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Boxe

Une nouvelle étape à saveur locale pour Christian Mbilli

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Si la victoire contre Ronald Ellis était nécessaire pour que Christian Mbilli grimpe les échelons, son prochain rendez-vous contre Nadjib Mohammedi a un tout autre dessein: celui d’apprendre à gérer la pression entourant un combat à saveur locale.

Mbilli (20-0-0, 18 K.-O.) a déjà affronté un Français en Martin Owono. C’était à son sixième combat professionnel en carrière et Owono n’était pas du tout du même niveau. Or, cette fois, Mbilli se frottera à un adversaire d’un calibre bien supérieur lors du prochain gala d’Eye of the Tiger Management qui aura lieu samedi, au Casino de Montréal.

«On a fait la sélection de Mohammedi (44-8-0, 27 K.-O.) avec l’objectif de mettre Christian face à une nouvelle étape: un combat local, a fait valoir l’entraîneur Marc Ramsay lors d’un entraînement médiatique, mardi à Montréal. Pour l’avoir déjà fait dans le passé, les combats locaux apportent beaucoup aux boxeurs au niveau de l’expérience et de la gestion de la pression.»

«Au dernier combat, on tentait, avec la réputation d’Ellis, de brasser l’industrie et de jouer du coude dans les classements pour tasser les gens. Là, c’est vraiment quelque chose qu’on veut aller chercher pour Christian, pour que le jour où on va arriver en championnat du monde, on ait fait le tour du jardin. Ça fait partie de la planification.»

Comme Alvarez

Ramsay n’est pas à faire ses premières armes dans le milieu. Il a notamment relevé l’exemple d’Eleider Alvarez, qui a affronté coup sur coup Lucian Bute et Jean Pascal avant de croiser le fer avec Sergey Kovalev.

Le «coach» est d’ailleurs convaincu que son protégé n’aurait jamais vaincu Kovalev sans ces deux combats.

«Je pense que c’est un outil important dans le bagage d’un boxeur. Être en mesure de gérer les attentes des médias français et gérer le surplus de pression qui vient avec ça, je pense que ce sera important pour Christian.»

Se taper dessus

Mbilli, lui, reconnaît que l’attention en France sera décuplée pour ce combat. S’il ressent «un peu» de pression supplémentaire, il refuse de changer sa préparation ou son approche.

«C’est un adversaire comme les autres, un obstacle comme les autres dans ma carrière, a-t-il lancé. C’est sûr que vu que c’est un combat un peu plus regardé en France, il y aura peut-être une petite pression supplémentaire. Mais encore une fois, c’est une pression positive.»

Le public français sera certainement divisé. D’un côté, un boxeur d’expérience qui veut redorer son blason. De l’autre, le jeune loup en quête de ceintures. Certains amateurs du noble art dans l’Hexagone seront déçus au terme du combat pendant que d’autres célébreront. Mais une chose est sûre: l’intérêt est bien présent.

«C’est sûr que pour la France, c’est symbolique. Les Français aiment bien voir deux Français se taper dessus!», a rigolé Mbilli.

Le combat aura d'ailleurs lieu exceptionnellement à 17 h afin de donner une chance au public français d’y jeter un coup d’œil. Il sera diffusé exclusivement sur la plateforme Punching Grace.

«Mbilli n’est pas Kovalev» - Mohammedi

La fiche reluisante de 20-0 du Français Christian Mbilli n’impressionne pas du tout son compatriote Nadjib Mohammedi, qui sera son prochain adversaire, samedi au Casino de Montréal.

Mohammedi (44-8-0, 27 K.-O.) a affronté de nombreuses grandes pointures de la boxe depuis ses débuts professionnels en 2005, dont notamment Sergey Kovalev et Oleksandr Gvozdyk qui sont bien connus au Québec. Dans sa préparation pour son prochain duel, il a également passé au peigne fin les combats de Mbilli.

Et lorsqu’il a été questionné sur le percutant K.-O. que lui a passé Kovalev le 25 juillet 2015, Mohammedi a tenu à faire une mise au point tout aussi percutante.

«Je veux vous signaler une petite chose à tous: Christian Mbilli n’est pas Sergey Kovalev et il ne le sera jamais. Ce n’est pas une comparaison à faire. On en est très loin», a lancé le pugiliste de 37 ans lors d’un entraînement médiatique, mardi, avant d’en ajouter une couche.

«Honnêtement, aujourd’hui, vu la qualité qu’il y a au niveau mondial dans cette catégorie, selon moi ce serait très difficile pour lui d’être champion du monde. Après, je ne m’intéresse pas à son évolution de carrière, mais plutôt à la mienne. Donc honnêtement, qu’il soit la relève [de la boxe française] ou pas, sans être vulgaire, je n’en ai rien à faire.»

Pour la ceinture

Les deux combattants en sont à des stades bien différents de leur carrière respective. Mbilli avait 9 ans lorsque Mohammedi a enfilé les gants pour la première fois chez les professionnels. Et pendant que le plus jeune rêve de devenir champion du monde, l’aîné, qui se décrit comme un guerrier aguerri, cherche des opportunités de briller.

C’est justement parce qu’il y a la ceinture WBC Continental des Amériques en jeu que Mohammedi a accepté de traverser l’Atlantique.

«Je ne suis pas là en tant que faire-valoir, a-t-il prévenu. Je suis là en tant que "outsider" qui vient prendre une nouvelle ceinture et avancer dans son cheminement. Ce serait intéressant puisqu’il y aurait des choses intéressantes derrière.»

«Il y a toujours des possibilités d’ouvrir des portes, de les pousser ou de les démolir.»

Le défi demeure important pour Mohammedi, qui a dû descendre de catégorie pour ce combat. Ce n’est toutefois pas une première pour lui, et il se sent malgré tout en pleine confiance.

«Il y a des opportunités et on les saisit. Je pense que Christian est un adversaire parfait pour me faire briller.»