Crédit : AFP

Olympiques

Ski acrobatique : un groupe soudé de jeunes sauteurs

Publié | Mis à jour

Leurs récents résultats dans le circuit de la Coupe du monde allaient en ce sens, mais avec la médaille de bronze obtenue à la compétition des sauts équipe mixte aux Jeux de Pékin, le Québec Air Force 2.0 est bel et bien une réalité.

Miha Fontaine était déjà un peu plus sous les projecteurs avant son podium olympique de jeudi dernier. Et c’est bien normal, car il est le fils de l’ancien champion Nicolas Fontaine qui est aujourd’hui un des entraîneurs de ce groupe prometteur dont fait partie Émile Nadeau qui s’élancera en compétition olympique pour une première fois tôt mardi matin, heure du Québec.

Nadeau rêvait depuis très longtemps à participer aux Jeux olympiques comme on a pu le voir dans une vidéo partagée sur Facebook, où il exprime ce souhait alors qu’il n’a même pas 10 ans.

«La courbe de progression amenait ces jeunes vers les Jeux olympiques de 2026. Ce que Nicolas Fontaine a mis sur pied, il s’est peut-être fait jouer un agréable tour, a fait en sorte que les jeunes ont progressé plus vite que prévu. Et plus intéressant, ils n’ont pas brûlé d’étapes», soutient Christian Nadeau, le père d’Émile et bénévole de longue date depuis que son fils pratique ce sport.

L’importance de l’équipe au sol

Les pilotes de chasse des escadrons ont besoin d’une équipe au sol afin que tout soit prêt avant de prendre leur envol. Ce n’est pas différent pour la jeune équipe de saut acrobatique et dans le cas d’Émile Nadeau, cette aide est principalement venue de familles. La sienne et de celles de plusieurs athlètes qui demeurent à Lac-Beauport.

Originaire de Prévost dans les Laurentides, le skieur a rapidement constaté qu’il devait mettre le cap sur Lac-Beauport s’il voulait poursuivre son développement, alors qu’il délaissait de plus en plus les bosses afin de se concentrer sur les sauts. La vie en pension chez des familles de coéquipiers lors des stages d’été sur les rampes d’eau au centre acrobatique Yves-Laroche l’a convaincu de poursuivre l’expérience une fois l’hiver venu. Et c’est à bras ouverts que l’on a accueilli l’adolescent à la fin de son secondaire confirme son père.

«On a été hyper chanceux ! Ça clique entre les jeunes et entre les parents. Nous aurions voulu inventer un scénario et il n’aurait pas été mieux que ce qui s’est réellement passé. [...] Depuis le secondaire 3 ou 4, sa gang de chums, elle n’était pas à l’école, mais au Relais. C’est une belle gang avec de bons parents.»

Émile Nadeau a atterri ses sauts triples pour une première fois en Coupe du monde, le mois dernier, à Deer Valley, où il avait décroché une cinquième place, la veille de son 18e anniversaire. Il s’agissait de la dernière épreuve du processus de sélection olympique et son pari a été payant.

Jeff Bean, un des entraîneurs canadiens qui accompagne les athlètes à Pékin se dit emballé de travailler avec une équipe si jeune et si motivée. À cela s’ajoute l’arrivée de la compétition par équipe mixte au programme des Jeux qui ne pouvait tomber à un meilleur pour la formation canadienne.

«C’est le timing parfait pour notre gang. L’équipe que nous avons monte notre sport. Lewis (Irving) est un vétéran, Marion (Thénault, septième lundi) est passée par le programme de recrutement RBC et Miha vient de l’héritage du sport (avec son père)», avance celui qui travaille aussi avec Rémi Bélanger, le mentor d’Émile Nadeau.

Christian Nadeau ne sera pas en Chine pour voir son garçon sauter en raison de la pandémie.

«C’est plate, mais ce ne sont pas nos Jeux. Ce sont ces Jeux à lui et il y est. Ce serait bien plus plate qu’il n’y ait pas de Jeux du tout.»

Le paternel demeure admiratif de ces jeunes athlètes qui ont su éviter tous les écueils pour amasser des points en Coupe du monde depuis deux ans de pandémie.

«Le programme a été extrêmement bien monté et structuré et il y a très peu de blessures, signe qu’ils sont bien préparés. Émile, je lui souhaite de ne pas être déçu et qu’il soit fier de ce qu’il a fait.»