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À VOIR : un percutant K.-O. de Mbilli!

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Christian Mbilli est plus jeune et moins expérimenté que Nadjib Mohammedi, mais cela ne l’a pas empêché de servir un K.-O. spectaculaire à son rival lors du combat principal du gala d’Eye of the Tiger Management (EOTTM), au Cabaret du Casino de Montréal samedi.

Le Français de 26 ans (21-0, 19 K-O.) a mis un terme au pugilat au cinquième round avec une puissante frappe au visage de Mohammedi (44-9, 27 K-O.). Ce dernier est tombé comme une masse sur le dos après avoir reçu le choc.

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«Je pense que j’ai bien réussi, a lancé humblement le vainqueur après le combat. Il avait une boxe assez compliquée.»

Mbilli a établi sa dominance au quatrième round en accentuant la pression sur Mohammedi. Faisant preuve de plus d’audace, il a essuyé quelques répliques du boxeur de 37 ans, mais aucune aussi puissante que le crochet gauche qu’il lui a servi en fin d’engagement.

«Je n’ai pas douté, mais j’ai su au bout du quatrième round qu’il fallait que j’en fasse plus», a enchaîné Mbilli, qui a expliqué qu’il s’est abondamment servi de sa gauche puisque Mohammedi «s’attendait à une droite chaque fois».

Son entraîneur Marc Ramsay lui avait d’ailleurs lancé un défi pour ce duel : faire preuve de retenue dans les premiers instants du combat.

«Sa boxe est très offensive, très présente dès les premiers moments, a décrit le Québécois. C’est un combat où je voulais [qu’il] retienne ça en première partie de combat. Je lui demandais quelque chose [qui] est contre sa nature.»

Pourtant, aussitôt les hostilités lancées, les deux pugilistes n’ont pas attendu de s’étudier avant d’enchaîner les assauts. Mbilli a d'ailleurs servi une gauche prémonitoire au visage de son rival.

«Solide» avait serré l’étau autour du vétéran au deuxième round, lui faisant visiter les cordages à plusieurs reprises.

Mbilli a ainsi conservé sa ceinture du World Boxing Council (WBC) Continentale des Amériques chez les super-moyens devant le Québec et la France, puisque ce combat avait lieu en début de soirée pour permettre aux amateurs de l’Hexagone d’admirer le travail de deux produits français. Mbilli s’est d’ailleurs désolé qu’un «collègue ait fait les frais» de ce spectaculaire K.-O. Mohammedi a quitté le Casino en ambulance et son état de santé était encore évalué samedi soir.

Prêt pour un top 5 mondial

Christian Mbilli n’a surpris personne en remportant son combat lors du gala d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) de samedi, mais sa performance a confirmé qu’il était prêt à passer à la prochaine étape.

Des vidéos du K.-O. percutant qu’il a infligé à Nadjib Mohammedi au cinquième round ont d’ailleurs amplement circulé sur les réseaux sociaux. Cela ne fera pas de mal à la réputation de Mbilli, qui cherche à se tailler une place parmi les plus grands.

«Il est tellement fatigant et il met tellement de pression, a complimenté le promoteur Camille Estephan après le pugilat au Casino de Montréal. Mais là, il a démontré qu’il avait une puissance. C’est tout un message.»

Auteur de 19 K.-O. en 21 combats professionnels, le Québécois d’adoption avait prouvé dans le passé qu’il pouvait envoyer des adversaires au tapis. Pour son entraîneur Marc Ramsay, Mbilli n’a besoin que de perfectionnement pour atteindre les plus grandes scènes.

«On essaie de pousser tous les boutons vers le haut et non pas pallier une faiblesse, a-t-il indiqué. Il est très stable comme boxeur en offensive et en défensive.»

Le duel Mbilli-Mohammedi a d'ailleurs été présenté en milieu de carte pour qu’il soit accessible aux amateurs de boxe en France. Selon Estephan, les retombées de ce combat pourraient être réinvesties dans un gala dans l’Hexagone contre un «bien meilleur adversaire».

«Ça nous [met] tellement dans une bonne place maintenant. On va pouvoir pousser pour un top 5 mondial. C’est juste une question de temps avant qu’il ait sa chance.»

Danyo trahi par son genou 

Dans l’autre combat principal à l’affiche samedi, le Montréalais Artem Oganesyan (13-0, 11 K.-O.) n’a jamais été inquiété face à Stephen Danyo (20-5-3, 7 K.-O.), l’emportant par K.-O. technique.

Le Néerlandais a été forcé à l’abandon au cinquième round en raison d’une blessure au genou droit. Peu importe l’issue du duel, Oganesyan était toutefois assuré de conserver sa ceinture des mi-moyens de la North American Boxing Federation puisque Danyo n’avait pas respecté la limite de poids établie à 154 lb avant le combat.

Plus tôt dans le gala organisé par EOTTM, Joshua Frazer (2-0, 2 K.-O.) a été particulièrement expéditif. Son rival Luis Granados Gonzalez (4-9-1, 2 K.-O.) a visité le tapis dès le premier round et y est resté.

Quant à lui, le Montréal Christopher Guerrero (3-0, 1 K.-O.) est demeuré invaincu chez les professionnels, lui qui a eu raison de Marco Chino Villa (3-6) par décision unanime. Ce dernier disputait un premier combat à l’extérieur de son Mexique natal.

La Québécoise Leila Beaudoin (5-0, 1 K.-O.) a aussi conservé sa fiche parfaite, non sans peiner face à Estefania Gonzalez Franco (2-5). Beaudoin l'a emporté par décision unanime.

Son compatriote Alexandre Gaumont (4-0, 2 K.-O.) l’a imité quelques instants plus tard. Aucun juge n’a accordé la victoire à Edgar Romero Mora (11-13-3, 8 K.-O.) au terme du duel de quatre rounds.

La «Mike Tyson» de la boxe féminine 

On pourrait se demander si Mary Spencer (4-0, 3 K.-O.) avait d’autres plans après son combat au Cabaret du Casino de Montréal, samedi, tellement elle a été expéditive. Beatriz Aguilar (7-7-1, 1 K.-O.) a eu droit à 23 secondes de gloire - au cours desquelles elle s’est fait rouer de coups - avant que l’arbitre ne mette un terme au combat.

«Je m’attendais à ce que ce soit un combat court parce que c’était mon plan», a exprimé la Canadienne après le pugilat.

Dès l’introduction des deux combattantes, on sentait un écart titanesque entre les niveaux de confiance de l’ex-olympienne et la Mexicaine, qui n’a jamais goûté à la victoire en quatre affrontements à l’étranger.

«Je ne suis pas venue sur le ring pour échanger des coups avec elle, a enchaîné Spencer. J’étais là pour lui montrer à quel point je suis forte.»

Son plus grand partisan est probablement le promoteur d'Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, qui l'a rebaptisée la «Mike Tyson féminine» après le combat.

«C'est de la dynamite, s'est-il réjoui. Je pense que c'est la seule qui peut faire des K.-O. dans le sport de la boxe féminine.»

Shields dans la mire 

Spencer n’a jamais déçu lors de ses quatre premiers combats chez les professionnelles, échelonnés sur environ un an et demi. L’objectif à long terme de l’ex-championne du monde amateure : une revanche contre Claressa Shields, elle qui lui a fait mordre la poussière à deux reprises dans le passé.

«C’est sûr que je veux Shields. Je n’ai peur de personne et ce serait un affrontement incroyable. Je sais que je devrai travailler pour y parvenir. J’ai seulement une fiche de 4-0, mais je vais fournir l’effort nécessaire.»

Avant de pouvoir se frotter à «T-Rex», Spencer aura assurément une chance de se battre en championnat du monde, selon son entraîneur Marc Ramsay.

«On va pousser ça rapidement. C'est évident qu'elle est dans une classe à part. On aimerait faire ce que j'ai fait dans le passé avec [Artur] Beterbiev, quelque chose de très rapide.»

Spencer a effectué un retour dans le monde de la boxe sous l’égide d'EOTTM après une illustre carrière amateure. L’expérience inestimable de l’athlète de 37 ans ne l'empêche pas d’avoir soif de nouvelles victoires et de poursuivre son travail d’ambassadrice du noble art.

«J’adore la boxe et je veux m’entraîner intensément. Il y a beaucoup de femmes dans le monde qui peuvent vraiment se battre et je veux que les partisans voient cela.»

«Il n'y a pas de limite d'âge, a complété Estephan. J'aimerais la garder dans la boxe pendant minimum cinq ans.»

En attendant, l’inépuisable Spencer paiera pour son K.-O. expéditif de samedi soir... puisqu’elle ne s’accordera que de très courtes vacances.

«Je serai au gymnase lundi. Je suis prête pour le prochain combat.»