CF Montréal

Un heureux hasard pour Gabriel Gervais

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C’est par un beau concours de circonstances que Gabriel Gervais est devenu président et chef de la direction du CF Montréal.

En 2020, le propriétaire Joey Saputo décide de prendre ses distances et crée un bureau de la direction. Il demande alors à Gabriel Gervais de s’y joindre comme représentant des anciens. Puis la pandémie frappe et les rencontres sont rares.  

Avance rapide à décembre 2021, et laissons Saputo raconter l’anecdote.

«Il m’a offert son aide parce que Kevin Gilmore venait de partir. Nous sommes allés dîner, nous avons discuté de ce qui pourrait être fait pour l’organisation et pendant ce temps, on recevait des CV pour le poste de président.»

«Au milieu du lunch, il m’a demandé ce que je penserais s’il soumettait sa candidature et je lui ai répondu que ça avait été long avant qu’il en parle», a laissé tomber en souriant Saputo.

Un rêve réalisé 

«C’est un grand honneur et un privilège pour moi d’être président et chef de la direction. C’est un grand rêve qui se réalise et c’est un retour à la maison.»

Ce début d’allocution était bien senti pour Gervais, qui a marqué les beaux jours de la renaissance du club de 2002 à 2008.

«Ça fait près de 20 ans que j’ai enfilé le maillot de l’Impact, c’était en mai 2002. C’était le début d’une aventure qui a duré sept ans.»

«On a eu beaucoup de succès à l’époque et ce qui est le plus précieux pour moi, ce sont les amitiés que j’ai développées et qui perdurent aujourd’hui», a-t-il dit dans ce qui finalement résume l’essence du sport.

Gervais œuvrait au sein de la firme de services professionnels Deloitte depuis 2009. Il y était associé, alors pourquoi quitter un poste aussi intéressant?

«J’étais très heureux chez Deloitte, j’y étais depuis 13 ans et je ne cherchais pas à quitter. Par un heureux concours de circonstances, je me suis retrouvé dans le processus pour la présidence [du CF Montréal].»

«Je me voyais, à 62 ans, prendre ma retraite comme associé. La seule place qui pouvait me faire partir, c’était pour revenir ici.»

Une fenêtre d’opportunité s’est présentée et elle a tout changé.

Une grande confiance 

On a senti hier chez Saputo une volonté de revenir aux sources, de reconquérir les partisans. Comme pour relancer la relation qui s’est effritée ces dernières années.

«Nous étions à la recherche d’une personne qui incarne les valeurs de notre famille et de cette organisation.»

«Nous voulions aussi quelqu’un qui connaît bien le soccer, la gestion d’entreprise et le Québec inc. Gabriel possède toutes ces qualités.»

Sans vouloir dénigrer Kevin Gilmore, l’ancien président, Joey Saputo a mentionné : «On avait quelqu’un qui voulait apprendre. La seule différence, c’est qu’on a quelqu’un qui connaît la réalité du soccer en Amérique du Nord.»

Gervais a parlé avec confiance hier sans jamais s’approcher de l’arrogance. Il s’agit plutôt d’une force tranquille qui est de nature à mettre les gens autour en confiance.

On a donc envie de le croire quand il s’estime bien équipé pour affronter son nouveau défi.

«Si j’ai accepté le poste, c’est que très humblement je pense que mon bagage d’expérience peut aider à amener l’équipe à un autre niveau.»

«Je veux la faire rayonner au Québec, sur la scène nationale et internationale. Pour rayonner, il faut être visible dans notre communauté.»

Le stade 

Parmi les priorités de Gervais, il y a le Stade Saputo qui a besoin d’être remis au goût du jour.

«Si vous regardez les nouveaux stades de la MLS, il n’y a pas de secret, il y a certaines améliorations qui doivent être faites pour rester au standard de la ligue», a reconnu le nouveau président.

Comme Saputo n’est pas propriétaire du terrain sur lequel le stade est construit, il doit agir avec prudence quand il élabore des plans de rénovation.

«Si je fais un investissement, il faut que j’aie un certain retour pour la durée du bail que j’ai pour le terrain du stade.»

Discussions avec la Ville 

«Je n’ai jamais eu de pourparlers avec la Ville parce qu’avant de discuter avec des partenaires, je dois avoir un plan en sachant exactement combien je veux dépenser, combien ça va me coûter et comment la Ville et le Parc olympique peuvent être des partenaires.»

«Une fois que j’aurai tout en main, là je pourrai m’asseoir avec la Ville», a terminé le propriétaire en disant espérer que le dossier progresse cette année.