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Olympiques

Deux chutes causent la perte de Laurie Blouin

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Championne du monde en titre au grand saut, Laurie Blouin n’a pu répéter son exploit d’Aspen aux Jeux olympiques de Pékin. Dans une finale de haute voltige, la Québécoise a terminé huitième.

«C’était une finale malade, a lâché la planchiste de 25 ans, lundi. Quand une fille essaie un triple underflip, c’est que la compétition est relevée.» 

Blouin faisait ici référence à la Japonaise Reira Iwabuchi qui l’a tenté au saut ultime. Un essai rarissime chez les femmes alors que celles l’ayant osé en compétition se comptent sur les doigts d’une main. Aucune n’a réussi l’exploit d’un atterrissage en douceur.

Iwabuchi a finalement terminé au pied du podium. C’est une preuve de la férocité de cette compétition olympique nécessitant deux sauts quasi parfaits.

Blouin, championne du monde en titre au big air, n’a pas rougi de sa performance. Dans un point de presse à chaud après le couronnement de la championne, Anna Gasser, elle se disait heureuse.

«Huitième, c’est moins pire que terminer quatrième, a plaisanté Blouin en faisant référence à sa quatrième place au slopestyle la semaine dernière. En 2018, elle avait raflé l’argent dans cette discipline.

«J’ai fini par digérer ce résultat, a-t-elle indiqué. J’ai vécu une belle expérience à ces Jeux. J’ai tout donné. Ce n’est pas si pire. La vie continue.»

Calibre très relevé 

Devant le niveau très relevé de compétition de cette finale, il était impossible de demeurer assis à siroter un thé au jasmin.

Les maîtresses de la discipline ont rapidement établi la cadence et placé les valeurs de référence pour accéder au podium.

À son premier saut, Blouin n’a pu compléter sa manœuvre, un frontside double cork 1080 weddle qu’elle avait quasi parfaitement exécuté la veille pour terminer au quatrième échelon en qualifications.

Le temps a commencé à presser, car ses grandes rivales, dont la Néo-Zélandaise Zoi Sadowski-Synnott ont réussi une acrobatie semblable. Le retentissant score de 93,25 points a placé la barre très haut pour un retour de la Québécoise.

La jeune sensation japonaise Kokomo Murase s’est invitée dans la danse près du podium en deuxième manche avec un saut frôlant la perfection. La plus jeune championne de l’histoire des X Games en 2018 a ainsi rejoint Sadowski-Synnot et l’Autrichienne Anna Gasser, impériales jusque-là.

Assise au huitième rang à quelques minutes de l’ultime manche, Blouin devait faire des feux d’artifice en tentant une nouvelle manœuvre. Pour espérer une place sur le podium olympique, elle devait au moins atteindre la barre des 171,5 points.

Le tout pour le tout 

Une chute sur une acrobatie, un cab double cork 1080 indy, relativement bien maîtrisée à l’entraînement a mis fin à tout espoir.

«Si je parvenais à l’atterrir correctement, avec ce niveau de difficulté, je crois que j’aurais pu ramasser la médaille de bronze. J’étais confortable de l’exécuter. Mais la surface à l’atterrissage était hasardeuse. Je devais y aller en grand pour obtenir le plus de points possibles. Ça n’a pas fonctionné.»

Avec un époustouflant saut final lui valant 95,50 points, Gasser a devancé Sadowski-Synnott. Dans un élan olympique, ses 11 rivales en finale l’ont assaillie dans l’aire d’arrivée pour la féliciter.

Kokomo a complété le podium. La Canadienne Jasmine Baird a fini septième.