Canadiens de Montréal

Petry dans l’œil de quatre recruteurs

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Jeff Petry n’a plus la tête à Montréal ni le cœur au Canadien. Kent Hughes l’a dit publiquement. Le directeur général du CH regardera la possibilité d’une transaction pour son défenseur de 34 ans si elle fait le bonheur des deux camps.

D’ici la date limite des échanges du 21 mars 2022 dans la Ligue nationale de hockey (LNH), Jeff Petry a de fortes chances d’endosser un nouvel uniforme.  

Mais pour reprendre les mots de Marc Bergevin lors de son long règne de dix ans à Montréal, les transactions se font plus facilement sur une console de jeu PlayStation.

«Le Journal de Montréal» a sondé quatre recruteurs professionnels : deux de l’Association de l’Est et deux de l’Association de l’Ouest. Ils ont logiquement demandé à garder leur anonymat.

Âgé de 34 ans, le défenseur droitier de 6 pi 3 po 209 lb connaît une chute aussi spectaculaire que celle de son équipe.

En 37 matchs, il a obtenu seulement six points (un but et cinq aides) et son jeu défensif est tout aussi douteux.

Sur le plan contractuel, il vient aussi avec un lourd contrat à 6,25 millions $ pour cette année et trois autres saisons.

On vous offre les principales notes de nos quatre espions sur la réelle valeur de Petry sur le marché.

Association de l'Est  

Premier recruteur

«Dans nos discussions chez nous, j’apporterai beaucoup d’hésitations pour Jeff Petry. Il joue dans une zone de je-m’en-foutisme. Il veut se sortir de Montréal, mais sans le faire de la bonne façon.»

«Il me fait penser à ses jours, juste avant de partir des Oilers d'Edmonton d’Edmonton. Il y a une raison pour laquelle Bergevin l’avait obtenu à un bon prix. On le décrivait comme un beau patineur, un défenseur avec un grand potentiel, mais il jouait très mal avec les Oilers.»

NDLR: Le 2 mars 2015, le CH a acquis Petry des Oilers contre un choix de deuxième tour et un choix de cinquième tour au repêchage de 2015.

«C’est possible de le bouger, mais le Canadien devra aussi faire un bout de chemin. Il y a des options. Tu peux retenir une portion du salaire, mais tu peux aussi recevoir un autre joueur qui déçoit et qui gagne un gros salaire.»

«Si un DG est en amour avec Petry, il y a des recruteurs autour de la table qui ressortiront les images de l’histoire Kassian-Montembeault. Ça n’aidera pas la cause de Petry. Est-ce que tu veux partir en séries avec un joueur qui ne défend pas ses coéquipiers? Le gardien se fait ramasser et il parle à Kassian du bout des orteils.»

Deuxième recruteur

«Tu ne dis jamais non immédiatement à un défenseur comme Petry. Mais tu dois recueillir beaucoup d’informations. Tu poses des questions pour savoir ce qui se passe avec lui. C’est une saison vraiment difficile, il était un très bon défenseur au mois de mai, juin et juillet. Et il patine encore très bien. Quand un gars perd sa rapidité, ça devient un problème. Mais ce n’est pas son cas.»

«Aujourd’hui, tu peux facilement dire que tu n’aimes pas son attitude. Mais si on recule en séries, tout le monde aimait son attitude. Il avait les yeux rouges et il jouait quand même. Si Petry trouve une façon de se relancer, une équipe peut l’obtenir à un bon prix. Ça peut devenir un bon pari.»

Association de l'Ouest  

Premier recruteur

«Ce qu’on voit de Petry depuis peu, ce n’est pas ce qu’on verrait s’il partait pour une autre équipe. Il n’est pas devenu un mauvais défenseur du jour au lendemain. Dans le passé, il profitait toutefois de la présence de Shea Weber même s’il a déjà connu de bons passages durant les blessures de ce dernier. Petry n’est pas un numéro un dans l’âme.»

«Plus le Canadien acceptera de manger de l’argent, plus le retour sera bon. Petry à 4 millions au lieu de 6,25 millions devient bien plus intéressant. Il est plus un défenseur pour une deuxième paire, un gars qui "bouge" bien la rondelle.»

«Le CH doit trouver deux ou trois équipes qui ont besoin d’un Petry. Hughes aura besoin de faire grimper sa valeur. Hughes peut se servir de Duncan Keith comme exemple. Les Oilers ont accepté de prendre son contrat au complet. Et ils ont même donné des espoirs. Le CH tentera de réaliser une transaction semblable.»

NDLR: Les Oilers ont acquis Keith le 12 juillet dernier. Pour obtenir le défenseur de 38 ans, Ken Holland a sacrifié le défenseur Caleb Jones, le frère de Seth, et un choix conditionnel de troisième tour en 2022.

«Je reste prudent dans son évaluation de cette saison. Dans mes rapports, je n’écrirais pas qu’il est fini. Il a critiqué son entraîneur cette année. Je sens plus qu’il est perdu et malheureux dans le système de son "coach". Tu peux faire mal paraître un joueur quand le système ne cadre pas avec les grandes qualités de ton joueur. Tu peux regarder Anthony Duclair. Avec les Panthers de la Floride, il cadre vraiment bien. Avec les Blue Jackets de Columbus, on se demandait s’il comprenait le système de jeu, il semblait perdu.»

«Ce n’est pas juste les 6,25 millions $, c’est bien plus les trois autres saisons après cette année qui font réfléchir. Il y a un risque que Petry soit un défenseur réellement sur le déclin. Il y a plusieurs joueurs qui frappent le mur dans la jeune trentaine. Si je suis dans le siège du DG, je me pose plusieurs questions. Et Petry n’est pas le plus brave des braves. Avant l’incident de Kassian et Montembeault, on savait déjà qu’il n’aimait pas trop ça quand ça brasse. Il n’aime pas ça se faire frapper.»

Deuxième recruteur

«J’ai le sentiment que ça se passe entre les deux oreilles pour Petry. Il a perdu confiance et il est malheureux. Mais il reste encore un bon défenseur avec de l’expérience.»

«Si Kent Hughes cherche à reconstruire, il peut recevoir un choix ou un espoir en plus de libérer un contrat assez important. Ça dépend de la vision du DG à Montréal. Il y aura un marché pour Petry, mais le contrat représente un obstacle.»