L’obsession de Marc Bergevin pour les numéros
TVA Sports
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Pierre Gervais est le gérant de l’équipement des Canadiens depuis le milieu des années 80.
Il a ainsi connu TOUS les joueurs qui sont passés à Montréal au cours des 35 dernières saisons. Des anecdotes, il en a une tonne à raconter!
Félix Séguin fait découvrir les nombreuses facettes méconnues du grand public du métier passionnant de Gervais dans une série de trois épisodes du balado «Dans l’œil du chat» qui lui est consacrée. À écouter en rafale ici:
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Parmi ses tâches connexes, il lui est souvent arrivé de choisir les numéros des joueurs qui s’amènent avec le CH.
Par contre, le directeur général a toujours le dernier mot. Surtout sous l’ère Marc Bergevin.
«Marc aimait beaucoup choisir les numéros des joueurs. La plupart des autres directeurs généraux que j’ai connus, ça leur passait 10 pieds par-dessus la tête! Marc, avec sa vieille mentalité, aimait avoir les numéros les plus bas possible. Mais avec tous les numéros retirés, il n’y a plus beaucoup de numéros disponibles, je suis à la veille de tomber dans les trois chiffres! Mais ce ne sera bientôt plus mon problème», a affirmé Gervais, qui a annoncé à la mi-octobre qu’il allait prendre sa retraite à l’issue de la présente saison, après 35 ans de loyaux services et plus de 3000 matchs derrière le banc.
Au grand dam de Bergevin, la mode est maintenant aux «gros chiffres».
«J’essaie toujours de donner le numéro le plus bas possible, sinon ça tombe dans les 50-60-70-80, ce qu’on appelle des numéros de chars de course. Les jeunes qui arrivent dans la ligue choisissent de plus en plus des numéros élevés. Il choisit lorsqu’il fait l’équipe, en accord avec le directeur général. Dans le cas de Jesperi Kotkaniemi, par exemple, Marc voulait au début qu’il prenne un plus petit numéro.»
Des primeurs restées secrètes
Grâce à son rôle, Gervais a su tous les échanges avant les médias et les partisans, mais il n’a jamais dévoilé un seul scoop en raison de son caractère discret et de son professionnalisme. Ça lui fait toujours quand même «un petit kick» d’être parmi les premières personnes informées des changements qui surviennent pendant la saison.
«J’apprends les nouvelles avant tout le monde, c’est un petit kick, c’est cool. Je fais toujours faire les chandails en catimini. Au fil des ans, rien n’est jamais sorti», a-t-il déclaré avec fierté.
C’est aussi une source de satisfaction pour Gervais de contribuer à sa façon aux succès du CH. Il a d’ailleurs deux bagues de la Coupe Stanley pour en témoigner. En plus des conquêtes de 1986 et 1993, il a gagné l’or avec Équipe Canada aux Jeux olympiques de 2002, 2010 et 2014. Il n’a donc pas côtoyé seulement les joueurs des Canadiens, mais aussi tous les meilleurs joueurs canadiens.
«On joue un rôle-clé, mais on n’a pas d’influence sur le résultat des matchs, a-t-il dit avec modestie. On aide dans les coulisses, comme pour un groupe de musique.»
Ce qui est cependant différent, c’est qu’il est l’image de l’organisation lorsqu’un nouveau joueur s’y greffe.
«Lorsqu’un joueur arrive à Montréal, c’est moi qu’il rencontre en premier. La première image qu’il a, c’est celle de moi et de mes adjoints. Quand il arrive dans le vestiaire, il y a déjà tout ce dont il a besoin. Tu pars donc gagnant.»

«Ce n’est pas Guy Lafleur, mais...»
Au fil des ans, certains de ces nouveaux venus sont devenus des amis pour Gervais. C’est le cas notamment du flamboyant Alex Kovalev. Il ne tarit pas d’éloges à son endroit.
«Kovalev est vraiment cool. À ce jour, c’est probablement le gars avec le plus grand talent brut que j’ai vu avec les Canadiens. Ce n’est pas Guy Lafleur, mais ce n’est pas loin en-dessous. Il a une belle personnalité, il est attachant. Je suis resté ami avec lui.»
Il a aussi hautement apprécié un autre Russe, Andrei Markov... pour son sens de l’humour. Qui l’eût cru!
«Beaucoup de joueurs réservés en public sont différents derrière les portes closes. Un joueur comme Markov pouvait être drôle en masse. C’était un pince-sans-rire qui faisait des blagues à sa manière.»
Price influencé par Allen
Par ailleurs, dans la deuxième et la troisième partie de la série, d’autres sujets intéressants liés au travail de Gervais sont abordés.
Il parle notamment de l’évolution de l’équipement, des superstitions de Patrick Roy, des exigences particulières de Sidney Crosby, de la prestance de Shea Weber et de sa relation étroite avec Carey Price. Nos analystes Maxim Lapierre et Alexandre Picard discutent également de l’important rôle de confident que joue le meilleur gérant de l’équipement de la LNH, de l’avis général.
Terminons avec une dernière anecdote, celle-là sur Price et Jake Allen.
«Price, ça allait bien jusqu’à ce que Jake arrive! Jake change souvent d’équipement. Ce n’est jamais assez neuf pour lui, alors que c’est habituellement le contraire chez les autres gardiens. Avant, Price changeait d’équipement trois ou quatre fois par année, mais il a maintenant pris la même habitude que Jake.»
Pour Allen, la raison est fort simple: son attirail est toujours détrempé.
«Jake transpire tellement. C’est le joueur qui transpire le plus que j’ai vu de ma vie. C’est hallucinant! Mon homologue des Blues m’avait averti.»
