WWE

«Les Crosby et Ovechkin de la lutte québécoise»

Publié | Mis à jour

La Belle Province est mieux représentée que jamais dans le monde de la lutte professionnelle et la performance historique de Kevin Owens en finale de WrestleMania, samedi, en est la preuve la plus flagrante.

Le Marievillois a eu la lourde tâche de jouer le rôle du vilain lors du retour tant attendu du légendaire Steve Austin dans la World Wrestling Entertainement (WWE), lui dont le dernier combat remontait à 2003. Un défi complexe qu’a relevé Owens haut la main. 

«Il a lutté avec un homme de 57 ans qui n’avait pas lutté depuis 19 ans, qui devait être nerveux et avoir certaines réserves également», a noté l’historien de la lutte et commentateur à TVA Sports Pat Laprade, joint au téléphone en direct du Texas, où WrestleMania a lieu cette année.

«Stone Cold» a dû mettre fin à sa carrière de façon prématurée, en 2003, en raison d’une blessure au cou. Sa condition physique ne lui permet ainsi pas de manœuvrer à sa guise aujourd’hui, complexifiant la tâche pour Owens.

«Hier [samedi], Kevin Owens a fait paraître Steve Austin pour le Steve Austin qu’on avait connu il y a 19, 20 ans. C’est toute une performance et on a de quoi être fier de notre Québécois», a louangé Laprade.

Les deux pugilistes ont offert samedi un combat haut en rebondissements dont la longueur de 14 minutes a surpris les amateurs de lutte. Le duel a pris fin lorsque Owens a reçu au visage son propre coup de chaise, qui a rebondi sur les cordages après avoir été esquivé par le favori de la foule. Austin a ensuite clos les hostilités à l’aide de sa manœuvre signature, le «Stunner», devant une foule texane en liesse.

Des talents générationnels 

Owens n’est pas le seul lutteur québécois à l’avant-plan de la scène mondiale de la WWE : son acolyte de toujours, le Lavallois Sami Zayn, s'est frotté dimanche à la vedette de la série de films grivois «Jackass» Johnny Knoxville, avec qui il a développé une rivalité dans les dernières semaines.

Ce dernier a finalement défait Zayn à l'aide de ses collègues de «Jackass».

«Le fan de "Jackass" a trouvé ça excellent. Le néophyte a trouvé ça divertissant. La foule sur place a semblé bien apprécié le spectacle offert. C’est ça, WrestleMania: le sport qui rencontre le divertissement, a expliqué Laprade.

«Une célébrité comme Johnny Knoxville permet à un gars comme Sami Zayn de se faire connaître par un milieu qui ne le suit pas nécessairement. C’est à ça que servent les célébrités : amener de nouveaux visages vers la WWE.»

Ce dernier ne passe pas par quatre chemins pour décrire la paire d’athlètes que sont Owens et Zayn : ils sont les «[Sidney] Crosby et [Alexander] Ovechkin de la lutte québécoise», selon lui.

«Ce sont des talents générationnels. Ces deux gars-là ont grandi ensemble dans cette business-là. Il n’y a pas si longtemps, ils œuvraient dans des sous-sols d’église, des bars, des salles communautaires.

«Ça permet aux jeunes [Québécois] d’avoir des héros, de voir Kevin Owens et Sami Zayn et de se dire: “Peut-être que j’essaierais ça, la lutte professionnelle”», a conclu Laprade.