LHJMQ

Le message d'un espoir d'exception aux Canadiens

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Déterminé, assidu au possible, mature, extrêmement talentueux. 

Si Tristan Luneau avait son nom dans le dictionnaire, voilà la définition qui y serait accolée. 

Voyez, en vidéo principale, l'entrevue complète du jeune homme avec TVA Sports.  

Âgé de 17 ans et à quelques mois du repêchage 2022 de la Ligue nationale de hockey (auquel il est admissible), le défenseur des Olympiques de Gatineau, à qui la Centrale de recrutement a récemment octroyé la cote «A», est très bien perçu par la majorité des experts/observateurs.

«Parmi les joueurs que j’ai eu la chance de diriger, il est assurément dans le top, sinon le meilleur.»

Cette phrase, aussi évocatrice qu’élogieuse, est lancée par Louis Robitaille, l’actuel entraîneur de Luneau. 

Et cette belle déclaration revêt quelque chose de particulier parce qu’elle sort après tout de la bouche d’un instructeur ayant dirigé des joueurs comme Maxime Comtois, Julien Gauthier, Frédérick Gaudreau et Nicolas Aube-Kubel, quatre athlètes ayant atteint la LNH et y connaissant actuellement un beau succès. 

Mais Tristan Luneau, jure Robitaille, n’a pas volé cette belle considération. Bien au contraire. En fait, précise-t-il, le jeune homme, de par sa simple façon d’être, sur et hors glace, attire le positif et impose le respect.

Incursion dans la vie d’un garçon qui ne laisse rien, mais vraiment rien au hasard pour atteindre le sommet de son potentiel et... de son sport. 

Abonné au succès           

«Mon père me répète une phrase depuis que je suis tout jeune et elle veut encore dire beaucoup pour moi. Il me disait : «es-tu le meilleur de ta rue? Si oui, es-tu le meilleur de ta ville? Tu penses que c’est le cas? Devient alors le meilleur de ta province, puis de ton pays.

«La LNH a toujours été mon rêve et je considère cette avenue comme la seule possible depuis mes débuts au hockey.»

C’est de cette façon que Tristan Luneau, prometteur espoir originaire de Victoriaville, décrit la façon dont son «objectif LNH» a fluctué au fil des années.  

Cadet d’une famille de quatre enfants (tous des garçons!), le patineur se rappelle avoir débuté le hockey à l’âge de quatre ans. 

«Je me souviens avoir dit à mes parents que je voulais faire comme mes frères. Ils avaient l’air à avoir du fun!», se remémore Luneau.

Ce dernier démontre très rapidement une aisance sur patins au-dessus de la moyenne et gravit les échelons à une vitesse fulgurante, évoluant d’emblée dans les meilleures catégories de son groupe d’âge.

À 14 ans, Luneau se taille un poste chez les Estacades de Trois-Rivières dans le circuit Midget «AAA». Il récolte 24 points en 42 matchs et se distingue par sa mobilité et son intelligence dans les trois zones. 

Il représente également Équipe Québec aux Jeux du Canada, tournoi où il attire l’attention.

«Mon premier souvenir de Tristan remonte justement à cette compétition, précise Louis Robitaille. Pour moi, il avait été l’un des meilleurs joueurs de la formation québécoise qui avait remporté l’or. Et il était "under age"! Il avait été impressionnant», se rappelle le pilote, qui dirigeait alors les Tigres de Victoriaville.          

En 2019-2020, l’arrière de 6 pieds 2 pouces et 174 livres est nommé capitaine des Estacades. Il termine la saison avec 30 points en 37 duels, la troisième meilleure moyenne offensive de toute la ligue chez les défenseurs. 

Une décision qui change tout           

Au terme de cette belle saison, il s’engage avec l’Université du Wisconsin dans la NCAA. Il projette vraiment d’y évoluer. 

Mais entretemps, Robitaille est nommé entraîneur-chef et directeur général des Olympiques de Gatineau, qui détiennent, cette année-là, le tout premier choix du repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). 

Fin renard, l’homme de hockey tente sa chance et convoque Luneau et sa famille à une rencontre. L’opération séduction porte fruit. 

Quelques jours plus tard, le patineur est repêché par Gatineau et fait volte-face : il annonce rejoindre la formation du circuit Courteau. La décision, précise-t-il, n’a toutefois pas été facile à prendre. Loin de là.

Crédit photo : Capture d'écran

«Ç’a été difficile, c’est certain. Quand tu regardes le côté NCAA, c’est vraiment quelque chose qui est attirant. C’est très riche et les installations sont incroyables. Les joueurs ne manquent vraiment de rien. J’avais entendu dire que dans certaines villes junior, l’école prenait le bord et que les joueurs étaient laissés à eux-mêmes. Moi, je suis un étudiant très assidu et il était hors de question que ça se passe comme ça. C’est pour ça que j’ai longtemps considéré la NCAA. Tu joues pour l’Université où tu étudies. C’est un côté très attirant.

«Cela dit, je ne manque d’absolument rien ici! Le traitement qu’on m’offre à Gatineau dépasse largement mes attentes. L’équipe a mis en place un super système où les joueurs peuvent étudier dans des conditions A1. J’ai aussi beaucoup aimé mes discussions avec Louis. Il m’a vendu son projet et sa vision et j’ai déterminé que de travailler quelques années avec lui serait très bon pour mon cheminement.»

«Je t’avouerai que c’est dur»           

Quel type de défenseur est Tristan Luneau? Laissons le principal intéressé répondre à cette question. 

«Ma plus grande force est selon moi mon hockey IQ. Je suis un défenseur qui se considère comme étant bon des deux côtés de la patinoire. Je bouge très bien la rondelle et je suis efficace tant en relance qu’en transition. En zone offensive, j’aime me déplacer pour offrir des options à mes attaquants. Je suis aussi à l’aise pour alimenter mes coéquipiers. Je me compare à Charlie McCavoy, des Bruins. Et quand j’ai dit ça aux équipes de la LNH, elles étaient toutes d’accord!»

Louis Robitaille, en parfait accord avec l’analyse de son poulain, y va quand même d’un ajout.

«Il n’a pas peur de se joindre à l’attaque, mais il a également une envie de défendre et d’aider son équipe dans les trois zones. Aussi bon soit-il offensivement, ce ne sera pas un gars qui va délaisser sa défensive pour récolter davantage de points.»

Cette dernière phrase de coach Robitaille ouvre une intéressante parenthèse. 

Dans les dernières semaines, l’auteur de ces lignes a lu plusieurs commentaires mitigés concernant la production offensive de Luneau dans la LHJMQ. 

À sa première campagne dans le circuit, l’arrière a récolté 18 points en 31 matchs. Il en compte jusqu’ici 15 en 26 cette année. Des chiffres qui sont loin d’être mauvais, on sera d’accord là-dessus. Mais certains clament qu’un potentiel choix de première ronde doit produire davantage. 

Questionné sur le sujet, le pilote des Olympiques, visiblement très inspiré, offre une longue, mais très pertinente réponse. Selon lui, la fiche offensive de Luneau est étroitement liée à la façon dont l’équipe lui demande de jouer. 

«Quand tu regardes un match de séries éliminatoires ou un match important, le pointage final est souvent très bas. Dans ces cas-là, la victoire repose sur un ou deux jeux. On ne veut pas qu’il devienne un défenseur qui prenne des chances en sachant que ça pourrait briser les plans de l’équipe. C’est important. 

«Regarde Patrice Bergeron. Il est capable, au-delà des points, d’être efficace peu importe le contexte. Mais quand il a l’opportunité de créer de l’offensive, il répond toujours présent. C’est le type de rendement que l’on demande à Tristan. De ne pas courir après les chances de marquer, mais d’en profiter et d’exploiter son talent quand il en a. On travaille avec lui à ce niveau-là depuis quelques temps déjà, mais il a compris le principe et y a adhéré. Il est très mature.»

Crédit photo : Dominic Charette / LHJMQ

Robitaille, bien en verve, poursuit. 

«Souvent, les gens sont portés à juger un joueur sur sa récolte de points. De nos jours, on valorise beaucoup les jeunes (et moins jeunes!) avec les points. Mais ça ne dit tellement pas tout! Parfois, tu peux servir trois passes parfaites à des coéquipiers qui ratent le filet et tu termines ta soirée de travail sans avoir récolté le moindre point. Voilà pourquoi je souhaite que Tristan n’écoute pas ce qui se dit à l’extérieur et demeure concentré sur le processus. Quand tu restes concentré sur les bonnes choses, les points suivent. Savoir s’adapter à différents sytèmes de jeu, c’est ce qui fait la différence entre une carrière de 15 ans et une carrière de deux ans. L’objectif ultime, pour Tristan, c’est de savoir se démarquer même quand les points ne sont pas au rendez-vous.»

L’instructeur, pour appuyer ses dires, cite en exemple le cas d’un actuel joueur des Olympiques repêché en première ronde l’an dernier.

«Zach Dean (choix de premier tour des Golden Knights en 2021). L’an dernier, il n’a pas eu une saison de deux points par match, mais ce qui a retenu l’attention des équipes de la LNH, c’est son jeu sans la rondelle et sa combativité. De voir Zach être repêché en première ronde, ça a démontré à tous nos gars que la manière est beaucoup plus importante que le résultat. Parce que les gars qui trichent pour avoir des résultats se feront toujours rattraper quelques années plus tard. C’est mon rôle, en tant qu’entraîneur dans la LHJMQ, d’enseigner ça aux joueurs.»

Et comment Luneau perçoit-il tout ça? Après tout, on parle quand même d’un jeune de 17 ans qui doit, pour la première fois de sa vie, jouer dans un système qui lui demande de gérer ses "pulsions offensives". Sa réponse, honnête, mérite d’être lue. 

«J’essaie de ne pas penser aux points, mais je t’avouerai que c’est dur. C’est un long processus, mais Louis fait un bon travail pour me démontrer que jouer de la bonne façon et jouer pour gagner ne veut pas dire jouer pour avoir des points. J’essaie encore de me mettre ça dans la tête! Je le comprends de plus en plus, cela dit. Si tu sens que tu as bien joué et donné tout ce que tu avais, c’est ce qui compte, ultimement.         

«Beaucoup de travail a été fait à ce niveau-là et je travaille encore là-dessus. Je ne regarde plus vraiment ma fiche. C’est sûr que je serais plus heureux avec davantage de points, mais ma concentration est maintenant mise sur la façon dont j’évoluerai dans la prochaine année.»

Un bel exemple de maturité! 

L'avis d'un recruteur     

Questionné sur son évaluation du jeu de Luneau et sur ses projections le concernant, un recruteur de la LNH oeuvrant dans l'Ouest offre une réponse en deux temps très complète, parsemée de plusieurs nuances. 

«Je trouve qu’il avait plus d’impact l’an dernier que cette année», confie-t-il d'entrée de jeu. 

«Cela dit, il a été opéré au bas du corps en début de saison et on connaît tous son potentiel. Il a peut-être eu besoin d’une adaptation avant de retrouver ses repères. Mais il devra quand même en montrer un peu plus d’ici le repêchage. J’aimerais le voir utiliser davantage son instinct. J’ai l’impression qu’il pense beaucoup, beaucoup, beaucoup sur la glace. De ma perspective, il doit juste recommencer à se laisser aller sur la glace, quitte à rater des jeux. Il ne doit pas avoir peur d’essayer.»

Cette «peur d'essayer» pourrait-elle être confondue avec le rigoureux respect des consignes défensives (mentionné un peu plus haut) appliqué par Luneau?

Allez savoir! Mais le recruteur enchaîne rapidement avec beaucoup de positif au sujet du défenseur. 

«Il demeure sans aucun doute un espoir de premier tour! Si tu fais tes devoirs, tu sais que Tristan est un gamer. Quand l’enjeu est grand, il est à son meilleur. C’est la raison pour laquelle je pense sincèrement qu’il rebondira dans les prochaines semaines. Personnellement, je le vois comme un solide défenseur top 4 dans la LNH. La question est maintenant de savoir s’il saura s’établir comme un quart-arrière sur le jeu de puissance, ou s’il sera plutôt un défenseur de deuxième paire polyvalent.»

Une journée dans la vie de Tristan Luneau           

On vantait plus haut l’assiduité et la discipline de Tristan Luneau.

Laissons-le nous parler de sa routine quotidienne. Vrai que le résumé est exhaustif, mais il est à l’image de chacune de ses journées et surtout très révélateur.

«Je commence toujours ma journée en regardant les faits saillants de la veille dans la LNH. Je suis un gars qui se couche très tôt. En fait, je dépasse rarement 20h30, donc je n’ai souvent le temps que de regarder la première période des matchs! Il y a d’ailleurs pas mal de gars qui rient de moi à cause de ça. Donc j’aime, le matin venu, prendre conscience de ce qui s’est passé le soir d’avant dans le monde du hockey. Je regarde ça en déjeunant.  

«Ensuite, je me dirige à l’aréna où je rejoins toute l’équipe. Je débute avec des exercices d’activation et des étirements. Arrive par après la séance d’entraînement, qu’elle soit sur glace ou en salle. Je me donne à fond, puis quand elle se termine, je prends encore un long moment pour décompresser, ce qui implique d’autres étirements et des bains chauds et froids. Cela m’assure d’être prêt pour l’entraînement du lendemain.»

Voilà pour le matin. Mais la journée est loin d’être terminée.

«En après-midi, c’est au tour de l’école. Je dîne en salle de classe, puis je débute ma période d’études/apprentissage. Je fais actuellement mon "grade 12", l’équivalent de la sixième année du secondaire dans le système scolaire ontarien. J’ai choisi la branche des sciences, car tout ce qui touche la médecine et l’ingénierie me passionne. Je fais environ trois heures d’école chaque après-midi, puis je retourne à la pension. De retour à la maison, j’aime faire d’autres étirements ou une marche. J’ai quand même été assis pendant trois heures consécutives, après tout!

«Avant le souper, je me replonge un peu dans mes livres, puis je soupe avec ma famille de pension et je passe du temps avec elle. À 19h, je commence le visionnement d’un match, mais 20h30 arrive rapidement et comme je te le disais, cette heure marque la fin de ma journée!»

Vous êtes essoufflés? Eh bien dites-vous que ce que vous venez de lire constitue la réalité quotidienne de Tristan Luneau!

Crédit photo : Ghyslain Bergeron / LHJMQ

Son entraîneur va même plus loin, révélant des exemples qui démontrent à quel point le jeune homme est minutieux dans tout ce qu’il entreprend. 

«Tout ce qu’il peut faire pour s’assurer d’avoir une bonne journée au boulot, il le fait! Il ne laisse rien au hasard. Il se promène toujours avec sa bouteille d’eau, car il calcule sa consommation de liquide au millilitre près. À chaque rencontre avec les entraîneurs, il a son petit carnet de notes et il rédige chaque commentaire qu'on lui fait. C’est aussi un gars qui s’intéresse beaucoup à la psychologie du sport. Il lit souvent sur les raisons derrière le succès des grands athlètes. C’est extrêmement rare qu’on voit un jeune homme de 17 ans être aussi sérieux que lui. Ultimement c’est ce qui fera de lui un excellent joueur de hockey professionnel.» 

Lorsqu’on lui demande d’où lui vient cette discipline militaire, le hockeyeur répond ceci.  

«C’est quelque chose que j’ai en moi depuis plusieurs années. Avec le temps, j’ai greffé quelques petites habitudes à ma routine. Je m’inspire beaucoup de mon frère Maxime. Il fait du cirque et j’ai vraiment pris conscience, en le regardant, à quel point il s’imposait des standards élevés. Il s’entraîne sept heures par jour! C’est très rare qu’on voit des joueurs de hockey en faire autant... Au fil des années, j’ai commencé à essayer de l’imiter. Quand je vois le niveau qu'il a atteint grâce aux sacrifices qu’il a fait, je suis persuadé que c’est le modèle idéal.»

Une année charnière, mais...            

Il n’est pas rare que la campagne précédant le repêchage de la LNH cause stress et anxiété chez les patineurs de 17 ans. En décembre, plusieurs espoirs ont d’ailleurs avoué au TVASports.ca ressentir une grande nervosité à quelques mois de l’encan. 

Tristan Luneau, lui, préconise une approche plus... philosophique. 

«À partir de maintenant, chaque année deviendra la plus importe pour moi. Je vois davantage cette saison comme une source de motivation et moins comme une source de pression. Évidemment, j’essaie de lire le moins possible les articles me concernant moi ou le repêchage. Parfois, c’est compliqué, car la famille et les amis sont souvent portés à m’en parler. Mais en général, je parviens plutôt bien à faire la part des choses.»

«Il y a une place spéciale pour le CH dans mon cœur»           

À l’heure actuelle, les Canadiens croupissent dans les bas-fonds de la LNH. En coulisses, le bruit court que l’équipe se départira prochainement d’éléments importants en échange de choix au repêchage. 

Il existe donc un un scénario où le club montréalais pourrait détenir plus d’un choix de première ronde. 

Ajoutons à cette possibilité le fait que l’encan va se tenir au Centre Bell et on obtient la question ci-dessous, évidemment posée à Tristan. 

«As-tu dernièrement pensé, ne serait-ce que quelques secondes, que le CH pourrait être tenté de te repêcher?»

Le jeune homme éclate de rire.

«C’est sûr qu’on en a parlé avec la famille. Les Canadiens ont été la première équipe que j’ai suivie, étant plus jeune. Je me souviens que je regardais les matchs avec mes parents. Ils me donnaient la permission de veiller tard quand Montréal jouait. En fait, je me couchais carrément plus tard qu’aujourd’hui! C’est tellement de bons souvenirs. C’est sûr qu’il y a une place spéciale pour le CH dans mon cœur. Si l’opportunité se présente, c’est sûr que j’adorerais [être repêché par le club]».         

Dormir à l'aréna           

Vous rappelez-vous le compliment de Robitaille à l’endroit de Luneau, en introduction? 

Tenez, juste au cas : «parmi les joueurs que j’ai eu la chance de diriger, il est assurément dans le top, sinon le meilleur.»

Informé des propos de son entraîneur, le patineur est apparu surpris, voire émotif. 

«C’est incroyable. Je suis vraiment honoré d’entendre ça, surtout venant d’un gars comme lui. Louis, c’est un gars honnête et c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup de lui. Il te dira ce que tu as besoin d’entendre et non pas ce que tu veux entendre. Quand tu regardes son parcours, tu comprends qu’il sait ce que ça prend pour percer au hockey. Alors de savoir qu’il a dit ça de moi, c’est vraiment fantastique.»

Laissons justement le mot de la fin à Robitaille, qui en rajoute une couche sur le potentiel de Luneau, avant de conclure via une savoureuse anecdote. 

«Je reviens d’un périple avec Équipe Canada. Je regarde des gars comme Shane Wright, Kaiden Guhle et Connor Bedard. Ce qu’ils font au quotidien et comment ils se comportent, Tristan entre clairement dans cette catégorie-là.

«En début de saison, Tristan se remettait d’une opération et il a raté la première fin de semaine du calendrier régulier. Il a trouvé ça très difficile. Quand le médecin nous a dit qu’il avait le feu vert, j’ai contacté ses parents et nous nous sommes organisés pour lui faire une belle surprise. Un matin, Tristan a décidé de sauter sur la glace très tôt et puisqu’on avait un entraînement hors glace en fin de matinée et qu’il tenait vraiment à récupérer adéquatement, il s’est couché sur un divan dans la chambre des joueurs pour faire sa sieste. Il y tenait. 

«Ses parents et moi sommes allés le réveiller en lui annonçant qu’il allait être l’un de nos assistants au capitaine. Cette petite histoire fait juste démontrer à quel point Tristan Luneau est un joueur et un garçon spécial. Il est prêt à dormir à l’aréna pour s’assurer d’être le meilleur possible.»

En date d’aujourd’hui et en référence à la phrase que lui répète son père depuis toujours, Tristan Luneau est clairement le meilleur joueur de 17 ans de sa rue. Il est aussi le meilleur de sa ville et, selon plusieurs, de sa province également. 

Maintenant, sera-t-il le meilleur de sa cuvée? Lui seul détient la réponse. Mais une chose est certaine : il ne négligera aucun effort pour le devenir.