Canadiens de Montréal

«Bergevin l’a vraiment échappé celle-là»

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Marc Bergevin a réalisé plusieurs bons coups durant son règne à Montréal, mais son passage avec les Canadiens n’a pas été sans faute. 

L’ex-directeur général a commis une grave erreur en offrant une prolongation de contrat aussi lucrative à Brendan Gallagher, croit l’analyste de TVA Sports Alexandre Picard.  

«L’erreur de Bergevin, c’est qu’il s’est fié sur ce qui s’était passé dans les dernières années et non pas sur une projection pour celles à venir. Tu ne peux pas faire ça dans la LNH d’aujourd’hui. Je pense que Bergevin l’a vraiment échappé là-dessus», a affirmé l’ancien défenseur dans notre balado «Temps d’arrêt», animé par Louis Jean. À écouter ici:

«De nos jours, tu n’as pas le choix d’associer le contrat du joueur à ses performances, a-t-il poursuivi. C’est rendu tellement important. Gallagher en est à sa première année d’un contrat de six ans d’une valeur de 39 millions de dollars, mais il n’est plus capable de produire autant qu’avant. Il n’est plus le gars qui a déjà marqué 30 buts.»

En raison de l’épais dossier médical de Gallagher, Picard doute même que l’attaquant albertain jouera encore en 2026-2027, l’ultime saison de son contrat. 

«Est-ce que Gallagher va vraiment être capable de terminer son contrat de six ans? On l’a vu avec Carey Price et Shea Weber, ce n’est pas évident de demeurer en santé.» 

Un guerrier inestimable   

Picard défend cependant Gallagher pour sa grande résilience, qui constitue assurément l’une de ses principales qualités. 

«Il est allé à la guerre pour cette équipe, personne ne peut en dire autrement. Il a vraiment payé le prix pour cette équipe.»

Une pause pourrait être bénéfique pour la suite de sa carrière, a avancé son acolyte. 

«Il a traîné tellement de blessures. Je me demande à quel point il est en santé. Il bénéficierait d’avoir une bonne pause pour redevenir le joueur qu’on a connu. Mais on ne peut certainement pas lui reprocher de ne pas avoir toujours tout donné pour cette équipe.» 

Malgré sa force de caractère, Picard et Jean ne voient pas Gallagher comme le prochain capitaine du CH. Le titre reviendra selon eux à Nick Suzuki.

«Je comprends qu’il soit dans la discussion pour avoir le "C" sur son chandail, mais il faut regarder en avant. À long terme, c’est plus logique de donner le "C" à Suzuki», a soutenu Picard. 

«Son contrat va bien vieillir»  

Si la nouvelle direction de l’équipe ne doit pas être enchantée par la longue entente avec Gallagher, c’est probablement tout le contraire pour celle avec Suzuki, qui amorcera la saison prochaine son contrat de huit ans et 63 millions de dollars, soit à un salaire moyen de 7,875 M$.

«Son contrat va bien vieillir, a déclaré Picard. Si Jeff Gorton et Kent Hughes peuvent amener des joueurs d’impact de qualité pour entourer Suzuki, il passera à un autre niveau.»

Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il devienne le prochain Patrice Bergeron, de l’avis de Jean et Picard. 

«Depuis son arrivée dans la LNH, Suzuki est comparé à Bergeron. Je le vois de plus en plus, ça se concrétise et ça se confirme, juge l’animateur du balado. 

«Suzuki, c’est un "big game player". Plus l’adversaire est coriace, plus la situation est difficile, plus il réagit bien.» 

«La comparaison avec Bergeron est bonne. Lorsque ça compte vraiment, c’est lui qui tire l’équipe vers le haut, a renchéri Picard. J’aime aussi ce qu’il fait sans la rondelle. Il est tellement important pour les mises en jeu et par son jeu défensif. Il crée des revirements. Ça n’a pas de prix. Qu’il soit capable de jouer de cette façon, c’est beau à voir.» 

C’est d’ailleurs notamment grâce au rendement du centre ontarien que le CH connaît autant de succès dernièrement. Les hommes de Martin St-Louis sont sur une lancée avec sept victoires à leurs huit derniers matchs.

Aux yeux de Picard, «l’équipe est méconnaissable».

«Dans les derniers matchs, on a vu l’étendu du talent de Suzuki et de Cole Caufield, et Ben Chiarot a joué du gros hockey.» 

«Un manque total de jugement»  

Parmi les autres sujets abordés dans le balado, il a été question de l’émergence spectaculaire du jeune attaquant des Stars de Dallas Jason Robertson, de la domination constante du Lightning de Tampa Bay, comparée à celle des Patriots de la Nouvelle-Angleterre dans la NFL, ainsi que du brio de Jon Cooper derrière le banc des doubles champions en titre de la Coupe Stanley. 

De plus, Picard a qualifié de «manque total de jugement» la décision du propriétaire des Capitals de Washington, Ted Leonsis, de bannir les drapeaux ukrainiens du Capital One Arena.