Canadiens de Montréal

Le retour du vrai Cole Caufield

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Cole Caufield porte un chandail des Badgers du Wisconsin, son alma mater. Il se place devant son casier dans le vestiaire du Canadien et il reçoit les moqueries de Joel Edmundson puisqu’il replace ses cheveux avant de se faire bombarder pour une séance de photos.

«Tu n’as pas besoin d’être le plus beau, tu es une étoile», lance Edmundson. 

Il n’y a pas si longtemps, l’étoile de Caufield ne scintillait pas trop fort. Mais avec l’entrée en scène de Martin St-Louis, elle a recommencé à devenir bien brillante.

Depuis le 9 février, jour du congédiement de Dominique Ducharme, Caufield trône au sommet des pointeurs du Canadien avec 21 points (11 buts, 10 passes) en 16 matchs. Au cours de cette même période, il domine toutes les recrues de la LNH pour les buts et les points.

Installé à une table dans une pièce adjacente au vestiaire de l’équipe à Brossard après sa séance de photos, le numéro 22 offre une réponse des plus simples à la question suivante : est-ce le retour du véritable Cole Caufield?

«Oui, lance-t-il en riant. Oui.»

Après le deuxième oui, il approfondit sa pensée.

«Nous avons recommencé à gagner des matchs. Il y a des sourires à l’aréna, nous avons retrouvé le plaisir de jouer et de nous entraîner. Pour moi, je veux juste poursuivre ma croissance. Depuis quelques semaines, je joue comme je m’y attendais cette saison. Je veux simplement continuer sur ce chemin. Je crois qu’il y a encore plus de bonnes choses à venir.»

Plus de liberté 

Caufield insiste sur la notion du plaisir. Sur la glace, on revoit son sourire de chérubin. Mais au-delà d’un sentiment de joie renouvelé avec le changement d’entraîneur, il y a aussi les influences de St-Louis et de son joueur de centre, Nick Suzuki.

«L’équipe en général joue avec plus de liberté. De mon côté, j’ai de plus grandes occasions. Je joue avec Nick aussi, ça m’aide beaucoup. J’ai plus de chances, j’obtiens aussi plus de présences et j’ai un plus grand temps de jeu. J’ai recommencé à récolter des points, c’est bon pour ma confiance. Je ressens toute la confiance de Marty envers moi. Je fais mon travail et il me récompense avec plus de responsabilités.»

Le bon enseignant 

St-Louis n’a pas transformé son petit ailier d’un coup de baguette magique. Dès sa première conférence de presse dans son rôle d’entraîneur en chef, il avait dit qu’il avait hâte de travailler avec lui.

«Marty ne m’a pas transformé en une seule conversation dans son bureau, a-t-il répliqué. Mais quand il parle à l’équipe, il donne confiance à tout le monde. Tu peux voir sa passion, elle transporte toute l’équipe. C’est contagieux. J’ai fait des séances de vidéos juste avec lui et il m’a indiqué des jeux précis que je devais corriger. Il n’agit pas juste comme un professeur. Il ne fait pas juste donner sa matière, c’est plus un dialogue avec lui. J’aime voir comment il pense, comment il lit le jeu, je trouve toujours ça fascinant.»

Là-bas... 

Dans une conversation de près de 30 minutes en entrevue au «Journal», Caufield n’a jamais mentionné deux mots : Rocket et Laval.

À l’image du Tricolore, le gagnant du trophée Hobey-Baker a connu un début de saison pénible. Après 10 matchs cette année, il a pris la direction de la Ligue américaine. À sa fiche, on pouvait lire : zéro but, une passe.

«Je ne pensais pas retourner là-bas (Rocket de Laval), a-t-il dit. C’était un choc. Je trouvais ça difficile à comprendre. Mais j’ai pris un pas de recul et j’ai réalisé que ce n’était pas la fin du monde. J’ai tranquillement regagné ma confiance.»

«Avant mon renvoi, je ne jouais pas comme je le voulais. Il y a eu un effet domino. Quand tu ne marques pas, ton temps de jeu finit par fondre. À ce moment-là, tu peux perdre confiance. Dans la LNH, la constance est une clé. Je n’en avais pas en début de saison. Maintenant, je trouve que c’est différent.»

À ses 30 premiers matchs cette saison, Caufield n’avait rien d’un jeune prodige avec seulement un but, sept passes et un dossier de -15.

«Je sais qu’il y avait des attentes. J’avais aussi de grandes attentes pour moi-même. Dans un marché comme Montréal, tu te retrouves rapidement sous la loupe. On s’attendait à ce que je transporte l’équipe. Je ne l’ai pas fait. J’ai trouvé ça difficile pour les premiers mois de la saison, mais je crois que ça fera de moi une personne plus forte mentalement.»

Une prédiction reportée 

Avant le début de la saison 2021-2022, Caufield figurait parmi les plus sérieux candidats pour l’obtention du trophée Calder. Trevor Zegras, un de ses bons amis, avait même fait la prédiction audacieuse qu’il marquerait 40 buts.

«Je n’étais pas fâché contre Z (Zegras). Je peux maintenant en rire. Je n’atteindrai pas le plateau des 40 buts cette année. Mais quand il a écrit ça, j’y croyais un peu. J’ai besoin d’y croire. La LNH est toutefois la meilleure ligue au monde. Il n’y a pas beaucoup de marqueurs de 40 buts.»

«Il pourrait l’écrire à nouveau avant le début de la prochaine saison. Je tenterai d’y arriver.»