiaire, j’ai reçu des mots gentils et je suis devenu plus émotif. Je suis content que ce dernier événement ait eu lieu à Montréal et que tout se soit bien passé sur la glace avec un nombre très limité de pénalités.»

«Les amitiés tissées au fil de mes voyages partout dans le monde sont l’aspect qui va le plus me manquer.»

Grégoire aurait possiblement continué une ou deux années de plus, mais l’ISU a instauré une règle il y a sept ans qui prévoit que les arbitres doivent quitter à l’âge maximum de 70 ans.

«Depuis deux ans, je m’étais fait à l’idée que je quittais, et malheureusement il y a eu peu de compétitions en raison de la pandémie, indique celui qui considère sa place au centre de la glace comme la meilleure position dans l’aréna pour regarder le spectacle. L’âge limite pourrait descendre à 65 ans lors du prochain congrès de l’ISU. À Pékin, ils avaient rajeuni l’équipe d’arbitres, ce qui est logique selon la politique qu’ils souhaitent mettre en place. Je n’ai pas à me plaindre. J’ai eu la chance de faire de deux à trois compétitions internationales par année, ce qui n’est pas la norme.»

Grégoire confirme qu’il sera présent l’automne prochain alors que Montréal et Laval accueilleront chacune une étape de la Coupe du monde, tout comme aux essais nationaux, en août.

«Ma carrière est terminée, mais j’aime toujours le patin.»