Canadiens de Montréal

Des pee-wee et des hommes!

Des pee-wee et des hommes!

Jean-Charles Lajoie

Publié 12 février
Mis à jour 12 février

Avant de parler du présent et du futur, un mot sur le passé. Je suis amèrement déçu quand une personne perd son emploi. À plus forte raison sans motifs valables. Surtout si je considère cette personne comme un ami. Dominique Ducharme a payé un prix trop cher pour un groupe sans cœur et sans âme.

Ce gagnant méritait plus de respect et de considérations. Mais le tandem Gorton et Hughes a décidé que le premier geste significatif de sa gouverne serait aussi vieux que le sport du hockey : «clairer» le coach. 

Heureusement, dans la même journée ils sont revenus à leur leitmotiv : «Think outside the box ». L’histoire ne le dit pas, mais peut-être que Gorton et Hughes se sont dit: «On joue comme des pee-wee, on va engager un gars habitué d’en coacher... »

L’intérim de Martin 

Martin St-Louis a donc commencé son intérim derrière le banc du CH jeudi soir. Des débuts modestes dans une (autre) défaite de l’équipe, un 5 à 2 en filet désert aux mains des coriaces Caps de Washington. Et ils diront que l’équipe était plus engagée, mais que le gardien a de nouveau flanché... Comprenez-vous ? C’est ça...

Je reviens au «par intérim». Ce n’est pas banal. Dans le fond, Martin St-Louis est à l’essai derrière le banc du Canadien. Je refuse de croire que c’était une condition du tandem Gorton et Hughes. Je pense que St-Louis lui-même a refusé de s’engager au-delà des 37 matchs restants à cette saison de misère.

À la satisfaction de ses nouveaux patrons, aucun doute dans mon esprit. Dans le fond, St-Louis va mesurer ses aptitudes de coaching tout en agissant à titre de recruteur professionnel pour le compte du Canadien. Il sera très bien positionné pour faire des rapports détaillés à ses patrons. Puis s’il aime ça, il aura le loisir de signer l’entente de plusieurs saisons qui est prête à être ratifiée.

Justement, va-t-il aimer ça ? Pour plusieurs bons amis de Martin dans les cercles du hockey, le principal intéressé a tous les outils dans son coffre pour réussir cette deuxième carrière. Il travaille à parfaire son art du coaching depuis sa retraite à titre de joueur actif. Je suis convaincu qu’un gars aussi passionné et intelligent que Martin St-Louis ne peut pas manquer son coup. 

Ce regard franc et de feu ainsi que son approche nouvelle garde lui seront très utiles. Ses schémas tournés vers l’attaque correspondent au virage idéologique que souhaite Kent Hughes pour l’organisation.

Crédit photo : Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

Se dépasser 

Mais... Martin St-Louis n’a jamais prisé l’aspect médiatique de son travail à titre de joueur. Il a choisi avec parcimonie ses opportunités d’entrevues. Voici qu’il se retrouve dans la plus grosse marmite du hockey professionnel. Il va subir un barrage de 35 à 40 questions quotidiennement.

Il va devoir expliquer à un partisan ses compositions de trios en s’achetant du lait au dépanneur. Il va entendre parler de ses décisions à la télé, à la radio, il va lire des critiques à son sujet dans les journaux. Comment va-t-il réagir face à tout ça ?

Je pense que ceci explique cela. Martin St-Louis s’offre un essai pour se dépasser, encore. Il va accessoirement mesurer ses capacités à faire produire un groupe de joueurs comme lui l’a si bien fait individuellement.

Dans le fond, le « par intérim » serait un vulgaire détail. Pourquoi donc l’avoir spécifié sachant que c’est ce dont on parlerait au-delà de tout le reste ?