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Photo : Le Québécois Bennedict Mathurin a écopé d’une faute contre USC le 1er mars. Crédit : Photo AFP

Basketball

Le Québécois qui rêve au titre

Publié | Mis à jour

Six Québécois sont au nombre des équipes qualifiées pour le volet masculin du March Madness, tournoi annuel de basketball universitaire américain qui mettra aux prises, à compter de mardi, les 68 meilleures formations au pays. Du lot, le Montréalais Bennedict Mathurin, pressenti pour devenir en juin le Québécois repêché le plus haut par une formation de la NBA. 

Et Mathurin ne fait pas que participer au tournoi de la NCAA. Il peut rêver au trophée, le 4 avril. À 19 ans, il est un des joueurs les plus dominants d’une des universités les plus dominantes : Arizona, classée première de la division Sud. 

Cette saison, sous la férule de l’entraîneur Tommy Lloyd, qui en était à sa première année à la barre des Wildcats, l’Arizona a compilé une fiche de 31-3. Mathurin, qui évolue à la position de garde, a récolté en moyenne 17,1 points par rencontre. 

L’Université d’Arizona est classée troisième aspirante au titre par les parieurs aux livres. Devant elle se trouvent Gonzaga et Kentucky. 

Une vedette à 15 ans

Pascal Jobin, analyste de basketball qui collectionne les chapeaux d’entraîneurs, a dirigé Mathurin durant un été, quand le prodige avait 15 ans. Déjà, il était convaincu que son potentiel le mènerait à la NCAA, voire plus loin encore. 

« C’était ridicule ! s’est rappelé Jobin, lundi. J’en ai vu des joueurs, mais lui, à cet âge-là, on pouvait savoir qu’il allait devenir une star. »

La folie de mars

Après avoir connu une excellente campagne, couronnée par le titre de joueur par excellence de sa conférence, Mathurin pourra maintenant briller sur la plus grande des scènes. 

Car rares sont les événements sportifs qui portent aussi bien leur nom que le March Madness, la « folie de mars ». 

Les Américains en sont fous de leur championnat universitaire. L’an dernier, ils ont été 16 millions à assister devant leur téléviseur à la victoire de Baylor contre Gonzaga, deux universités à nouveau classées premières de leur portion du tableau.

Et on parlait alors de cotes d’écoute en déclin de 14 % par rapport à 2019 (le tournoi n’a pas été disputé en 2020, en raison de la pandémie de COVID-19)...

Comme une téléréalité

Jobin compare d’ailleurs les deux semaines du tournoi aux émissions de téléréalité et à leurs séances d’élimination hebdomadaire. 

« Deux choses font le succès du March Madness, a-t-il pointé. Premièrement, ce sont des matchs sans lendemain. Tu perds, tu rentres chez toi. Deuxièmement, c’est le côté humain. Au début tu ne connais pas les joueurs, mais à la fin, tu connais leur histoire, tu as vu leur grand-mère... » 

Au chapitre des histoires humaines à suivre jusqu’au début avril, il y aura celle des six Québécois en compétition, l’un des plus beaux contingents de la province dans l’histoire du tournoi. 

Le nombre de joueurs du Québec qui accèdent à la NCAA a crû de façon considérable dans les dernières années. 

Pour expliquer cette progression, Jobin cite le travail des entraîneurs québécois, celui de la fédération provinciale, mais aussi, l’impact des réseaux sociaux, qui offrent une plus grande visibilité au basketball et à ses joueurs. 

« Dans mon temps, le basketball, c’était un peu comme la musique underground ! » s’est moqué l’entraîneur, qui a joué au niveau universitaire américain dans les années 1980. 

Croire à la NBA

« Aujourd’hui, les jeunes Québécois ne font plus que rêver à la NCAA. Ils peuvent aussi croire à la NBA », a-t-il ajouté, en faisant notamment allusion au Montréalais Luguentz Dort, porte-couleurs du Thunder d’Oklahoma City.

« Je suis toujours les gars du Québec de loin, a raconté le vétéran Nathan Cayo, de l’Université de Richmond. Au Québec, au Canada, on a toujours cette mentalité d’être des négligés [underdog]. Alors je suis content de voir qu’on est plusieurs à disputer le March Madness. »

– Avec l’Agence QMI

L’ultime chance de Nathan Cayo 

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Crédit photo : Photo AFP

Nathan Cayo aura dû attendre son ultime année d’admissibilité avant de goûter pour la première fois à la folie du March Madness. 

Il y avait 11 ans que l’Université de Richmond ne s’était plus qualifiée pour le tournoi. Elle a réussi l’exploit en remportant dimanche le titre de sa conférence, l’Atlantic-10, sa seule façon d’obtenir son billet d’entrée pour la grande danse. 

Et l’utilisation du mot « exploit » n’est pas galvaudée ici. Les Spiders ont gagné quatre matchs en quatre jours, battant durant cette séquence les trois premières équipes de l’association, même s’ils figuraient au sixième rang.

« C’était incroyable » 

En finale, Richmond a défait les favoris, les Wildcats de Davidson, grâce à une remontée de six points dans la dernière minute et demie. 

« C’est comme un rêve, a raconté le Lavallois de 24 ans, lundi. Je remercie toujours Dieu de me permettre de jouer au basketball, de vivre des moments comme ceux-ci. Se qualifier, comme ça, c’était incroyable. »

Pour Cayo, cette qualification représente aussi une récompense après cinq années de travail. 

Mais le labeur n’est pas terminé : après une journée de congé lundi, les joueurs vont se remettre au boulot dès mardi en vue de leur premier match de la compétition. 

Encore les négligés

Car jeudi après-midi, contre la formation de l’Iowa, classée cinquième de cette portion de tableau, l’Université Richmond (12) fera encore figure de négligée. 

Mais Cayo assure que ça ne dérange pas ses coéquipiers. 

« Ç’a été notre rôle durant toute la saison. On a toujours été les underdogs. On est là pour prouver à tout le monde qu’on a notre place. »

Les six joueurs d’ici en action au tournoi 

Nathan Cayo

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Crédit photo : Photo AFP

Spiders de l’Université de Richmond (12)

Ailier | Laval | 24 ans

6 pi et 7 po | 225 lb

Premier match : Jeudi 15 h 10 contre Iowa (5)


Eze Dike

Eze Dike
Crédit photo : Photo courtoisie

Bulldogs de l’Université Yale (14)

Garde | Montréal | 23 ans

6 pi et 2 po | 195 lb

Premier match : Vendredi 14 h contre Purdue (3)


Georges Lefebvre

Georges Lefebvre
Crédit photo : Photo tirée d’Instagram

Catamounts de l’Université du Vermont (13)

Ailier | Montréal | 20 ans

6 pi et 9 po | 200 lb

Premier match : Jeudi 21 h 20 contre Arkansas (4)


Bennedict Mathurin

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Crédit photo : Photo AFP

Wildcats de l’Université d’Arizona (1)

Garde | Montréal | 19 ans

6 pi et 6 po | 210 lb

Premier match : Vendredi 19 h 27 contre une équipe du « first four »


Olivier-Maxence Prosper

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Crédit photo : Photo AFP

Golden Eagles de l’Université Marquette (9)

Ailier | Montréal | 19 ans

6 pi et 8 po | 220 lb

Premier match : Jeudi 16 h 30 contre North Carolina (8)


Tyrese Samuel

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Crédit photo : Photo AFP

Pirates de l’Université Seton Hall (8)

Ailier | Montréal | 20 ans

6 pi et 10 po | 230 lb

Premier match : Vendredi 21 h 57 contre TCU (9)

Recherche : Jessica Lapinski et l’Agence QMI