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F1

Grand Prix d’Arabie saoudite: excitant duel Verstappen et Leclerc

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Après avoir été trahi par la mécanique de sa Red Bull lors de la manche inaugurale de la saison 2022 de Formule 1, la semaine précédente à Bahreïn, Max Verstappen a remis les pendules à l’heure en remportant, hier, le Grand Prix d’Arabie saoudite.

Le champion du monde en titre s’est imposé devant Charles Leclerc (Ferrari) au terme d’un duel de haute voltige qui a fait le délice des amateurs de la discipline-reine du sport automobile.

Comme quoi la nouvelle réglementation visant à raviver le spectacle sur la piste porte déjà ses fruits.

Ce chassé-croisé entre ces deux jeunes loups, issus d’une nouvelle génération de pilotes doués, a su marquer les esprits. La nouvelle saison est officiellement lancée.

Toujours aucun point

En revanche, c’est un autre week-end désastreux qu’ont vécu Lance Stroll et l’écurie Aston Martin.

En fait, les deux monoplaces de l’équipe dirigée par Lawrence Stroll ont été les dernières à rallier l’arrivée, soit à la 12e place pour Nico Hülkenberg et à la 13e pour le Québécois, qui a concédé un tour au vainqueur. Toutes les autres voitures n’ont pas terminé l’épreuve.

Le parcours de Stroll s’est conclu par un accrochage avec Alex Albon, dont la responsabilité lui vaudra trois places de pénalité au prochain Grand Prix, en Australie.

«C’est dommage que nous ayons terminé les derniers tours avec une voiture endommagée [conséquence de la collision avec Alex], s’est exprimé Stroll. Je pensais que je lui avais laissé suffisamment de place... Heureusement, a-t-il enchaîné, la saison est longue et on aura l’occasion de se ressaisir.»

Deux fois plutôt qu’une

Peu importe, c’est un début de saison lamentable pour Stroll et sa formation. Aston Martin est l’une des deux seules écuries du plateau à ne pas avoir inscrit le moindre point au tableau après les deux premières étapes du Championnat du monde.

L’autre étant Williams, qui a repris ses mauvaises habitudes de rouler en queue de peloton. On retiendra notamment que le Torontois Nicholas Latifi a fait parler de lui pour les mauvaises raisons. Encore une fois. Sa sortie de piste (une deuxième en deux jours) provoquera l’intervention de la voiture de sécurité et aura probablement coûté à Sergio Pérez, détenteur de la position de tête, une place sur le podium et, qui sait, une troisième victoire en F1.

Débat musclé

Attaque, contre-attaque et ainsi de suite... le duo Verstappen–Leclerc, qui se dégage comme favori en 2022, a offert un superbe spectacle en luttant pour la victoire lors des huit derniers tours.

«C’était difficile, mais tout s’est bien déroulé à la fin pour nous, a déclaré Verstappen, qui a signé la 21e victoire de sa carrière. Nous étions rapides en lignes droites et les Ferrari étaient très à l’aise dans les virages.»

L’Espagnol Carlos Sainz complète le podium, profitant lui aussi du regain de forme de la Scuderia à la faveur de la refonte du règlement technique de cette année.

«C’était bien, quoique pas suffisant pour gagner, a déclaré Leclerc, qui conserve la tête au classement cumulatif des pilotes. La lutte a été intense, mais juste. Les courses devraient être toujours comme ça. C’était amusant, même si je suis évidemment déçu de ne pas avoir gagné.»

Dur pour Hamilton

Dans un début de saison décidément décevant pour Mercedes, le septuple champion du monde Lewis Hamilton, que 15e sur la grille de départ, a récolté le dernier point en terminant au dixième rang.

De cette épreuve, on retiendra aussi l’affrontement particulièrement musclé entre Fernando Alonso et Esteban Ocon, partenaires chez Alpine.

Ce duel, qui a duré pendant quelques tours, aurait pu mal finir, mais bon, tout pilote vous dira que votre principal rival, c’est votre coéquipier.

– Avec l’AFP

L’escale de la... peur

Cette deuxième visite en Arabie saoudite du cirque de la Formule 1 en moins de quatre mois s’est déroulée dans la controverse. À part le sévère accident dont a été victime Mick Schumacher samedi, c’est aussi la sécurité hors du circuit qui a alimenté les discussions. Une attaque au missile, vendredi, dans un entrepôt de carburant de l’entreprise Aramco (situé à une dizaine de kilomètres de la piste), a fait craindre le pire. Si bien que les dirigeants de la F1, les pilotes et les chefs d’écuries se sont réunis après cet attentat pour déterminer si la course devait bel et bien avoir lieu. Il a finalement été convenu que le feu vert était donné pour cette escale de la... peur qui, en fin de compte, s’est terminée sans heurt. On retiendra aussi que le tracé urbain de Jeddah est considéré comme l’un des dangereux en F1 et que ce pays est reconnu pour bafouer les droits de la personne. Mais bon, le fond de l’histoire, c’est que l’Arabie saoudite est la nation qui paie les droits d’entrée les plus élevés parmi les 23 destinations du championnat. On parle ici d’un montant avoisinant les 70 millions de dollars américains. Ainsi, comment la F1 peut-elle résister à une offre aussi alléchante pour renflouer ses coffres ?

Du respect... pour le moment

Malheureux deuxième après avoir été incapable de résister à l’assaut tardif du vainqueur, Max Verstappen, Charles Leclerc n’a pas caché avoir apprécié son duel avec le champion du monde en titre. « La bataille a été dure, mais saine, a déclaré le Monégasque. On se respecte tous les deux. » Reste maintenant à savoir si cette rivalité va rester... propre bien longtemps. À suivre.