Canadiens de Montréal

CH: Croyez-vous aux fantômes?

CH: Croyez-vous aux fantômes?

Jean-Charles Lajoie

Publié 26 février
Mis à jour 26 février

Martin St-Louis entre dans le vestiaire du Canadien et les joueurs sont certains qu’il va s’asseoir et commencer à enfiler son équipement. J’exagère à peine. St-Louis est à la retraite depuis sept ans, mais son ADN est celui du joueur. Il n’est pas passé dans la «machine» à fabriquer des coachs. Il apprend sur le tas en reposant ses actions sur ses réflexes de joueur.

Et ça marche. Ça marche parce que St-Louis a une force de caractère hors du commun. Un front de bœuf. Personne n’a jamais rien offert sur un plateau d’argent à Martin St-Louis. Pas même le Canadien qui lui a consenti un «essai» de 37 matchs derrière le banc.

Au cours de sa carrière, le diminutif attaquant a eu à trimer dur. Il a eu à ravaler sa pilule très souvent devant des injustices flagrantes dont il a fait les frais. Mais St-Louis a persévéré.

«Aucune équipe n’a daigné me repêcher? M’en fous! Je vais me tailler une place au pic puis à la pelle...»

Personne n’a jamais voulu de Martin St-Louis. Pourtant il a gagné la coupe Stanley, les trophées Hart, Art Ross, Lester B. Pearson et le Lady Byng à trois reprises. Il est membre du Temple de la renommée. Et ce palmarès il le doit à une seule personne : lui-même!

Comme le Rocket

Il le doit à sa persévérance, sa détermination, sa résilience. Il le doit à sa ténacité, à sa confiance aux limites de l’arrogance. Il le doit aussi à son talent.

Exactement comme Maurice Richard. Coach Dick Irvin a hurlé «I want the Rocket» en plein vestiaire. Il avait compris que sans Maurice, le Canadien ne gagnerait pas. Le processus de reconnaissance pour Maurice a été long et sinueux. Il était un parmi d’autres. Mais il avait ce quelque chose de plus au fond des yeux. Ces deux billes noires et profondes. De la rage bien canalisée.

Vincent Lecavalier a connu un parcours de rêve. Grand et fort, le prince de l’île Bizard avait tout pour lui et il a su bien faire avec. Package total, les recruteurs et directeurs généraux en rêvaient. Le Lightning a eu la chance d’en faire le tout premier choix de l’encan amateur de 1998. Vincent faisait depuis deux saisons la fierté du Bas Saint-Laurent avec l’Océanic du regretté Maurice Tanguay.

Gagnant de la coupe Stanley, il aussi mérité les trophées Maurice Richard et King Clancy. Joueur par excellence de la Coupe du monde de 2001 à 21 ans seulement, il est membre émérite du Temple de la renommée.

La grâce et l’élégance de Vincent. Son charisme et sa prestance. Son numéro 4. Tout de Lecavalier rappelle le grand Jean Béliveau.

Le hockey étant ce qu’il est aujourd’hui, Martin St-Louis et Vincent Lecavalier n’ont disputé aucun match dans l’uniforme du Canadien. Le premier par manque de vision de la direction. Le second parce que l’équipe n’a pas eu le privilège de repêcher au premier échelon.

Mais leur arrivée dans l’organigramme hockey fait du bien. Ils sont un peu la réincarnation de Maurice Richard et de Jean Béliveau. Croyez-vous aux fantômes?