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Crédit : AFP

Golf

Tiger Woods sauve les meubles à Augusta

Publié | Mis à jour

Au département des exploits remarquables, Tiger Woods s’y connaît. Il en a réalisé un autre, vendredi, en résistant au couperet du Tournoi des Maîtres à son grand retour au jeu.

Si prendre le départ en ronde initiale était une victoire en soi, jeudi, il a démontré sa fierté vendredi. 

Par une journée venteuse, les puissantes bourrasques n’ont pas balayé ses espoirs de participer aux rondes finales. Il s’agit d’une autre grande victoire lorsque l’on considère tout le chemin parcouru depuis son terrible accident de février 2021.

En rassemblant ses forces et en se tiraillant du début à la fin avec l’Augusta National, peu commode, il est parvenu à ramener une carte de 74 (+2). Ce rendement lui confère le 19e rang à égalité avec trois golfeurs avec une fiche cumulative de +1.

«Je suis fier de ce que j’ai accompli. Je suis fier que toute mon équipe ait réussi à me mettre dans cette position. On a travaillé fort pour en arriver ici sans essuyer de recul, surtout cette semaine», a salué le golfeur de 46 ans, endolori en fin de journée.

«On continue de progresser», a renchéri le champion de l’édition 2019.

Changement de cap 

Ce n’était pas parfait, loin de là, mais après un départ cahoteux où il a aligné quatre bogueys à ses cinq premiers fanions, le Tigre s’est ressaisi en renversant la vapeur. Par chance, car il se dirigeait tout droit vers sa maison de Jupiter en fin de soirée.

Il chasse encore la rouille de son système après une absence des allées depuis novembre 2020. À son avis, il aurait facilement pu se tirer dans le pied et s’exclure du tournoi. Il a toutefois résisté.

Le typique vent tourbillonnant qu’il connaît pourtant bien l’a dérangé. Il a aussi exécuté de mauvais coups et joué de malchance.

«C’était en partie les conditions et en partie de ma faute. J’ai dit à Joey (son cadet Joe LaCava) qu’il restait encore beaucoup de trous à jouer. Il fallait revenir à la normale d’une façon ou d’une autre. En y arrivant, ç’aurait été un très bon retour de l’arrière.»

En effet, car le quintuple vainqueur du veston vert a longtemps flirté avec le couperet qui est finalement tombé à +4, emportant les Spieth, Schauffele, Koepka, DeChambeau et Rose.

Occasions ratées 

Des oiselets aux 8e, 10e, 13e et 14e l’ont remis dans le coup malgré un court passage à vide aux 11e et 12e fanions où il a enregistré des bogueys.

Woods aurait bien pu accomplir sa mission de revenir à la normale s’il n’avait pas raté une occasion sur la normale 5 du 15e où il a atteint le vert dès le second coup. Une approche au fanion trop agressive l’a empêché d’amasser un autre moineau.

Et après un coup précis sur la normale 3 du 16e, il a raté un roulé de six pieds.

«J’aurais vraiment dû réussir ce roulé, a pesté le golfeur après sa ronde. Autrement, ce fut une bonne bataille. Je suis de retour dans la course. C’est ce qu’il fallait. Mais Scottie (Scheffler) se détache du peloton.»

En effet, avec une priorité de cinq coups après 36 trous, Scheffler a rejoint Jack Nicklaus (1975), Jordan Spieth (2015), Raymond Floyd (1976) et Herman Keiser (1946) au sommet des plus grandes avances. Les quatre avaient gagné.

Et depuis l’incroyable victoire de Nicklaus en 1986, aucun golfeur exclu du top 15 à l’aube des rondes finales n’est parvenu à mettre la patte sur le fameux veston vert.

Tout est possible 

«Ce sera une troisième ronde difficile. Le vent sera encore présent», a rappelé Woods à propos des bourrasques de 45 km/h prévues au bulletin météo.

«Ce sera aussi plus frais, a-t-il ajouté alors que le mercure devrait osciller entre 5 et 15 degrés Celsius. Ce sera le tournoi que le comité attend depuis des années.

«Si je peux me placer à cinq ou six coups de la tête à l’aube de la ronde finale et orchestrer une poussée sur le retour dimanche, j’ai mes chances. Il ne suffit que d’être présent. Ce sera excitant et plaisant pour tous.»

Déjà très soulagés que la grande vedette participe aux rondes finales, les diffuseurs se frottent déjà les mains par cette déclaration. L’audimat devrait exploser.

Pourrait-on assister à un miracle, dimanche? Dans ce département, Tiger s’y connaît aussi. Tout est possible.

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Conners dans la course 

Les années se suivent et se ressemblent pour le Canadien Corey Conners. Placé au 10e rang à -1, il se trouve en plein cœur de la course pour les rondes finales.

L’an dernier, il se trouvait au 13e échelon après 36 trous et au sixième à l’aube de la ronde finale. Il avait terminé au huitième rang, alignant ainsi un second top 10 de suite.

N’eussent été deux bogueys de suite en fin de parcours, l’Ontarien pourrait figurer dans le top 5.

Mais comme le dit le dicton : «Avec des “si”, on va à Paris, avec des “ça”...», on reste à Augusta! C’est le nouveau dicton des dieux du golf.

Trêve de plaisanteries, Conners a ramené une carte de 73 (+1) en début d’après-midi, vendredi.

Avec les vents qui gagnaient en puissance au fil de cette deuxième ronde du Tournoi des Maîtres, il a terminé au bon moment.

Car, en fin de journée, il fallait une laine et bien attacher sa calotte sur le parcours. Les vents soutenus de 20 à 30 km/h et les rafales frôlant les 50 km/h ont passablement ennuyé les golfeurs ayant pris le départ en fin d’avant-midi.

Peu de rouge 

Seulement 13 des 90 golfeurs au tableau ont brisé la normale.

«Depuis quelques trous, le vent soufflait nettement plus fort. Je suis bien content d’avoir pris le départ en matinée, a expliqué celui qui a terminé vers 13 h 45.

«Je n’avais jamais joué ce parcours avec autant de vent, a enchaîné celui qui participe à son cinquième Masters. Je crois avoir offert une autre solide performance. Je me suis battu avec férocité. J’ai sauvé de bonnes normales. J’ai effectivement perdu quelques coups vers la fin, mais ce fut une solide journée de travail», a résumé celui qui a commis des bogueys aux 16e et 17e.

En revanche, il peut remercier les gardiens du Amen Corner qui l’ont épargné au 12e. Car sa balle qui a touché la surface du vert de cette redoutable normale 3, a révolutionné et reculé dans la pente surplombant Rae’s Creek sans y couler.

Il a tiré profit de ce coup de chance avec une approche coupée qu’il a envoyée directement au fond de la coupe.

«J’ai réussi à me sauver avec un oiselet. Je croyais avoir exécuté un bon coup de fer 8 sous le vent. J’ai atteint ma cible. J’avais aperçu ce petit plateau au-dessus de la fosse de sable lors de la première ronde. Mais en reculant, ma balle aurait très bien pu tomber à l’eau. La chance m’a souri deux fois avec cette approche calée.»

En bataillant contre le vent, Conners a tout de même réussi à toucher 10 des 14 allées, mais il s’est surtout signalé avec son jeu court.

En atteignant 11 des 18 verts en coups prescrits, le Canadien de 30 ans a raconté avoir éprouvé des difficultés à juger les vents.

«Dans ces conditions, c’est beaucoup plus difficile d’exécuter des coups parfaits, donc il faut se rabattre sur le jeu court. Il faut le maîtriser. Mais il faut aussi éviter les pièges. Je me sens bien sur ces verts.»

Scheffler et Thomas à part 

Parmi les scores dans le rouge, vendredi, Scottie Scheffler n’en avait que faire des vents. Le numéro un mondial a réalisé sept oiselets et signé une deuxième carte de 67 (-5) pour s’installer seul aux commandes du tournoi avec une fiche de -8. Avec cinq coups d’avance sur Charl Schwartzel, Sungjae Im, Shane Lowry et Hideki Matsuyama, le champion en titre.

Justin Thomas en est un autre qui a connu une excellente journée malgré les conditions. Une ronde de 67 (-5) lui a permis de bondir de 60 rangs au tableau et de s’installer en 10e position.