Canadiens de Montréal

Soyons prudents avec Lehkonen

Soyons prudents avec Lehkonen

Michel Bergeron

Publié 12 mars
Mis à jour 12 mars

La machine à rumeurs roule à plein régime. S’il semble que Ben Chiarot sera le prochain joueur du Canadien à être échangé, plusieurs estiment qu’Artturi Lehkonen devra lui aussi plier bagage. Si c’est le cas, le Tricolore pourrait le regretter.

Je crois que Kent Hughes et Jeff Gorton se doivent d’être très, très prudents avant de prendre la décision d’échanger le patineur Finlandais. 

Pour ma part, j’ai beaucoup de mal à concevoir qu’on soit prêt à l’échanger. 

Le numéro 62 est tout ce qu’un entraîneur veut. Il est facile à diriger, ne se plaint jamais de son sort et fournit un effort constant soir après soir.

En plus, il est sous-payé à 2,3 M$, sera agent libre avec restriction à la fin de la saison et est le deuxième meilleur pointeur du Tricolore cette saison.

En voulez-vous d’autres, des raisons de ne pas l’échanger ?

Cela étant dit, je comprends la loi du marché. J’imagine que, d’ici le 21 mars, le Canadien recevra plusieurs offres pour Lehkonen.

Le travail de Gorton et de Hughes est de toutes les considérer. Il est évident que si une équipe est prête à faire une offre mirobolante, impliquant un choix de première ronde, ce serait une autre histoire.

Par contre, en bas de ça, je garde Lehkonen à Montréal.

SANS FILET -

DOSSIERS PRIORITAIRES

À mes yeux, il y a des dossiers plus importants que Lehkonen à régler à Montréal. Évidemment, Chiarot vient en tête de liste. Il est devenu évident qu’il sera échangé et le Canadien le place dans des positions très avantageuses depuis quelques semaines afin, possiblement, de s’assurer que sa valeur soit à son maximum quand viendra le temps de l’envoyer ailleurs.

Outre ça, que va-t-on décider de faire avec Jonathan Drouin, Christian Dvorak ou Joel Armia ? Trois joueurs qui ne livrent pas la marchandise et qui auraient peut-être besoin d’un changement d’air.

À cela s’ajoutent les vétérans au lourd contrat comme Jeff Petry, Brendan Gallagher et Carey Price. Trois joueurs qui seront assurément difficiles à monnayer contre un retour potable.

Gorton et Hughes ont donc plusieurs patates chaudes entre les mains. Lehkonen n’en est pas une. Je le répète, l’échanger pourrait être une erreur.

ÉVALUATION 

Tout dépend aussi, évidemment, de l’évaluation qu’en fait le nouveau personnel hockey du Canadien. L’équipe joue bien depuis un certain temps, certes, mais le processus d’évaluation suit toujours son cours. Signe fort encourageant : plusieurs jeunes de l’organisation démontrent de belles choses.

De plus en plus, on voit émerger le premier trio d’avenir, composé de Nick Suzuki, Cole Caufield et Josh Anderson. On voit aussi davantage ce que sera Alexander Romanov pour le Tricolore dans l’avenir : un défenseur fiable qui ne sera jamais une vedette, mais qui fournira un effort constant chaque soir. Que dire également de Rem Pitlick qui s’avère un véritable vol au ballottage ? Honnêtement, le Wild a fait toute une gaffe d’évaluation en le perdant pour rien.

Ombre au tableau toutefois : le développement de Ryan Poehling ne cesse de m’inquiéter. Je l’ai déjà comparé à Jacob de la Rose dans le passé et je maintiens mon point. Le choix de premier tour du Canadien en 2017 ne démontre absolument rien, pour le moment, qui me prouve qu’il a sa place dans la Ligue nationale de hockey. À ce stade-ci, un renvoi à Laval serait peut-être bénéfique pour lui.

À 23 ans, toutefois, il commence à être temps qu’il démontre un certain niveau de progression puisque, depuis son arrivée fracassante dans la LNH en 2018-2019, j’ai l’impression qu’il n’a que stagné.

BUT LEHKONEN 2-2 -

LES ÉCHOS DE BERGIE

MANQUE DE RESPECT

À Vancouver, lors du dernier passage du Canadien, Shea Weber a refusé de s’entretenir avec les médias. Je n’en reviens pas. C’est plutôt paradoxal d’entendre les joueurs, quand ils arrivent à Montréal, dire à quel point c’est un honneur de porter le chandail mythique et, une fois partis, ne plus avoir aucune considération pour les partisans de l’équipe.

Weber a fait fortune – et c’était parfaitement mérité – dans la LNH, et les partisans du Tricolore l’ont toujours bien traité. 

En refusant de parler aux médias, Weber a manqué de respect envers ceux et celles qui ont déboursé des centaines de dollars pour venir le voir jouer. Les membres des médias ont majoritairement été élogieux à son endroit et, pour connaître les gars qui couvrent l’équipe sur une base quotidienne, ils sont tous de bonnes personnes. 

Ç’aurait été quoi de donner 10 minutes de son temps pour répondre à quelques questions ? Je ne sais pas quel jeu il joue, mais c’est franchement décevant.

BRAVO, GUY

Guy Lafleur continue d’amasser les honneurs. Jeudi, Hockey Canada a annoncé qu’il faisait partie des trois récipiendaires de l’Ordre du hockey du Canada, en compagnie de Lanny MacDonald et Kim St-Pierre. 

Même plus de 30 ans après sa retraite du hockey, la communauté hockey ne l’a pas oublié. Guy est une personne extraordinaire et je suis de tout cœur avec lui dans son combat contre le cancer. 

Toutes mes pensées positives t’accompagnent, mon cher Guy, et j’espère que ces honneurs peuvent te faire un peu de bien. Profites-en et savoure-le pleinement, puisque c’est totalement mérité.

« AYEZ DU PLAISIR »

Je dois l’avouer : quand j’entends des entraîneurs mentionner qu’ils disent à leurs joueurs « d’avoir du plaisir », ça me chicote. 

Pas que je suis contre le plaisir, au contraire ! Par contre, c’est le genre de phrase qu’on dit dans une équipe perdante et éliminée des séries. Quand tu te bats pour une place en séries, « avoir du plaisir » ne fait pas partie du plan de match. 

Ce que tu veux, c’est être le mieux préparé possible pour gagner chaque match. Pensez-vous que l’entraîneur des Oilers d’Edmonton, Jay Woodcroft, demande à ses joueurs d’aller sur la patinoire et de s’amuser en ce moment ? 

Non. La seule fois où j’ai tenu ce genre de discours dans ma carrière, c’était l’année où on avait terminé avec 31 points au classement.