Crédit : Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

Jean-Charles Lajoie

L'aveuglement volontaire des partisans du CH

L'aveuglement volontaire des partisans du CH

Jean-Charles Lajoie

Publié 19 février
Mis à jour 19 février

Le Canadien reconstruit, mais ne veut pas le dire: il a des billets à vendre. Le PQ et QS ne veulent pas prononcer le mot indépendance. Ils ont des votes à acheter.

Dans le cas du CH, une seule question compte : quelle est la garantie que la reconstruction va ramener la coupe Stanley à Montréal pour une 25e fois ? AUCUNE ! Pourquoi poser cette question ? Parce que trop de partisans du club ne se la posent pas. Ils sont adeptes de la pensée magique. Ils ne veulent pas s’interroger sur le résultat, ils croient au processus.

Pourquoi donc ? Parce que ça leur permet de balayer tous les problèmes actuels sous le tapis. De se rabattre sur la pensée magique. « On liquide tous les actifs à gros contrats, on termine dans la cave pendant deux ans, on repêche Connor Bedard, puis on gagne la coupe trois fois en 10 ans par la suite... »

Buffalo et Edmonton

Mais quelles sont les garanties ? Les Sabres de Buffalo sont en reconstruction depuis plus de 10 ans. Ils amorcent un troisième cycle quinquennal au cours duquel ils ont nommé trois directeurs généraux et sept entraîneurs-chefs. Ils vont rater les séries éliminatoires pour une 11e saison de suite ce printemps. Buffalo est un cimetière de premiers choix de repêchage.

Les Oilers d’Edmonton ont un passé glorieux. Les Oilers et les Penguins sont les seules concessions comptant cinq coupes Stanley en dehors des six équipes originales. Toutefois, depuis 2007, ils ont dansé au printemps seulement deux fois en 15 occasions. Pourtant menés par McDavid et Draisaitl, deux joueurs générationnels, les Oilers ont été balayés en quatre rencontres dès le premier tour par Winnipeg. Les Jets ont aussi été balayés en quatre matchs à la ronde suivante par le Canadien.

Marchés non invitants et...

Le corollaire entre les Sabres et les Oilers ? Ils ont mal repêché en dehors des évidences. Ils évoluent dans des micromarchés non prisés par les joueurs autonomes sans restriction. Très rarement un joueur possédant une clause de protection en cas de transaction place Buffalo ou Edmonton sur sa liste de destinations potentielles. Pire. De jeunes talents repêchés par ces équipes rêvent en enfilant leur chandail d’être échangés.

... marchés attrayants

Les Blackhawks de Chicago, les Kings de Los Angeles et les Penguins de Pittsburgh ont eux aussi choisi de reconstruire au milieu des années 2000. Ils ont cumulé huit coupes en neuf saisons entre 2009 et 2017. Pourquoi ? Parce qu’ils évoluent dans d’attrayants marchés américains.

Les Maple Leafs de Toronto ont amorcé un virage en 2013. Ils ont pris part à quatre des cinq derniers tournois éliminatoires. Chaque fois, ils sont tombés au premier tour. Malgré Matthews, Marner et Nylander. Les Bleus menaient 3-1 avant de perdre la série initiale en sept le printemps dernier, remontés et battus par le... Canadien. Le CH « resetté sur le fly » par Marc Bergevin.

La firme Gorton & Hughes & Associates a beau jeu. Elle n’est imputable de rien. Elle a nommé Martin Saint-Louis et le bon partisan y croit. Aveuglement volontaire ? L’avenir le dira. Mais d’après vous, est-ce que Montréal est un marché qui s’apparente à ceux de Chicago, Los Angeles, Pittsburgh et Toronto ? Ou plutôt un marché devenu similaire à ceux d’Edmonton et Buffalo ? Donc, la reconstruction, je veux bien. Mais quelles sont les garanties de réussite ?