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Basketball

«Mon but est de tout gagner», dit Bennedict Mathurin

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Depuis quelque temps, Bennedict Mathurin amasse les honneurs individuels sur la scène du basketball universitaire américain. Le Montréalais souhaite maintenant ajouter à sa collection le plus prestigieux titre collectif, un championnat national avec les Wildcats de l’Arizona, lors du mythique tournoi March Madness. 

À 19 ans, le garde vient d’être nommé joueur par excellence de la conférence Pac-12, devenant ainsi le 10e athlète dans l’histoire de l’institution à hériter de cet honneur.  

En plus d’avoir sa place parmi la deuxième équipe d’étoiles, Mathurin figure aussi parmi les finalistes pour le trophée Naismith, remis au meilleur joueur universitaire aux États-Unis.  

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C’est sans parler du fait que de nombreux analystes le voient parmi le top 10 des plus beaux espoirs en vue du prochain repêchage de la NBA, le 23 juin, au Barclays Center à Brooklyn. 

Tout cela fait bien plaisir au Québécois, mais le March Madness n’a pas son égal en termes d’intérêt à ses yeux. Son équipe plongera dans l’action du tournoi de 68 équipes, vendredi, face au gagnant du duel de mercredi soir entre Bryant et Wright State.  

«Mon but est de tout gagner. Il faut y aller un match à la fois. À chaque match, ça passe ou ça casse, donc tu ne peux pas penser plus loin que le prochain match», a-t-il indiqué mardi soir, lors d’une visioconférence avec les médias canadiens. 

Un modèle pour les jeunes 

Ce que vit présentement Mathurin relève de l’inimaginable. Son équipe, qu’il a conduit au championnat de la Pac-12 en vertu d’une performance de virtuose avec 27 points samedi dernier face à UCLA, est établie comme première tête de série dans la division Sud. 

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«C’est un grand honneur», a-t-il dit humblement. Il y a beaucoup de jeunes qui m’envoient des messages sur Instagram et qui sont inspirés. Ils sont contents de voir ce que je suis en train de faire en ce moment parce que ça les motive. C’est la raison pour laquelle je fais ça, pour motiver les jeunes qui vont suivre après moi.» 

Que le début 

D’ailleurs, même si le tournoi du March Madness s’est élevé au rang de véritable institution sportive aux États-Unis, le Québécois demeure relativement méconnu du grand public dans sa propre contrée. 

Actuellement, il fait partie d’un important contingent de 10 joueurs et joueuses du Québec qui participent aux volets masculin et féminin du March Madness.  

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«De plus en plus de jeunes québécois percent au niveau universitaire américain et le plus loin ils vont se rendre, le plus d’attention ils vont attirer. Il n’y a pas vraiment beaucoup de monde (au Québec) qui réalise ce qui se passe en ce moment, mais il y a un début à tout. Je veux faire en sorte de me rendre le plus loin possible pour que le monde commence à porter attention à tout ça», a statué Mathurin. 

Vers la NBA 

Le Québécois de 6 pi 6 po et 210 lb sait que les performances individuelles au March Madness jouent inévitablement sur les perceptions en vue du repêchage de la NBA, mais il demeure terre à terre. 

«Il y a beaucoup de personnes qui parlent de moi au fur et à mesure que la saison avance, mais je ne porte pas vraiment attention à ça, car le travail n’est pas fini. Je sais que beaucoup de gens donnent leur opinion sur Twitter, mais le plus important pour moi et mon équipe, c’est de remporter le March Madness. Je reste concentré sur ça», a-t-il insisté. 

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Quant aux chances des siens de tout rafler, Mathurin estime que leur parcours cette saison les servira bien. 

«Je ne crois pas qu’on ressent la pression, pour être honnête. La majorité des joueurs de cette équipe, ce sera notre première fois au March Madness. Au début de la saison, peu de personnes nous auraient vus parmi les favoris. On n’a jamais eu d’attentes et on s’est toujours amélioré pour devenir une meilleure équipe. 

«Tous les joueurs sont prêts à se sacrifier pour l’équipe. C’est la chose la plus importante, notre chimie.» 

De bons modèles 

Celui qui a aussi dans sa jeunesse joué deux ans au hockey et trois ans comme quart-arrière au football a toujours préféré le basketball. S’il a été inspiré par le parcours du Montréalais Luguentz Dort, du Thunder d’Oklahoma City, il admet que sa sœur Jennifer a été son principal modèle. 

«Luguentz Dort, c’est l’un de mes bons amis. J’ai joué avec lui plus jeune. Ça a toujours été ma motivation principale de suivre ses traces. 

«Ma sœur a toujours été mon idole et l’est encore aujourd’hui. Elle m’a toujours poussé à devenir meilleur en plus de me montrer la voie», s’est-il exprimé au sujet de celle qui a joué à NC State et qui est aujourd’hui entraîneure avec l’Université Bishop’s. 

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Sur la scène nationale, Mathurin a aussi eu ses anges gardiens lors d’un essai avec l’équipe olympique, avant de briller à la Coupe du monde des moins de 19 ans, à Riga, l’an dernier. 

«J’ai pu apprendre beaucoup en côtoyant des joueurs canadiens de la NBA. Mon but est de jouer dans cette ligue, donc j’ai pu retirer beaucoup de connaissances. Andrew Wiggins (des Warriors de Golden State) m’a vraiment pris sous son aile. Le fait de me mesurer à lui m’a permis de devenir meilleur.» 

Autant chez les hommes que les dames, il y a pas moins de 50 Canadiens qui prennent part au March Madness cette année, une énorme délégation. 

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