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Golf

Lahiri mène le bal

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Rien n’est commun à ce 48e Championnat des joueurs du circuit de la PGA. Au terme du quatrième jour de compétition, la troisième ronde n’est toujours pas terminée et un golfeur loin du top 100 mondial mène le bal.

Rien n’est commun à ce 48e Championnat des joueurs du circuit de la PGA. Au terme du quatrième jour de compétition, la troisième ronde n’est toujours pas terminée et un golfeur loin du top 100 mondial mène le bal.

L’Indien Anirban Lahiri, 322e golfeur au monde, n’est pas un habitué de cette position de tête sur le meilleur circuit de la planète.

N’empêche, il a évité les ennuis, défié les éléments et le froid. À -9 après 47 trous, il mène par un coup Tom Hoge et Harold Varner III.

«Je suis satisfait. J’ai fait beaucoup de bons élans et j’ai gardé la balle devant moi en prenant de bonnes décisions. Ce fut une bonne journée de travail», a résumé le golfeur de 34 ans.

Trou d’un coup

La fameuse normale 3 du 17e a enfin donné un premier cadeau. C’est l’Irlandais Shane Lowry qui l’a reçu, en troisième ronde alors qu’il a réussi un rare trou d’un coup.

Équipé de son wedge depuis 124 verges, il a exécuté un coup parfait qui s’est retrouvé au fond de la coupe après un court effet rétro.

47 balles à l’eau

Après avoir vu 47 balles à l’eau lors des deux premières rondes du tournoi, les spectateurs ont enfin pu voir un coup d’éclat.

L’Irlandais a vivement célébré. Il s’agit du 10e as de l’histoire à cet endroit depuis 1982 et un premier depuis Ryan Moore lors de la première de 2019. «C’est vraiment incroyable de réaliser cela sur un trou aussi iconique du monde du golf. En plus, je me suis replacé dans le tournoi», a signalé celui qui est installé au 11e rang provisoire.

Quelques minutes plus tard, le Canadien Adam Hadwin a bien failli l’imiter. Malgré les intempéries cette semaine, il a conservé sa fiche parfaite sans noyer de balle à ses 23 passages en carrière.

Notes de la ronde

Pendant que les meneurs ont retranché des coups à la normale en fin de journée, Corey Conners et Taylor Pendrith étaient au neutre. Ils ont perdu 13 rangs en chutant au 18e échelon à -4.

Lorsque les officiels ont arrêté le jeu en raison de la noirceur vers 19 h 35, les 71 golfeurs ayant résisté au couperet (+2) avaient au moins complété l’aller.

Parmi ceux-ci, Rory McIlroy et Scottie Scheffler devront payer un Coke à Scott Piercy. Son quadruple boguey au 17e et son boguey au 18e l’ont évincé des rondes finales et ont repoussé le couperet d’un coup.

La température sera plus clémente, lundi. Le mercure oscillera entre 15 et 20 degrés Celsius sous des percées de soleil. Les vents souffleront entre 10 et 20 km/h.

Froid polaire sous le soleil floridien

Les irréductibles ne se plaignent pas de jouer au froid, mais en Floride, le mercure oscillant autour du point de congélation, dimanche matin, en a laissé plus d’un perplexe.

Les golfeurs qui devaient s’élancer sur le coup de huit heures portaient tuques, moufles, chandails chauds et même collets en polar.

Il était difficile de reconnaître le Chilien Joaquin Niemann qui portait une tuque par-dessus sa casquette et un haut collet monté sous le nez.

«Il faisait vraiment froid. J’étais sur le point de claquer des dents, a signalé le moustachu Sud-Africain Erik Van Rooyen qui a tenté de retirer son manteau à un certain moment afin de mieux frapper la balle. Je tremblais, mais il fallait s’y faire. Les moufles ont aidé.

«Et je crois que d’avoir joué au Minnesota m’avait préparé à cette température», a-t-il ensuite plaisanté.

Travail à faire

Pour les Québécois habitués de titiller la petite balle blanche très tôt au printemps ou très tard à l’automne, il n’y a rien là de jouer à cinq degrés Celsius par une belle journée ensoleillée.

Par contre, il est rare pour les pros de s’élancer dans ces conditions au printemps, en Floride. Sans se plaindre, ils ont noté ce degré de difficulté additionnel. D’autant plus que les puissantes bourrasques compliquent leur travail depuis deux jours.

«Ce n’était pas chaud. J’ai porté plusieurs couches de vêtements, a expliqué Harold Varner III qui a tout de même pu remonter le peloton en matinée en signant une deuxième ronde de 69 (-3). Mais ayant vécu dans la région, j’ai déjà connu plus froid en plein hiver. On ne contrôle pas ça. Il faut faire le travail pareil.»

Au fil des heures, le mercure a atteint les 10 degrés Celsius alors que le vent a continué à souffler du nord à plus de 20 km/h. Certains golfeurs ont retiré quelques pelures tandis que d’autres ont conservé leur tuque. Même les Canadiens ont grelotté!

Une semaine bizarre

Rares sont les moments tranquilles dans les semaines de tournoi. C’est d’autant plus vrai au Championnat des joueurs du circuit de la PGA. Paul Casey est l’un des nombreux chanceux à être tombé du bon côté du tirage au sort.

Il a pu profiter de deux journées de repos avant de conclure ses deux premières rondes. Vendredi et samedi, ils n’étaient pas sur le Stadium Course à se battre contre les éléments déchaînés.

«C’est une semaine très bizarre. J’ai commencé avec un triple boguey dès mon premier fanion, jeudi, en frappant plusieurs mauvais coups et j’ai tout de même joué une première ronde de 70 (-2). J’étais tellement satisfait, surtout que je savais ce qui s’en venait. Et là, je suis dans le haut du tableau après deux rondes. Il reste encore beaucoup de chemin à faire, par contre.

«Je sais que j’ai été chanceux avec le tirage. C’était très intéressant de regarder les gars se battre. Je crois aux dieux du golf et au karma. Mais, je ne les regardais pas souffrir dans la joie. Le jeu de Justin Thomas m’a vraiment impressionné.»

Fer droit de feu

Pour se hisser vers le sommet du tableau principal en début d’après-midi, dimanche, le sympathique Anglais a compté sur la collaboration de son fer droit. Celui-ci lui a permis de signer une deuxième carte de 69 (-3), notamment grâce à un long roulé de 54 pieds bon pour un rare oiselet sur la difficile normale 3 du 17e fanion.

«Mes coups roulés ont été la clé lors de ces deux premières rondes, car ma frappe de balle n’était pas tout à fait à point. Je suis par contre très satisfait de mon jeu global et je suis reposé après avoir dormi pendant deux jours.»

Plein d’énergie et souriant, il est prêt à une conclusion de tournoi qui s’étire sur une journée de plus.