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Golf

Performance en or de Cameron Smith

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Avec audace, agressivité et style, Cameron Smith a offert une remarquable performance dans une rocambolesque ronde finale du Championnat des joueurs du circuit de la PGA, lundi.

Pour mettre la main sur le recherché trophée doré à l’effigie du championnat phare du circuit, il a réalisé pas moins de 10 oiselets en remettant une dernière carte de 66 (-6).

Avec cette folle carte ponctuée uniquement de quatre normales par une journée tantôt pluvieuse et tantôt ensoleillée sur le Stadium Course du TPC Sawgrass, il a ainsi égalé un record du tournoi inscrit un peu plus tôt, lundi, par Patton Kizzire.

Smith, 28 ans, est devenu le cinquième Australien à remporter ce majestueux tournoi après Steve Elkington (1991 et 1997), Greg Norman (1994), Adam Scott (2004) et Jason Day (2016).

En terminant à -13, il a devancé d’un seul petit coup l’Indien Anirban Lahiri et par deux coups Paul Casey. Le champion a d’ailleurs laissé planer le suspense jusqu’à la toute fin alors qu’il a noyé sa balle à l’eau à son second coup au 18e fanion pour terminer avec un boguey.

Lahiri a bien tenté de profiter de cette occasion pour forcer la prolongation, mais en vain.

Coups d’éclat

Smith a amorcé cette ronde finale avec quatre moineaux de suite, en amassant cinq à ses six premiers fanions, et en alignant trois bogueys pour terminer l’aller. Il a aussitôt rebondi avec quatre oiselets de suite en débutant le retour.

L’un de ses coups d’éclat est venu sur la fameuse normale 3 du 17e, endroit beaucoup plus calme que lors des trois derniers jours, quand il a planté sa balle à quatre pieds du fanion. Ce fut la signature du champion.

En ronde finale, l’Australien qui a remporté un cinquième titre en carrière et un second cette saison, a livré une véritable clinique de «putting» et de jeu court tandis que son bois de départ lui a causé quelques ennuis. Il a fait des ravages autour des verts, si bien qu’il a compté 13 verts d’un seul roulé. Il n’a effectué que 23 roulés au total, sauvant d’ailleurs délicatement deux importantes normales au 14 et 15e fanion.

Véritables chances

Même s’il vit dans la région de Ponte Vedra Beach, Smith évite de se présenter sur les tertres du Stadium Course fréquemment. Hors tournoi, le parcours ne présente pas le même degré de difficulté.

Mais il se sent bien sur ces verts. Il devait donc trouver un moyen de placer la balle dans les allées avec un bois de départ plutôt capricieux durant la semaine.

Dans cette dernière journée de compétition, il savait qu’il pouvait dompter la bête, attendrie par les fortes précipitations. En retard de deux coups à l’aube de la ronde finale, il a mis le pied au plancher.

«Je savais que le parcours nous laisserait des chances, car plusieurs positions de fanions étaient avantageuses. Je devais toutes les prendre pour multiplier les oiselets, a-t-il relaté.

«Si je plaçais la balle dans les allées, je savais que j’avais de véritables chances de gagner.»

Smith a fait opérer sa magie afin de remporter sa plus importante victoire en carrière et empocher la coquette somme de 3,6 MS, la plus élevée de l’histoire.

Dustin Johnson a réalisé la meilleure ronde de la journée et de la semaine en signant une carte finale de 63 (-9). Elle lui a permis de bondir de 50 rangs et de figurer au 9e échelon du tableau principal. Il réalise sa meilleure performance de la saison.

Chez les Canadiens, Adam Hadwin a aussi pris le 9e rang en vertu d’un dernier score de 67 (-5). Il a devancé Taylor Pendrith (13e) et Corey Conners (26e).

Lahiri à la «bonne place»

Il y a fort longtemps qu’Anirban Lahiri ne s’était trouvé dans un aussi bon état d’esprit que lors de la dernière semaine sur le Stadium Course de TPC Sawgrass.

Il a même utilisé le terme exprimé par Happy Gilmore personnifié par Adam Sandler dans le très populaire film du même nom datant de 1996.

Joyeux, Lahiri se trouve à «la bonne place», avait-il signalé dimanche soir. Lundi, après avoir terminé seul au second rang, égalant ainsi son meilleur résultat en carrière sur le circuit, le sympathique Indien a réaffirmé sa joie.

Même si celui qui menait le Players à l’issue de 54 trous aurait souhaité remporter un premier titre sur le circuit de la PGA, il s’est dit très satisfait de son rendement en plus d’être rempli de bonheur.

Gigantesque bond

En réponse à une question d’un collègue qui cherchait à connaître ce qu’il retirait de positif de cette folle semaine de travail, le golfeur de 34 ans lui a montré les statistiques qu’il avait affichées à la Classique Honda il y a deux semaines. Il cherchait à améliorer ses approches au vert.

De 144e, il est passé au 18e rang pour les verts atteints en coups prescrits (69,4 %) à Sawgrass dans l’un des plateaux les plus relevés de la saison.

«En débarquant ici la semaine dernière, mon unique objectif était d’améliorer cette statistique. Je l’ai fait. Donc ce fut une semaine de travail couronnée de succès», a fait savoir celui qui s’est aussi surpris par son calme.

«J’étais simplement joyeux et dans un excellent état d’esprit, a-t-il indiqué. J’ai collé à mon plan et mes routines. J’ai fait du bon travail depuis quelques semaines pour améliorer mon rythme. Je suis resté concentré là-dessus durant tout le tournoi.»

Une première en cinq ans

Il a ainsi livré sa meilleure performance en sol américain depuis la saison 2016-2017 alors qu’il avait pris le second rang du tournoi Memorial. Il peut maintenant espérer un avenir plus rose.

«Je suis soulagé. J’ai joué de manière horrible depuis deux ans. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été dans cette position avec un plateau aussi relevé. C’est énorme pour la confiance après une période aussi maigre durant laquelle tu te remets constamment en question.

«Je peux “recimenter” ma fondation et travailler avec ce résultat positif. J’adore le golf, je me sens bien et je joue bien. Donc, je suis content. Je suis au bon endroit. C’est assez simple.»

Même Happy Gilmore ne saurait mieux le dire.