Patric Laprade

Le Québécois Mike Bailey commence sa fin de semaine en force!

Le Québécois Mike Bailey commence sa fin de semaine en force!

Patric Laprade

Publié 01 avril
Mis à jour 01 avril

La fin de semaine de WrestleMania est devenue, depuis plusieurs années maintenant, le rendez-vous des artisans du milieu. La journée dans le calendrier où promoteurs, lutteurs, arbitres, commentateurs et j’en passe, ainsi que leur penchant féminin, se rencontrent tous au même endroit, comme si le futur de l’industrie en dépendait.  

J’exagère peut-être en disant que le futur de la lutte en dépend, mais le futur de certaines personnes serait un propos beaucoup plus réaliste.  

Je vous ramène en 2018, alors que la fin de semaine de WrestleMania se passe du côté de la Nouvelle-Orléans.  

Le Québécois Carl Ouellet, mieux connu sous le nom de PCO, venait tout juste de tenter un retour après quelques années d’absence. Lors d’un spectacle intitulé le Joey Janela Spring Break, un événement reconnu pour son côté plus ludique, plus fou et spécial, disons, qui débute toujours à 23h59, PCO y affronte un géant autrichien du nom de WALTER. Les deux offrent un combat à couper le souffle, dont tout le monde entend parler dans les jours qui suivent.  

Si bien que la valeur de PCO se met à augmenter. Les offres se multiplient. Et depuis, PCO est devenu champion de Ring of Honor, a signé deux contrats avec cette compagnie, un contrat plus récent avec Impact et il connaît depuis, d’un point de vue financier, les plus belles années de sa vie.  

Tout cela parce que sa performance lors de la fin de semaine de WrestleMania, aux petites heures de la nuit, lui a ouvert les portes qu’il avait besoin.  

Revenons en 2022.  

PCO, Mike Bailey, LuFisto et Evil Uno sont en ville 

Vous avez beaucoup entendu parler des Québécois Kevin Owens et Sami Zayn qui se produiront sur la grande scène qu’est WrestleMania. Et à juste titre.  

Toutefois, vous devez aussi savoir que quatre autres Québécois nous représentent ce week-end: PCO, Mike Bailey, LuFisto et Evil Uno.  

Aucun des quatre n’a besoin d’un match comme celui de PCO en 2018. Cependant, une bonne performance ne peut jamais nuire.  

C’est le cas de Mike Bailey.  

Le natif de Laval a la chance de revivre depuis un an, alors qu’il lui est possible de revenir lutter aux États-Unis après une longue absence de cinq ans. Et il en profite pleinement.  

Tout le monde le veut en ce moment. Et cette fin de semaine en est la preuve. Bailey luttera au bout du compte un total de huit fois en trois jours. Vous avez bien lu, 8 fois en 3 jours, un des horaires les plus chargés du week-end.  

Jeudi, il en avait deux. Aujourd’hui quatre. Et demain deux autres. De plus, ce n’est pas comme si ses adversaires étaient des inconnus : Jay White, Alex Shelley et Davey Richards pour n’en nommer que quelques-uns. Hier soir, son combat au Mark Hitchcock Supershow face à Bandido, cette vedette de la lucha libre et champion de Ring of Honor, lui a valu la mention de match de la soirée par les amateurs et la bourse de 2 500$, une initiative du promoteur WrestleCon. De ce que j’ai pu apprendre, on avait laissé les règles assez lousses pour que justement, tout le monde puisse tenter d’offrir une performance qui plairait aux fans.  

Même la conjointe de Bailey, la lutteuse et commentatrice Veda Scott, en aura plein les bras cette fin de semaine. Si Bailey luttera huit fois, Scott, de son côté, sera aux commentaires de huit événements. Qui se ressemble s’assemble, pas vrai? Scott est l’une des meilleures analystes du monde de la lutte, hommes ou femmes, promotions majeures ou indépendantes. Elle mérite d’être mieux connue pour ce rôle et je lui souhaite qu’elle puisse faire écarquiller davantage d’yeux sur son travail après ce week-end.  

L’an dernier, WrestleMania nous avait présenté un combat entre deux Québécois, Kevin Owens et Sami Zayn. Ce soir, ou devrais-je dire cette nuit, nous aurons la version indépendante alors que Bailey va affronter PCO au Joey Janela Spring Break. Un match que je ne voudrais certes pas rater! Je vous en reparle demain.  

La fois où PCO était presque le plus jeune! 

Parlant de PCO, il faisait les frais d’un match hier soir les plus improbables que j’ai pu voir en plus de 20 ans dans ce business.  

Annoncé seulement comme étant Équipe PCO contre Équipe Onita, pour Atsushi Onita, cette légende du Japon reconnue pour ses matchs extrêmes et avec explosifs, les membres des deux équipes n’ont été annoncés qu’au début du combat.  

Et comment je vous expliquerais bien ça? 

On a atteint le sommet de ce match lors des présentations des lutteurs! Je vous jure.  

Premièrement, les coéquipiers de PCO étaient N-Zo, pour l’ancien Enzo Amore de la WWE, qui y est allé de ses classiques au micro du temps qu’il faisait équipe avec Big Cass. Ensuite, Jimmy Wang Yang. Oui oui, le cowboy nippon, qui a eu droit à un chant de « cowboy shit » en référence au champion d’AEW, Adam Page. Puis, s’est amené Barry Horowitz, celui-là même qui luttait – et perdait – à la WWE dans les années 1980. Il était toujours capable de se taper dans le dos, mais il avait beaucoup plus de difficulté à monter dans l’arène. Une blessure à la hanche qu’on me dit. Et pour finir, Dirty Dango, l’ancien Fandango de la WWE.  

Vous n’en avez pas assez? Ok.  

Équipe Onita. Les Rock N Roll Express, Robert Gibson et Ricky Morton, qui ont connu leur sommet en carrière dans les années 1980 en rivalité avec les Midnight Express de Jim Cornette. Juice Robinson, un des meilleurs gaijin (non-Japonais) à New Japan Pro Wrestling. Il a aussi la distinction d’avoir affronté Kevin Owens au tout premier match de ce dernier avec NXT en décembre 2014. Et finalement Colt Cabana, ce vétéran du circuit indépendant qu’on peut aussi voir à AEW.  

Éclectique ou atypique sont les mots qui me viennent en tête. Jamais, dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pensé mettre ces personnes en équipe et encore moins dans une même arène.  

Le match fut très ordinaire. Il fallait s’y attendre. À 54 ans, PCO faisait presque baisser la moyenne d’âge! Gibson et Horowitz ont 63 ans. Morton 65. Je n’ai jamais vu un match où les risques de blessures à la hanche étaient si élevés!  

PCO a travaillé le plus fort qu’il pouvait, comme à son habitude, mais ce n’était pas ce genre de combat. C’était un match pour les thèmes d’entrées. Thèmes d’entrées et de sorties, alors que Dango a amené Summer Rae dans l’arène après le son de la cloche pour reprendre leur duo de danse du temps qu’ils travaillaient pour la WWE, tout ça sous la musique qui l’avait rendu si populaire en 2013 déjà (celle où les amateurs chantaient en levant leur doigt dans les airs). 

Ouellet aura la chance ce de se reprendre lors de l’événement d’Impact plus tard aujourd’hui. Il fera équipe avec Josh Alexander face à Moose et Jonah, dans ce qui devrait être l’un des meilleurs matchs sur la carte.   

Renouer avec la bande 

De son côté, LuFisto, la seule femme du groupe, n’est pas en reste. Elle se produira trois fois, dont lors des deux seuls événements tout féminins de la fin de semaine. Je vous en parlerai davantage dimanche, alors que j’aurai assisté à l’un de ses spectacles, soit Mission Pro Wrestling, la compagnie appartenant à la championne féminine d’AEW, Thunder Rosa. De son côté, Evil Uno, l’un des quatre Québécois à AEW, est en ville que pour des séances d’autographes et de photos.  

C’est d’ailleurs hier que les festivités débutaient alors que la plus grosse convention de lutte, WrestleCon, ouvrait ses portes. Tout le gratin de la lutte professionnelle, ne travaillant pas pour la WWE, s’y trouvait. 

J’ai pu renouer avec plein de monde que je n’avais pas vu depuis deux, sinon trois ans à cause de la pandémie. Des personnes telles que Victoria (Lisa Marie Varon), Rachael Ellering, Chris Hero, Athena (l’ancienne Ember Moon), Chelsea Green, Deonna Purrazzo, Allysin Kay, Marti Belle, Josh Alexander, Honky Tonk Man, Cary Silkin, Colt Cabana et j’en passe!   

On se serait cru à une réunion du secondaire, c’était vraiment le sentiment sur place. Même si l’an dernier il y avait eu un WrestleCon à Tampa, il y avait encore des règles sur la limite de personnes pouvant y être admise, il était plus difficile de voyager, surtout pour nous au Canada. Alors cette année, on a vraiment le sentiment de pouvoir se retrouver tous ensemble pour la première fois depuis 2019. Des câlins, des poignées de mains, on prend des nouvelles, on est contents de se voir. La lutte, c’est une belle grosse famille! 

La fin de semaine de Kevin Owens débute 

En même temps, la WWE débutait aussi sa propre convention, qui a changé quelque peu d’avec les années passées. Auparavant, la WWE séparait deux environnements: son Superstore, ce gros magasin où on peut acheter à peu près tout ce qu’on veut de la WWE, de même qu’Axxess, la partie qui ressemblait le plus à ce qu’on peut trouver au Temple de la renommée du hockey: artéfacts, jeux interactifs, signatures d’autographes, prises de photos et même quelques matchs.  

Cette année, la WWE a décidé de mixer les deux. 

On a donc droit au Superstore Axxess, alors que dans une même grande salle de convention, on y trouve tous les articles promotionnels à vendre, de même qu’une version réduite d’Axxess, sans prises de photos et signatures d’autographes gratuites, sans matchs et avec une quantité plus réduite d’artéfacts.  

Jeudi, le Québécois Kevin Owens y était pour faire une entrevue. Il est énormément en demande étant donné sa confrontation avec « Stone Cold » Steve Austin. Owens a été égal à lui-même. C’est à dire drôle, pertinent, ne manquant pas une chance de parler d’Austin ou du Texas et étant tellement à l’écoute de tout ce qui se passe autour de lui, comme dans un match d’ailleurs, qu’il répondait même aux questions non désirées des amateurs qui se trouvaient sur place. Un phénomène!  

J’ai eu la chance de lui parler quelques minutes, la première fois que je le voyais en personne depuis plus de trois ans. Il m’a eu l’air en forme, dans un bon état d’esprit et m’a donné l’impression du gars qui ne voudrait pas être ailleurs que dans cette position cette fin de semaine. Je suis vraiment content pour lui.  

Deux de six! 

N’oubliez pas que ceci est le deuxième de six blogues. Hier, je vous ai partagé mon entretien avec Kevin Owens en marge de WrestleMania. Demain, je vous reviens avec un retour sur ma journée, mes impressions de SmackDown, de la cérémonie du Temple de la renommée, du Joey Janela Spring Break, ainsi que mes prévisions pour le premier soir de WrestleMania.